© LCIMoins de 5000 morts sur les routes en France en 2005 ! C'est ce qu'avait annoncé le ministre des Transports, Dominique Perben à l'issue du Conseil des ministres le 3 janvier dernier, évoquant le chiffre provisoire de 4.990 tués. Seulement, il semble que le gouvernement soit allé trop vite et que les chiffres présentés ne soient pas tout à fait exacts. Une polémique déclenchée par les spécialistes de la sécurité routière.
En effet, le gouvernement n'a pas respecté le délai de six jours nécessaire avant de présenter des chiffres officiels. Selon le Parisien, chaque bilan mensuel provisoire de la mortalité est communiqué par la Sécurité routière entre le 7 et le 10 du mois suivant pour pouvoir intégrer les personnes qui décèdent dans un délai de six jours des suites d'un accident. Comment le gouvernement a-t-il obtenu ce chiffre hautement symbolique de 4990 dès le 3 janvier ? Jean Chapelon, secrétaire général de l'Observatoire national interministériel explique dans le Parisien : " Nous avons appliqué aux résultats de ces douze derniers mois une marge d'erreur de 0,5 % correspondant à la moyenne du nombre de blessés qui décèdent mensuellement dans un délai de six jours". Or cette marge d'erreur aurait dû être appliquée aux chiffres obtenus après le 6 janvier. Le résultat serait donc de 5013 morts sur les routes. Ainsi, c'est une habile opération mathématique qui a permis d'obtenir ce bilan positif. Jean Chapelon avoue qu'il aurait souhaité que les chiffres ne soient pas communiqués aussi tôt.
Claude Giletti, l'inspecteur départemental de sécurité routière des Hauts de Seine estime, toujours dans Le Parisien, que "le ministre des Transports n'avait pas à faire cette déclaration. "Selon lui, les résultats officiels ne seront connus que dans trois mois. Il va même plus loin. Depuis le 1er janvier, la France doit se conformer à la règle européenne qui consiste à comptabiliser dans les statistiques routières les personnes décédées dans un délai de trente jours après un accident : "Selon ce nouveau calcul, bien plus proche de la réalité, nous aurons donc entre 5100 et 5300 tués en 2005". Selon lui, "les pouvoirs publics n'ont qu'un objectif : affirmer coûte que coûte que l'objectif est atteint pour accréditer l'efficacité des radars automatiques et des mesures répressives prises ces derniers mois."
Il ajoute : "Nous aurons réussi l'exploit de faire croire à l'opinion que nous sommes parvenus à passer sous la barre des 5000 tués alors qu'il n'en est rien'".
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