L'abolition de l'esclavage commémorée le 10 mai

le 30 janvier 2006 à 11h48 , mis à jour le 30 janvier 2006 à 20h43

Jacques Chirac a annoncé lundi qu'il avait retenu la date du 10 mai pour commémorer en France métropolitaine l'abolition de l'esclavage. L'esclavage a "nourri le racisme" et le racisme est incompatible avec la République, a déclaré le chef de l'Etat.

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Jacques Chirac a instauré le 10 mai, journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage en France métropolitaine. "La grandeur d'un pays, c'est d'assumer toute son histoire. Avec ses pages glorieuses, mais aussi avec sa part d'ombre. Notre histoire est celle d'une grande nation. Regardons-la avec fierté. Regardons-la telle qu'elle a été", a souligné le chef de l'Etat lors d'un discours solennel, après avoir reçu à l'Elysée le comité pour la mémoire de l'esclavage, présidé par l'écrivain guadeloupéen Maryse Condé. "C'est pourquoi je souhaite que, dès cette année, la France métropolitaine honore le souvenir des esclaves et commémore l'abolition de l'esclavage". "Ce sera, comme le propose votre rapport, au terme d'un travail très approfondi, le 10 mai, date anniversaire de l'adoption à l'unanimité par le Sénat, en deuxième et dernière lecture, de la loi reconnaissant la traite et  l'esclavage comme un crime contre l'humanité", a-t-il déclaré.

"Ce qui  compte, avant tout, c'est que cette journée existe"

Jacques Chirac a reconnu que le choix de la date a fait l'objet d'une polémique, des associations et des partis préférant notamment celle du 23 mai, date d'une marche qui avait réuni en 1998 à Paris 40.000 Français originaires des Antilles, de Guyane et de la Réunion. "Aucune date ne saurait concilier tous les points de vue. Mais ce qui  compte, avant tout, c'est que cette journée existe", a-t-il dit. Le chef de l'Etat précise que le 10 mai "ne se substituera pas aux dates qui  existent déjà dans chaque département d'outre-mer" et que des commémorations  seront organisées dès cette année.

"L'esclavage a nourri le racisme. C'est lorsqu'il s'est agi de justifier l'injustifiable que l'on a échafaudé des théories racistes", a poursuivi Jacques Chirac. Qualifiant le racisme de "crime du coeur et de l'esprit", il a jugé qu'il constituait "l'une des raisons pour lesquelles la mémoire de l'esclavage est une plaie encore vive pour certains de nos concitoyens". "Il faut le dire, avec fierté", a-t-il poursuivi : "depuis l'origine, la République est incompatible avec l'esclavage. C'est dans cette tradition historique que s'est inscrite la représentation nationale, lorsqu'en 2001, elle a fait de la France le premier pays au monde à inscrire, dans la loi, la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité".

le 30 janvier 2006 à 11:48
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67 Commentaires

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  • David, le 30/01/2006 à 17h17

    Pour quelqu'un qui disait il y a peu de temps il faut voir l'avenir, arreter de s'autoflageller, il va de contradiction en contradiction pourquoi nous ressasse t'il toujours le passé, certainement ne voit il pas l'avenir, Chirac est un bien homme de Gauche, il ne voit que le passer!!! Arretons ces conneries, la France va t'il si bien pour se préoccuper du passé, bien évidemment non, que la politique reprenne son role et s'occupe des priorités. Cela va t'il etre le cheval de bataille des prochaines écheances, si tel est le cas c'est navrant!!!

  • Eric, le 30/01/2006 à 16h45

    C'est un bon début, continuons. La même justice pour toutes les victimes, c'est le mieux.

  • Arno, le 30/01/2006 à 16h24

    La mission d'un homme politique digne de ce nom est de regarder devant, pas derriere, et surtout pas quand cela est fait pour briser la memoire de nos ancetres et ce systematiquement. Il est toujours facile de caresser dans le sens du poil mr chirac, l'esclavage est un phenomene terrible mais complexe et qu'il faut, si on l'aborde, traiter dans toutes ses dimensions, y compris arabes et africaines. Mais votre bilan est trop lamentable pour vous permettre toute polemique, et pour en appeler a la memoire d'autres horreurs de l'histoire (communistes notamment). La France se relevera difficilement de vos mandatures demagogiques et destructrices. Je suis fier d'etre Francais et Européen.

  • MARC, le 30/01/2006 à 16h16

    Voici une belle facon d'enterrer la date anniversaire de l'election de F. Mitterand ...un certain 10 mai 1981.

  • Elroy, le 30/01/2006 à 16h09

    Je ne vois pas pourquoi la france devrais consacrer un jour de souvenir au victime du regime politique d'un pays étranger. une journée de commémoration de l'esclavage. aussi utile que la journée de la femme, mais au moins on arrete de dire que c'était positif.

  • Jeff, le 30/01/2006 à 16h01

    1 - une chose de faite et bien encore reste à faire (centre de recherches, lieu de mémoire, enseignement , etc...) 2- que les "victimes" du communisme (est il interdit en France? combien de victimes EN FRANCE?) fassent leur propre lobby et groupes de pression pour défendre leur mémoire...en attendant les cocos , les homos, les cathos, les roms , morts durant la 2d guerre mondiale attendent aussi "leur" reconnaissance de la nation. 3- Je suis d'origine antillaise (car né ici), né bien après la guerre...mes parents n'étaient même pas en métropole durant la guerre...alors je "pourrais" me dire: la shoah (76 000 déportés francais sur 6 millions) , ça ne me concerne pas...je ne suis pas juif, je n'ai pas vécu tout ça, ni du coté des victimes, ni des bourreaux...et pourtant JE suis concerné, JE suis CITOYEN FRANCAIS donc je PARTAGE cette Histoire commune, ce devoir de mémoire...dans ce cas, pas de 2 poids, 2 mesures...non? continuez à faire la politique de l'autruche mais ne venez pas vous plaindre quand ça va chauffer. on a attendu des siècles, passant du statut de "biens meubles" (merci Napoléon) à "citoyens de 2de zone victimes de discrimminations"...on attendra encore le temps qui faudra , des siecles au besoin, mais on aura la place qui nous revient de droit, ni plus, ni moins.

  • Ress, le 30/01/2006 à 15h46

    Le seul pays qui reussit a faire passer 200 ans après les faits un génocide revolutionnaire pour une avancée humaniste , la propagande nationnale à encore de beaux jour devant elle et hitler fait figure de collegien quand il s'agit de propagande et de manipulation des esprits . Mais merci Chirac t'es un homme toi!

  • G. Sarazin, le 30/01/2006 à 15h31

    En réponse de l'intervenant Belge qui à 12h36 nous indique que c'est l'empereur Napoléon 1er qui a aboli l'esclavage... il faut de signaler que c'est seulement lors des 100 jours, le 29 mars 1815, où il a eu cette bonne idée, pourtant le 20 mai 1802 Bonaparte rétablissait l'esclavage dans les colonies françaises, alors que la cruelle Convention avait aboli l'esclavage le 4 février 1794 dans les colonies.

  • Olivier, le 30/01/2006 à 15h29

    Vivement que l'on puisse avoir un jour pour commémorer le départ de Chirac de la présidence.. Peut être qu'à ce moment on aura un président qui se souciera de l'intérêt des Français, plutot que de nous rabattre les oreilles avec de prétendus crimes de la France...

  • Axel, le 30/01/2006 à 15h28

    L'esclavage n'a rien à voir avec le racisme, il est le mode de production de toute l'antiquité depuis l'Egypte jusqu'à son abolition au XIXe siècle. Je rappelle également à ceux qui en veulent tant aux blancs d'avoir été esclavagistes que non seulement ils n'étaient pas les seuls mais que c'est précisément la "civilisation des blancs" qui y a mis un terme en premier". Rappelons aux donneurs de leçons qu'il y a eu bien sur des français négriers mais qu'il y a eu aussi des chefs de tribu africaines pour leur vendre leurs esclaves. Merci de me publier.

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