Accusée d'un hold-up en 1980, Hélène Castel face à ses juges

le 04 janvier 2006 à 05h00 , mis à jour le 04 janvier 2006 à 12h06

Vingt-cinq ans après le braquage d'une agence bancaire auquel elle est accusée d'avoir participé, Hélène Castel est jugée depuis ce matin par la cour d'assises de Paris. Elle avait complètement refait sa vie au Mexique avant d'être repérée par la police.

Hélène Castel

Paris, le 30 mai 1980. Sept personnes armées, le visage dissimulé, s'engouffrent dans les locaux d'une agence BNP située rue La Fayette, dans le 9e arrondissement de Paris. Au cri de "c'est un hold-up", les malfaiteurs se font ouvrir les coffres puis encercler par la police. En prenant six personnes en otages, les braqueurs parviennent à s'échapper. Des coups de feu sont échangés. Le directeur de l'agence est blessé, un des malfaiteurs mortellement touché. Trois d'entre eux sont finalement arrêtés et trois autres -deux hommes et une femme- parviennent à s'enfuir.

Condamnée par contumace

Pour l'accusation, la femme est Hélène Castel. Vingt-cinq ans après le braquage, Hélène Castel est jugée depuis ce matin par la cour d'assises de Paris. Arrêtée le 12 mai 2004 à son domicile de Jalapa, capitale de l'Etat de Veracruz, par la police mexicaine, Hélène Castel, 45 ans, a été extradée vers la France en août de la même année.

Réfugiée au Mexique depuis 22 ans, elle vivait sous l'identité de Florencia Rivera Martin, était devenue psychothérapeute et a eu une fille, aujourd'hui âgée de 20 ans, l'âge qu'elle avait elle-même lors du braquage de la BNP. Son arrestation a eu lieu quelques jours avant la prescription du verdict de la cour d'assises de Paris qui, en 1984, l'avait condamnée par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité.

Les trois braqueurs arrêtés ont été condamnés par la cour d'assises de Paris à des peines de huit à dix ans d'emprisonnement. Hélène Castel, selon l'accusation, a été reconnue sur photographie par des employés de la banque comme ayant été plus spécialement chargée de surveiller le personnel.

"Un procès un peu dérisoire"

Défendue par Me Henri Leclerc, Hélène Castel a effectué environ une année de détention avant d'être remise en liberté sous contrôle judiciaire en juillet dernier. "C'est un procès un peu dérisoire car on va juger des faits qui remontent il y a 25 ans et une personne qui n'a plus rien à voir avec celle qu'elle était au moment des faits", a expliqué à l'AFP, Me Leclerc qui reconnaît cependant que cette audience peut également lui permettre de trouver "une solution à une vie".

"Même si elle avait construit une nouvelle vie, très équilibrée, elle restait quelqu'un en fuite, elle a vécu 20 ans avec ce poids", a-t-il ajouté. Tout comme Hélène Castel, les trois autres braqueurs ont, après avoir purgé leurs peines, reconstruit leur existence.

L'accusée doit répondre des faits de "vol en bande organisée avec arme, arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d'otage pour faciliter un crime ou délit". Elle sera jugée jusqu'à vendredi.

le 04 janvier 2006 à 05:00
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12 Commentaires

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  • Jean claude, le 04/01/2006 à 12h51

    A tous ces gens qui pensent qu'il faut oublier, qu'il est inutile de condamner,je ne dirai qu'une chose: si vous aviez été la victime des actes de telles personnes,perdu votre père,un frère ou un époux à cause de tels gens vous ne pourriez plus réagir ainsi et supporter le laxisme de la justice que vous défendez. L'impunité n'apporte rien de bon, sinon pouquoi punirait-on un enfant qui fait une bêtise si ce n'est pour lui apprendre à bien se conduire. A quand un vrai sens moral en France? N'est pas Messieurs les juges et avocats

  • Toto, le 04/01/2006 à 12h44

    Tout se paie, elle a fait un braquage, volé de l'argent, mené une super vie au Mexique, maintenant, on lui présente la facture. Quoi de plus normal ? Bien mal acquis ne devrait jamais profiter !

  • Jim, le 04/01/2006 à 12h37

    A Philippe de St-Sulpice: Ne pensez vous pas qu'il faudrait la cannoniser en plus !! Oui, tout le monde a eu 20 ans, tout le monde a fait des conneries, mais il y a une échelle. Il y a des conneries qui doivent faire l'objet de remontrance, d'autres de peine plus sévére. C'est justement pour cela que la Justice existe. Parce qu'elle est impartiale. Oui, il doit y avoir procés, car il y a eu un délit avec mort d'homme. Maintenant, il y a des circonstances. Cette femme a refait sa vie et s'est intégrée à la société. Il serait peut-être juste que sa condamnation à perpétuité soit commuée en une peine moins lourde. Mais c'est bien à la Justice de trancher.

  • Regis, le 04/01/2006 à 11h43

    Elle a refait sa vie, et alors? le directeur de l'agence est mort lui, qu'elle paye pour ses actes ca va bien la tolerance et les excuses a 2 balles, que la justice fasse son travail!elle n'a AUCUNE circonstance atténuante !

  • Arnaud, le 04/01/2006 à 11h27

    "C'était avant...à quoi bon remuer le passé?" Je trouve cette remarque plus que déplacée. Si il n'y avait eu qu'un préjudice financier, cela n'aurait certainement pas valu grand chose de déployer la machine judiciaire et pénale...MAIS IL Y A EU MORT D'HOMME!!! Encore quelqu'un qui prône et applique les principes de laxisme qui font que les criminels, voyous et truands en tous genres voient leur impunité sans cesse grandir. Merci de me publier (pour une fois)

  • Lo-Ran, le 04/01/2006 à 11h23

    Du même avis que "Denis, Paris" mais aussi un peu des autres (Philippe) : Qu'elle ait droit à une seconde chance, c'est tout à fait honorable dans notre justice, et on doit le souligner, mais la société a besoin d'une justice. Une peine de principe, par exemple avec sursis peut être demandée. Il ne faut pas confondre la seconde chance comme le proposent honnêtement Pierre, Philippe et la justice qui doit être ... juste. Il faut concilier les deux. N'oublions pas que chaque être humain est responsable de ses actes, nous ne sommes pas des animaux, livrés à nous même.

  • Il y a prescription..., le 04/01/2006 à 11h16

    MESSAGE A DENIS PARIS. j'ai honte d'être français avec des raisonnements comme le tien. Je ne sais pas quel age tu a mais a 20 ans tu a du faire pas mal de conneries comme tout le monde. Apres c'est simplement le degré qui differe. Si elle avait vraiment été une "délinquante" elle le serait resté jusqu'à aujourd'hui, moi je crois formellement au renouveau et à la bonne foie des gens. Et tout le bien qu'elle a fait durant sa vie au méxique ? peut on en parler aussi.

  • Thomas, le 04/01/2006 à 11h10

    A franck de lyon:contrairement a mr papon ....elle n'a tuer ou fait tuer personne....elle a refait sa vie laissons la tranquille.elle n'a pas ete reprise en etat de recidive ,on est alle la chercher alors qu'elle ne faisait pas parler d'elle .

  • Philippe, le 04/01/2006 à 10h08

    Cette histoire prouve que tout le monde a droit à une seconde chance. Cette femme a su la saisir avant même qu'on la lui offre. D'ailleurs, le fait qu'elle n'est pas été "marquée" par une condamnation qui l'aurait empêché d'exercer plein de métiers à cause d'interdictions légales n'a-t-elle pas favorisé sa réinsertion? Il faut savoir qu'en France, une personne condamnée à plus de trois mois d'emprisonnement se voit interdire l'exercice de beaucoup de métiers . N'est-il pas temps de se pencher sur le cas de ces gens qui, une fois et uen seule fois , ont commis une faute et se voit "marqués au fer rouge pour la vie entière" ? En tout cas, j'espère que la justice jugera effectivement la femme d'aujourd'hui et non la jeune fille d'hier. La justice doit être forte mais elle doit surtout être juste.

  • Pierre, le 04/01/2006 à 09h57

    C'était avant, elle a refait sa vie, à quoi bon remuer le passé? Chacun vit avec ses erreurs.

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