
Paris, le 30 mai 1980. Sept personnes armées, le visage dissimulé, s'engouffrent dans les locaux d'une agence BNP située rue La Fayette, dans le 9e arrondissement de Paris. Au cri de "c'est un hold-up", les malfaiteurs se font ouvrir les coffres puis encercler par la police. En prenant six personnes en otages, les braqueurs parviennent à s'échapper. Des coups de feu sont échangés. Le directeur de l'agence est blessé, un des malfaiteurs mortellement touché. Trois d'entre eux sont finalement arrêtés et trois autres -deux hommes et une femme- parviennent à s'enfuir.
Condamnée par contumace
Pour l'accusation, la femme est Hélène Castel. Vingt-cinq ans après le braquage, Hélène Castel est jugée depuis ce matin par la cour d'assises de Paris. Arrêtée le 12 mai 2004 à son domicile de Jalapa, capitale de l'Etat de Veracruz, par la police mexicaine, Hélène Castel, 45 ans, a été extradée vers la France en août de la même année.
Réfugiée au Mexique depuis 22 ans, elle vivait sous l'identité de Florencia Rivera Martin, était devenue psychothérapeute et a eu une fille, aujourd'hui âgée de 20 ans, l'âge qu'elle avait elle-même lors du braquage de la BNP. Son arrestation a eu lieu quelques jours avant la prescription du verdict de la cour d'assises de Paris qui, en 1984, l'avait condamnée par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité.
Les trois braqueurs arrêtés ont été condamnés par la cour d'assises de Paris à des peines de huit à dix ans d'emprisonnement. Hélène Castel, selon l'accusation, a été reconnue sur photographie par des employés de la banque comme ayant été plus spécialement chargée de surveiller le personnel.
"Un procès un peu dérisoire"
Défendue par Me Henri Leclerc, Hélène Castel a effectué environ une année de détention avant d'être remise en liberté sous contrôle judiciaire en juillet dernier. "C'est un procès un peu dérisoire car on va juger des faits qui remontent il y a 25 ans et une personne qui n'a plus rien à voir avec celle qu'elle était au moment des faits", a expliqué à l'AFP, Me Leclerc qui reconnaît cependant que cette audience peut également lui permettre de trouver "une solution à une vie".
"Même si elle avait construit une nouvelle vie, très équilibrée, elle restait quelqu'un en fuite, elle a vécu 20 ans avec ce poids", a-t-il ajouté. Tout comme Hélène Castel, les trois autres braqueurs ont, après avoir purgé leurs peines, reconstruit leur existence.
L'accusée doit répondre des faits de "vol en bande organisée avec arme, arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d'otage pour faciliter un crime ou délit". Elle sera jugée jusqu'à vendredi.
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