
Le procès du meurtrier présumé d'Audrey Texier, une lycéenne de 16 ans tuée et violée en plein jour en août 2003 sur l'Ile de Ré, a débuté mercredi dans un climat de vive tension devant la cour d'assises de Charente-Maritime.
Dès l'ouverture de l'audience, les parents de la victime, Martine et Franck Texier, ont insulté l'accusé ainsi que la présidente de la Cour d'assises Anne-Marie Baudon. Le père s'est levé et s'est dirigé vers l'accusé. Un policier s'est interposé et le père s'est alors calmé et rassis. L'audience a suivi son cours avec la lecture de l'acte d'accusation.
Durant la lecture du texte Frédéric Ramette, cheveux courts et noirs, blouson de cuir noir, est resté tête baissée, mains jointes sur les genoux. Interrogé ensuite par la présidente sur son enfance, il a affirmé avoir été violé "à l'âge de 5 ans par un voisin" et a accusé sa mère de s'être prostituée au domicile familial, faisant bondir le père d'Audrey Texier du banc des parties civiles. "Il faut arrêter de dire que ce n'est pas sa faute", a-t-il alors clamé. "Tu te prends pour qui, le centre du monde?", a-t-il ajouté en se tournant vers la présidente. Son avocat, Me Eric Dupont-Moretti, a tenté de calmer son client. Mais ce dernier s'en est ensuite pris à l'avocat de l'accusé, Me Jean-Louis Pelletier, avant que la présidente ne demande une suspension d'audience pour une demi-heure.
"Je regrette"
Après la pause déjeuner, la colère a laissé la place à l'émotion. Les parents et les proches de la victime ont fait revivre la jolie et sémillante lycéenne. Elle sortait peu, prenait soin d'elle, de sa peau en ne s'exposant pas trop au soleil. Elle n'avait pas eu vraiment de petit ami.
La voix étranglée par l'émotion, Franck Texier, barbe et cheveux en bataille, témoigne : "c'était une jeune fille bien. Et il l'a massacrée". Puis vient le tour de la maman, Martine, qui avait découvert le corps : "j'ai perdu l'amour de ma vie". Elle se tourne alors, menaçante, vers l'accusé qui évite son regard : "j'attendrai mon heure, comme il a attendu la sienne".
Après avoir détaillé le meurtre et le viol, Frédéric Ramette conclut : "je comprends le mal que j'ai fait, j'en souffre aussi. Je regrette ce que j'ai fait". Murmures incrédules dans la salle. Le procès doit s'achever vendredi.
photo : les parents d'Audrey
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