30 ans de prison pour le ravisseur de la petite Fanny

le 27 janvier 2006 à 21h20 , mis à jour le 28 janvier 2006 à 14h43

Denis Besson a été condamné vendredi soir à 30 ans de prison avec une période de sûreté de 20 ans pour l'enlèvement et le viol en février 2004 de la fillette de 9 ans.

enlevement fanny transfert denis besson © INTERNE

A l'énoncé du verdict, l'homme n'a marqué aucune réaction. La cour d'assises de la Charente a condamné vendredi soir à 30 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté de 20 ans, Denis Besson, pour l'enlèvement et le viol en février 2004 de Fanny, une fillette de 9 ans.

La cour, qui a rendu son verdict après moins de deux heures de délibérations, a reconnu coupable Denis Besson, 21 ans, jugé à huis clos depuis mercredi pour "enlèvement, séquestration et viol sur mineur de 15 ans avec actes de torture et de barbarie".

"Un prédateur"

Le 10 février 2004, le jeune homme avait jeté de force Fanny dans le coffre d'une voiture volée, alors qu'elle jouait devant le domicile de ses parents à Jarnac (Charente). La fillette, qui avait été le soir même attachée à un arbre et violentée à deux reprises, avait été finalement retrouvée par les gendarmes plus de 24 heures après, ligotée sous un tas de bois, dans une carrière isolée. Denis Besson, rapidement soupçonné et interpellé, avait lui-même mené les enquêteurs sur place après avoir craqué lors de sa garde à vue.

La cour d'assises l'a également reconnu coupable de "tentative d'enlèvement" sur une femme d'une trentaine d'années, Alexandra Collignon, agressée la veille du rapt de Fanny dans la banlieue d'Angoulême.

Dans leur verdict, les jurés ont pleinement suivi les réquisitions de l'avocat général, Pierre-Yves Couilleau, qui avait réclamé, outre les 30 ans de réclusion et la peine de sreté de 20 ans, 10 ans de suivi socio-judiciaire, ainsi qu'une peine de prison supplémentaire de 5 ans en cas de non-respect de l'obligation de soins.

"Denis Besson a agi comme un prédateur. Il a commis ces faits comme un barbare en laissant Fanny quatre heures dans la forêt, à un âge où l'on croit encore aux ogres, et dix-huit heures dans un tombeau", a expliqué à la presse l'avocat général.

"L'instrument de son suicide"

"Pourquoi l'a-t-il fait? A cause d'une pulsion d'un pervers. Et peut-il le refaire? Il y a des éléments objectifs qui peuvent le laisser craindre", a ajouté l'avocat général, estimant qu'il fallait "vite casser" le parcours de ce jeune pervers. La cour n'a visiblement pas été convaincue par les avocats de la défense qui ont mis en avant le passé de l'accusé. Ce délinquant multirécidiviste n'avait jamais été poursuivi pour des affaires de moeurs, mais il avait en revanche été victime d'abus sexuels de la part de son père entre l'âge de 6 et 10 ans.

"Les faits des 9 et 10 février (2004), ce n'est que la manifestation finale du comportement suicidaire de Denis Besson", a plaidé l'un de ses deux avocats, Me William Devaine. "Il voulait en finir avec la vie au sens moral et juridique et Fanny n'a été que l'instrument de son suicide", a affirmé Me Devaine. Pour l'avocat des parents de Fanny, Me Jean-Luc Petit, il faut surtout retenir les "actes de barbaries" perpétrés sur la fillette.

L'avocat de la partie civile avait d'ailleurs réclamé le huis clos au nom des parents et de Fanny. Traumatisée et encore blessée à une jambe, la fillette n'a pas comparu lors du procès. Des enregistrements des auditions de Fanny ont en revanche été diffusés jeudi lors de l'examen des faits.

L'avocat d'Alexandra Collignon, Me Lionel Bethune de Moro, a regretté pour sa part "le mutisme" qui a caractérisé l'accusé au cours des trois jours d'audience. Le jeune homme, comme absent, a seulement formulé "des regrets et des excuses" en s'adressant à Fanny et à Alexandra Collignon par leurs prénoms, selon sa défense.

(Image d'archives/DR)

le 27 janvier 2006 à 21:20
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