
Un attentat contre un bâtiment du Trésor public à Aix-en-Provence a coûté la vie dimanche à son auteur présumé, un jeune originaire de Corse, alors qu'une de ses connaissances, elle aussi militant nationaliste, était interpellée quelques heures plus tard. Le corps de cet homme de 24 ans, employé d'une entreprise de travaux publics d'Ajaccio selon le préfet délégué à la sécurité et à la défense Bernard Squarcini, a été retrouvé avec des blessures à la tête et aux mains près du Trésor public. La victime et l'homme interpellé sont "des militants nationalistes" connus des services de police comme étant "proches, ou même appartenant au FLNC du 22 octobre", l'un des deux principaux mouvements indépendantistes clandestins corses, et "se connaissaient", a assuré une source proche de l'enquête. Aucun des deux n'a jamais été interpellé ni même condamné pour de quelconques actes en relation avec la clandestinité.
Le bâtiment du Trésor public, situé dans une impasse du centre-ville d'Aix et près de la gare, n'a subi que quelques dégâts très légers lors de l'explosion, survenue vers 2H40, selon la police. "Il s'agit d'une charge de très faible puissance contre un symbole étatique. Les dégâts sont insignifiants, puisque seul le rebord de la fenêtre grillagée a été légèrement endommagé", a indiqué Bernard Squarcini. "L'attentat a, semble-t-il, été commis par un seul homme", a-t-il précisé. Aucun élément de revendication n'a été trouvé sur place. L'immeuble de quatre étages abrite les Impôts au rez-de-chaussée et des logements au-dessus, habités au moment des faits. La charge explosive serait d'environ 200 grammes, et la déflagration a brisé quelques vitres dans des immeuble voisins.
L'homme arrêté, un professeur vacataire à L'Ile-Rousse
Un dispositif d'urgence a été mis en place sur les routes avec une surveillance du port de Marseille et de l'aéroport de Marignane, où un militant nationaliste de 33 ans, a été interpellé. Il devait prendre un vol à destination de l'île dans la soirée mais il s'était présenté plus tôt pour essayer de changer son billet, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Il a été placé en garde à vue à Marseille. Contrairement à des premières informations émanant de sources policières, cet homme n'est ni étudiant, ni enseignant à l'Université de Corse à Corte (Haute-Corse). "Il apparaît finalement que cet homme, étudiant en troisième cycle d'Histoire à Bordeaux, est professeur vacataire dans un lycée à L'Ile-Rousse (Haute-Corse), mais il n'enseigne pas à Corte", a reconnu dans l'après-midi une des sources proches de l'enquête. Ces premières informations éronées ont provoqué la colère du président l'université de Corte Antoine Aïello: "Je m'interroge sur la finalité de ces méthodes de fabrication et de diffusion de telles allégations, qui conduisent à une totale désinformation", a-t-il déclaré.
La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête, en accord avec le parquet d'Aix-en-Provence. Elle a été confiée à la brigade criminelle du SRPJ de Marseille et des enquêteurs de la division nationale antiterroriste (DNAT) ont également été dépêchés sur place. Les enquêteurs, qui ont retrouvé un véhicule sur place, procédaient dimanche aux premières constatations. Emile Zuccarelli, député-maire (PRG) de Bastia, a dénoncé dimanche la responsabilité "immense" de ceux qui ont entraîné la jeune victime à "perpétrer un tel acte".
Photo : sur les lieux de l'attentat, dimanche matin (dr)
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