Barroso tance la France, "malade imaginaire"

le 24 janvier 2006 à 17h30 , mis à jour le 24 janvier 2006 à 21h48

Intervenant mardi après-midi à l'Assemblée nationale, le président de la Commission européenne a mis en garde la France contre "la tentation du Malade imaginaire". Selon lui, "la France a toutes les raisons de se montrer confiante". Des propos qui ont suscité un débat vif avec les députés.

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Huit mois après le référendum par lequel les Français ont rejeté le projet de Constitution européenne, Jose Manuel Durrao Barroso, président de la Commission européenne, a appelé mardi la France à ne pas se prendre pour un "malade imaginaire". Des propos prononcés lors d'une intervention très animée, en français, devant l'Assemblée nationale où elle a suscité huées et aplaudissements.

"En lecteur attentif de la presse de votre pays, je lis ici ou là que la France serait atteinte d'une mélancolie, je vois même le terme malaise", a déclaré Barroso dans une allocution prononcée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. "Je me demande si le pays de Molière ne cèderait pas à la tentation du 'Malade imaginaire' ", l'une de ses comédies les plus célèbres, a-t-il ajouté dans son intervention, la première de ce type d'un président de la Commission. Ces propos ont provoqué des réactions contrastées parmi les députés, certains l'applaudissant en criant "bravo!", tandis que d'autres le huaient en lançant "scandaleux!"

"Il me semble au contraire que la France a toutes les raisons de se montrer confiante", a poursuivi le président de la Commission européenne dans cette allocution. Il a souligné les "éclatantes réussites mondiales qui doivent tant à l'initiative française, comme Airbus et Ariane. Face à la mondialisation, la dimension européenne est la seule en mesure de faire la différence et de nous permettre de maîtriser ce processus", a-t-il déclaré.

"Le pain sec de l'idéologie unique"

Dans le débat particulièrement vif qui a suivi, Jose Manuel Durrao Barroso a répondu avec pugnacité aux interpellations des chefs des principaux groupes parlementaires. Le président du groupe socialiste a dénoncé le "pain sec de l'idéologie unique : celle du tout libéral considéré comme le seul horizon de l'élargissement" de l'UE. "Comment ignorer votre obstination à maintenir en l'état des projets comme la directive Bolkestein qu'une majorité écrasante de citoyens européens rejette?", a notamment demandé Jean-Marc Ayrault au président de la Commission. "Nous voulons trouver une solution équilibrée qui ne mette pas en cause nos acquis sociaux, notamment le principe du respect du droit du travail du pays hôte, du pays destinataire", lui a expliqué Jose Manuel Durrao Barroso.

Le président du groupe communiste, Alain Bocquet, a lui aussi dénoncé la directive "Bolkestein" de libéralisation des services et réclamé son "retrait pur et simple". "Ce n'est pas avec un discours contre les entreprises que vous allez créer plus d'emploi et de croissance", a rétorqué Barroso, en suscitant de nouveaux remous sur les bancs des députés. Au nom de l'UDF, François Sauvadet a affirmé que la Commission européenne portait "sa part de responsabilité dans la situation" actuelle de l'Europe et évoqué une "idée européenne en régression". Pour l'UMP, le président de la délégation à l'Union européenne de l'Assemblée, Pierre Lequiller, s'est inquiété de la sécurité énergétique de l'Europe, demandant à Jose Manuel Durrao Barroso de faire part des "initiatives de la commission" en ce domaine.

Barroso, visiblement à son aise en débat public, a dénoncé la "caricature" de la commission qu'il dirige, souvent taxée d'ultra-libéralisme, en faisant la liste de tous ses collègues socialistes et sociaux-démocrates. Il a espéré qu'une fois la "confiance restaurée", l'opinion publique pourrait soutenir "la modernisation des institutions que prévoit le projet de traité constitutionnel", tout en reconnaissant que le chemin était difficile. Après plus d'une heure d'échanges, souvent interrompus par des rappels au calme du président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré, le président de la Commission est parti en jugeant "vraiment gratifiant d'avoir eu cette opportunité de débattre".

Photo d'ouverture : Jose Manuel Durrao Barroso lors de son allocuation à l'Assemblée - DR

le 24 janvier 2006 à 17:30
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27 Commentaires

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  • JC, le 25/01/2006 à 10h11

    Bravo ! Enfin un homme politique, mais qui n'est pas francais, qui ose dire enfin la verite !!! La France souffre d'autoflagelation, cela devient penible de voir dans ce pays les exces de toutes natures, il est impossible d'avoir dans ce pays un etat des leux serieux et realiste des forces et faiblesses. Barosso a eu raison de donner un coup de pied au c.... face a tous ces deputes, afin qu'il puisse montrer l'exemple et faire taire une bonne fois pour toutes les pessimisme ambiant et permetter au pays de s'en sortir ! Encore une fois la reaction des politiques francais a ete pathetiques, preferant lancer des polemiques steriles au lieu de s'attaquer aux vrais problemes de ce pays dont Mr Barosso a fait reference avec justesse. 2007 promet d'etre rock and roll !!!

  • Pierre, le 25/01/2006 à 09h59

    Chapeau! Je suis d'origine portugaise et je detestait Barroso a l'epoque de son gouvernement au portugal. Mais, cette mission de president de la commission l'a transfiguré. Petit a petit il montre toutes ses qualités et faut reconnaitre qu'il defend bien l'europe contre ces vieilles puissances qui torpillent l'esprit europeen... Je suis conquis!

  • Mathieu, le 25/01/2006 à 09h32

    Et il faut attendre un représentant d'un autre pays pour entendre ces mots. c'est triste. Il est grand temps que les Français arrête de pleurnicher, on est tellement devenus "gras" qu'on arrive pas à voir que si on ne fait pas un peu de sacrifices sur nos fameux acquis sociaux ou sur nos situations on n'aura plus que les yeux pour pleurer. (doit on vraiment considérer les 35 h comme un acquis social ou une foutaise?). Je suis d'accord avec un politique sociale, mais si elle est réaliste! Aujourd'hui, les Français doivent faire un effort, pour eux mais surtout pour la France! Comme disait Churchill :"Ne te demande pas ce que ton pays pourrait faire pour toi mais demande toi plutôt ce que toi tu pourrais faire pour ton pays!" Merci M Barroso!

  • Vastre, le 25/01/2006 à 09h25

    Toute vérité ne fait pas plaisir à entendre !

  • Rde, le 25/01/2006 à 09h23

    Les chancres socialiste du parti unique et de l'eradication culturelle et ethnique qui parlent de diversité même un analphabete ne si laisserait pas prendre .

  • Stéph@ne, le 25/01/2006 à 09h18

    Mr BAROSO a raison d'ailleurs depuis le NON à la constitution la France est à la traine. Merci CHIRAC pour le référendum, Merci FABIUS et amis du PSPC destructeurs au plan B de l'europe. La France pense qu'elle a encore de l'influence on ne peut pa critiquer le polonais et ensuite avoir leur accord pour la baisse de TVA sur les travaux et métiers du batiment. MERKEL est à droite Chirac à gauche comme BAYROU d'ailleurs qu'il y reste et cessent de faire des promesses à la c.., les restaurateurs s'en souviendront, pensez SARKO !

  • Boute, le 25/01/2006 à 09h10

    L' Europe ce n'est pas la France , je pense que Mr barroso a raison a un certain degré, arrêtons de critiquer le travail en cours ....

  • Jim, le 25/01/2006 à 09h08

    La France "malade imaginaire". Il a parfaitement raison. Nous avons l'une des plus fortes espérances de vie au monde, l'un des tout meilleurs systèmes de santé, un taux de natalité le plus fort d'Europe après l'Irlande et qui n'est pas du à l'immigration comme le claironneront certains. Sur le plan mondial, nous ne sommes plus une grande puissance, c'est clair. Mais l'Europe peut, si elle le souhaite, devenir la première puissance mondiale. Et qui sera parmi les leaders en Europe ? La salut de la France passe par l'Europe, une Europe forte qui n'a pas peur de l'avenir et d'investir pour nos générations futures.

  • Christophe, le 25/01/2006 à 07h24

    Analyse pertinente de la situation en France. Les français feraient bien de réfléchir à vos propos et se poser les bonnes questions. Arrêtons de nous plaindre de notre sort et relevons les manches. Haut les coeurs et au travail.

  • J-Marc, le 25/01/2006 à 01h03

    Des fois on se demande si on a entièrement abolit le système médiéval. Si sa seigneurie Barrosso appliquait à lui-même ce qu'il préconnise à l'ensemble des citoyens européens, peut être comprendrait-il le désarroi de nombres de personnes.

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