© TF1Le président de l'UDF, François Bayrou, a prononcé samedi à Lyon un vibrant plaidoyer pour l'"indépendance" de son parti, qui doit à ses yeux être "libre et fort" face aux "dérives" de l'UMP et du PS, au premier jour du Congrès extraordinaire de son parti.
Plus de neuf sur dix ont approuvé sa motion qui proclame l'"indépendance" du parti centriste. Selon des résultats partiels, portant sur 13.600 bulletins (sur 31.000 inscrits), 90,9% des adhérents ont voté pour la motion de M. Bayrou.
"Je n'ai pas compris cette dérobade"
Suspendu en juin des instances exécutives pour avoir passé outre cette consigne, le ministre de l'Education, Gilles de Robien, défenseur d'une stratégie d'alliance avec l'UMP, a préféré ne pas participer à ce Congrès, qu'il avait pourtant réclamé, avant de le qualifier de "parodie de démocratie". "Je n'ai pas compris cette dérobade", a déclaré M. Bayrou, accusant M. de Robien d'avoir voulu "enlever tout enjeu à ce congrès, le vider de sa substance". "Je ne sais pas ce que veut dire démocratie, sinon suffrage universel", a-t-il souligné..
Sans s'appesantir sur le cas de son opposant, auquel visiblement il ne veut pas donner trop d'importance, le chef de file centriste a défendu sa vision avec des accents passionnés. "Au bout de 25 ans, l'alternance entre les deux partis dominants a produit des fruits désastreux. Je n'en suis pas fier, j'en ai honte, je veux la combattre, je veux que ça change", a-t-il lancé, déclenchant l'enthousiasme de ses troupes.
"Bi-polarisation artificielle"
Renvoyant dos à dos droite et gauche, M. Bayrou a dénoncé "la loi du plus fort" de l'UMP et "la loi trompeuse de l'illusion" du PS. "En face de ces deux dérives des projets de société, nous opposons la loi du plus juste", a-t-il affirmé, en rappelant qu'il n'avait "jamais accepté que l'UDF soit confondue avec la droite conservatrice française". "Ce vieux pays a besoin de jeunesse, de générosité, de réalisme, de croire à quelque chose. Il a besoin d'un vent nouveau pour l'aider à porter ce destin, ce vent nouveau ne peut être porté que par des hommes libres", a-t-il ajouté.
Dénonçant la "bi-polarisation artificielle" du paysage politique français, le député des Pyrénées-Atlantiques a estimé que "la présence d'un centre libre et fort, (était) le seul moyen pour que ce ne soit pas les noyaux durs de droite et de gauche qui gouvernent".
Pour mieux refléter cette "identité nouvelle", M. Bayrou a dit aux journalistes qu'il réfléchissait à un changement de nom de son parti, sans "renier son histoire". Selon Marielle de Sarnez, vice-présidente exécutive, ce changement pourrait se traduire par l'ajout d'un qualificatif à côté du sigle UDF. Le Congrès doit s'achever dimanche à la mi-journée.
(François Bayrou, samedi après-midi, à Lyon, DR)
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