La bivalence des professeurs seulement pour le collège

le 10 janvier 2006 à 11h14 , mis à jour le 10 janvier 2006 à 21h42

Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien a annoncé qu'il réservait "la bivalence (enseigner deux matières) pour le collège", précisant ainsi cette mesure. La "bivalence" est très contestée par les syndicats.

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"La bivalence", c'est-à-dire enseigner deux matières au lieu d'une, vient d'être remise au goût du jour par le ministre l'Education nationale Gilles de Robien. Interrogé dimanche sur certaines catégories d'enseignants, comme les professeurs d'allemand "qui n'ont pas d'élèves", le ministre a plaidé pour que la réforme des instituts universitaires de formation de maîtres (IUFM), prévue par la loi Fillon, intègre la notion de "bivalence". A peine prononcé, le mot "bivalence" a provoqué indignation et scepticisme chez les syndicats enseignants. Idée "très négative" s'est exclamé le Snes, principal syndicat des enseignants des collèges-lycées, "mesure gestionnaire d'économie" a déploré le SE-Unsa.

Mardi matin, Gilles de Robien a précisé qu'il réservait cette mesure pour le collège et non pour l'ensemble de  l'enseignement secondaire : "Je souhaiterais que la bivalence se passe pour les professeurs de collège. Personne ne s'étonne qu'un professeur enseigne l'histoire et la géographie !" a précisé le ministre sur Canal Plus. En sortant du primaire "un enfant passe d'un seul professeur à huit ou neuf profs au collège". Avec la bivalence, "il aura au collège trois ou quatre professeurs, il sera moins surpris car il aura des profs moins nombreux", a dit le ministre. Il s'agit aussi, selon Gilles de Robien, d'une "simplification pour les enseignants dans leurs affectations".

La "bivalence" est déjà lancée dans la formation des futurs enseignants du secondaire. Un arrêté du 26 juillet 2005 ouvre en effet la possibilité, dès la session 2006 du Capes de passer une "mention complémentaire", c'est-à-dire d'avoir une seconde matière qu'ils pourront enseigner. Et les chiffres sont parlants, 16% des candidats ont choisi de passer cette mention. Aujourd'hui, avec la "mention complémentaire", la seconde matière enseignée par les nouveaux professeurs "bivalents" ne dépassera pas un tiers du nombre d'heures total et elle est "facultative", selon le ministère. "L'enseignement unique est une particularité française. En Allemagne, c'est le contraire", a ajouté l'Education nationale.

le 10 janvier 2006 à 11:14
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18 Commentaires

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  • Umpf, le 10/01/2006 à 15h07

    Les profs ont déjà du mal à assumer une seule matière. Alors, leur en imposer deux... c'est augmenter le nombre de dépressifs chroniques... pauvres profs, vous voulez leur peau ou quoi ; )

  • Yves, le 10/01/2006 à 14h30

    Un prof n'a malheureusement pas un cursus lui permettant d'enseigner proprement 2 matières... Actuellement un prof d'histoire géo a fait au minimum une licence d'histoire géo, idem pour un prof de Francais. Quid d'un prof de Francais-Histoire-Géo ? Il sera soit mauvais en Francais, soit mauvais en Histoire Géo. C'est une mesure économique mais pas à long terme car le niveau des profs baissant, le niveau des élèves baissera et le chomage augmentera...

  • Dd, le 10/01/2006 à 14h23

    Ou est le probleme? Je suis bivalente et tres heureuse de l'etre. Les enfants sont impressionnes, se disent que tout est possible! Les profs des ecoles n'enseignent pas qu'un seul sujet. Il faut bouger un peu, les syndicats cherchent a justifier leur existence parfois... J'enseigne aux USA depuis 6ans et selon la loi, je me dois de prendre des cours d''universite pour plusieurs annees pour ne pas devenir vieux prof borne! Avec le salaire qui suit biensur!

  • Arnaud, le 10/01/2006 à 14h20

    Il me semble que le retour aux anciennes méthodes d'enseignement fait la une en France, ces derniers temps...

  • Alain, le 10/01/2006 à 14h15

    Les propos du ministre pour justifier ses mesures sont affligeants .. La bivalence signifie ni plus ni moins que 2 fois moins de profs...Déjà que l'éducation nationale est une catastrophe ces nouvelles mesures ne font que la rendre encore plus catastrophiques Comment va t'elle avancer ? je voudrais bien le savoir.

  • Povorello, le 10/01/2006 à 14h15

    Oui! Mieux vaut un enseignant moyen dans deux matières, qu'un bon dans une...puis du coup sa tombe plutôt bien, on aurait deux fois moins de dépense, avec l'illusion donnée à la populace d'une baisse d'impôt en perspective... Pétrarque sauve nous...

  • Lo-Ran, le 10/01/2006 à 13h58

    Est ce qu'avec la bivalence, les professeurs arriveront à cumuler les 35 heures ?

  • Paul, le 10/01/2006 à 13h47

    Oh, la bonne idée : vous trouvez normal qu'un (fainéant) de prof enseigne deux matières... Et votre dentiste, il vous prescrit des lunettes ? Et votre garagiste, il ramone votre chaudière ? Enseigner implique une connaissance approfondie de sa matière et du matèriel pédagogique. En Allemagne, les parcours universitaires sont doubles. Pas chez nous.

  • Anne, le 10/01/2006 à 13h42

    Jeune prof d'histoire-géo ET d'éducation civique pour laquelle je n'ai pourtant pas été formée comme il se doit, je me vois mal enseigner encore une autre matière. Et pourquoi imposer un système de classe unique même dans le secondaire, sur le modèle des classes maternelles et primaires de milieu rural? Bien sûr avec un seul type d'enseignant, ce serait tellement mieux!

  • Bonne mesure, le 10/01/2006 à 13h37

    Voici une excellente mesure à mettre le plus rapidement possible en application. Ceci va permettre d'organiser la vie des collèges de façon beaucoup plus souple et plus intelligente qu'aujourd'hui. Je pense également que c'est beaucoup plus enthousiasmant, pour les enseignants qui le souhaitent, d'élargir leur champ d'action plutôt que de rester cloisonnés dans une seule matière pendant toute leur carrière. Evidemment les syndicats s'y opposent mais ceci est devenu chez eux un trouble obcessionnel compulsif; il n'y a pas lieu de s'en inquiéter.

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