
"La bivalence", c'est-à-dire enseigner deux matières au lieu d'une, vient d'être remise au goût du jour par le ministre l'Education nationale Gilles de Robien. Interrogé dimanche sur certaines catégories d'enseignants, comme les professeurs d'allemand "qui n'ont pas d'élèves", le ministre a plaidé pour que la réforme des instituts universitaires de formation de maîtres (IUFM), prévue par la loi Fillon, intègre la notion de "bivalence". A peine prononcé, le mot "bivalence" a provoqué indignation et scepticisme chez les syndicats enseignants. Idée "très négative" s'est exclamé le Snes, principal syndicat des enseignants des collèges-lycées, "mesure gestionnaire d'économie" a déploré le SE-Unsa.
Mardi matin, Gilles de Robien a précisé qu'il réservait cette mesure pour le collège et non pour l'ensemble de l'enseignement secondaire : "Je souhaiterais que la bivalence se passe pour les professeurs de collège. Personne ne s'étonne qu'un professeur enseigne l'histoire et la géographie !" a précisé le ministre sur Canal Plus. En sortant du primaire "un enfant passe d'un seul professeur à huit ou neuf profs au collège". Avec la bivalence, "il aura au collège trois ou quatre professeurs, il sera moins surpris car il aura des profs moins nombreux", a dit le ministre. Il s'agit aussi, selon Gilles de Robien, d'une "simplification pour les enseignants dans leurs affectations".
La "bivalence" est déjà lancée dans la formation des futurs enseignants du secondaire. Un arrêté du 26 juillet 2005 ouvre en effet la possibilité, dès la session 2006 du Capes de passer une "mention complémentaire", c'est-à-dire d'avoir une seconde matière qu'ils pourront enseigner. Et les chiffres sont parlants, 16% des candidats ont choisi de passer cette mention. Aujourd'hui, avec la "mention complémentaire", la seconde matière enseignée par les nouveaux professeurs "bivalents" ne dépassera pas un tiers du nombre d'heures total et elle est "facultative", selon le ministère. "L'enseignement unique est une particularité française. En Allemagne, c'est le contraire", a ajouté l'Education nationale.
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