
Le 15 janvier 2004, le chalutier Bugaled Breizh coulait en Manche, en moins d'une minute, provoquant la mort de ses cinq hommes d'équipage. Un drame qui ne laissait à l'époque aucun témoin direct, contrairement au récent naufrage du Klein Familie, le 5 janvier au large de Cherbourg, où l'un des six marins a pu être sauvé. "Contrairement à Cherbourg, on n'a pas trouvé le coupable parce que l'abordage a eu lieu en dessous de l'eau et non pas au dessus", affirme Robert Bouguéon, le président du comité des pêches du Guilvinec. Mais, pour lui comme pour de nombreux pêcheurs bretons, "il n'y a aucun doute, c'est bien un sous-marin qui a coulé le Bugaled Breizh".
Bugaled Breizh : l'enquête relancée ?
La cour d'appel doit décider ce vendredi de lancer ou non des investigations supplémentaires sur l'implication éventuelle d'un sous-marin dans le naufrage du chalutier.
Publié le 01/07/2010
Naufrage du Bugaled Breizh : soupçons sur un sous-marin américain
L'expert mandaté par la cour d'appel de Rennes pour déterminer si des sous-marins se trouvaient bien dans la zone du naufrage du chalutier a rendu son rapport.
Publié le 30/04/2010
Bugaled Breizh : complément d'expertise demandé
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes a réclamé vendredi un complément d'expertise dans l'affaire du naufrage du Bugaled Breizh avec cinq marins à son bord.
Publié le 27/11/2009
Bugaled Breizh : l'enquête va-t-elle se poursuivre ?
La justice va dire, ce vendredi, si l'enquête sur le naufrage du Bugaled Breizh, qui a fait cinq morts en 2004, doit ou non se poursuivre.
Publié le 27/11/2009
Or, deux ans tout juste après le drame, l'enquête est toujours suspendue à l'examen du train de pêche (le chalut) qui pourrait révéler des traces de peinture ou d'éraflures provoquées par une éventuelle collision sous-marine. Les enquêteurs devraient disposer prochainement de documents d'activités maritimes récemment déclassés secret défense par la ministre Michèle Alliot-Marie. Ils permettront de déterminer les horaires et les trajectoires des sous-marins qui participaient à un exercice multinational sur la zone du naufrage, au large du cap Lizard. Michèle Alliot-Marie avait déclaré en mai "qu'aucune information" en sa possession "ne permettait de suspecter un sous-marin".
"Personne ne le sait sauf les militaires"
Pourtant, régulièrement évoquée par les familles des victimes, cette piste d'un sous-marin est aussi étudiée, avec prudence, par la justice. Le juge d'instruction quimpérois Richard Foltzer a ainsi indiqué, en juillet 2005, qu'une "force exogène" aurait pu entraîner le chalutier par le fond. Cette hypothèse est confortée par les premières conclusions d'une enquête sur le train de pêche conduite par l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) à Lorient qui aurait observé des traces de raguage (frottement sur du métal) sur le câble de chalut babord. "On compte beaucoup sur les résultats de l'expertise microscopique en cours dans un laboratoire de la gendarmerie. L'analyse du câble pourrait révéler des traces de peinture ou de revêtement employés par telle ou telle marine sur leurs sous-marins", explique Christian Bergot, avocat des familles et du comité des pêches. En attendant les éventuelles informations des documents d'activités maritimes déclassés secret défense...
Mais au final, "si l'expertise ne donne rien et si les documents militaires n'apportent rien d'exploitable je ne sais pas quelle autre piste les enquêteurs pourront suivre", souligne Me Bergot, "sceptique" sur la levée du secret défense "qui ne concerne que les bâtiments français". Par ailleurs, "un avis défavorable pour la levée du secret défense a été donné pour les SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d'engins) dont on n'a, jusqu'à présent, jamais parlé. La requête du juge d'instruction concernait tous les sous-marins sur zone. Les SNLE étaient-ils sur zone ? Personne ne le sait sauf les militaires", regrette l'avocat.
Outre l'enquête pénale, une enquête administrative, également toujours en cours, est conduite par le Bureau Enquêtes Accidents-Mer (BEA-Mer) du ministère des Transports. Les enquêteurs n'écartent pas la piste de la "fortune de mer", notamment celle de la voie d'eau qui aurait pu provoquer un naufrage par "carène liquide" (déplacement dans la coque d'une grande masse d'eau), phénomène bien connu des marins.
Photo d'ouverture : le chalutier Bugaled Breizh, renfloué au large des côtes de Falmouth - archives
Retour MYTF1
Bugaled Breizh : l'enquête relancée ?
Chargement en cours...





