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Chirac décrète la fin de l'état d'urgence


le 02 janvier 2006 à 18h39
Temps de lecture
3min
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SociétéAprès une nuit de Saint Sylvestre célébrée sous le régime de l'état d'urgence, mais où les émeutes redoutées n'ont pas eu lieu, le chef de l'Etat a décidé la fin de cette mesure exceptionnelle décrétée au plus fort des violences urbaines. Cette sortie de l'état d'urgence sera effective "à compter du 4 janvier 2006", a annoncé l'Elysée.

Près de deux mois après son instauration, Jacques Chirac a décidé lundi de lever à partir du 4 janvier l'état d'urgence décrété pendant les émeutes dans les banlieues, une mesure d'apaisement réclamée par la gauche. L'état d'urgence, une mesure exceptionnelle datant du début de la guerre d'Algérie, avait été décidé par le chef de l'Etat le 8 novembre en pleine crise des banlieues. La loi du 3 avril 1955 permet notamment d'instaurer des couvre-feux et de procéder à des perquisitions sans le contrôle d'un juge. L'état d'urgence avait ensuite été prolongé par le parlement à partir du 21 novembre pour une durée de trois mois maximum.

Jacques Chirac a discuté de cette mesure lors d'un entretien lundi matin à l'Elysée avec le Premier ministre Dominique de Villepin, a indiqué la présidence dans un communiqué. Le Conseil des ministres, qui s'est tenu exceptionnellement mardi matin pour cause de voeux présidentiels, a entériné cette décision. "Le président de la République a reçu ce matin le Premier ministre pour faire un point général de situation. A l'issue de cet entretien, le président de la République a décidé de mettre fin à l'état d'urgence à compter du 4 janvier 2006", a déclaré l'Elysée. "Cette décision est inscrite à l'ordre du jour du Conseil des ministres du 3 janvier 2006", a ajouté le communiqué.

25.000 policiers et gendarmes mobilisés lors de la nuit du réveillon

Craignant une nouvelle flambée de violences dans les banlieues à l'occasion du passage à la nouvelle année, les pouvoirs publics ont attendu la fin des fêtes qui donnent traditionnellement lieu à des débordements. Si la Saint Sylvestre a été marquée par une augmentation sensible (+ 27,6 %) du nombre des violences et des véhicules incendiés, surtout en province, par rapport à l'an dernier, les troubles ont été loin de revêtir l'ampleur des émeutes de novembre, alors que 25.000 policiers et gendarmes étaient mobilisés. La police a procédé à "de très nombreuses interpellations" d'auteurs de dégradations de véhicules lors de la Saint-Sylvestre, a indiqué mardi le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, refusant d'entrer dans une "querelle de chiffres" avec le PS sur ce sujet.

Partis de gauche, associations et syndicats, hostiles à la prorogation de l'état d'urgence par le Parlement, réclamaient avec insistance sa levée en dénonçant "un régime durable de graves restrictions des libertés publiques". Alors que le Parti socialiste ne s'était pas opposé à son instauration, son Premier secrétaire, François Hollande, avait affirmé fin novembre que sa prolongation de trois mois était "un mauvais signe, un mauvais symbole et était inutile sur le plan de la sécurité". Depuis la guerre d'Algérie, l'état d'urgence n'avait été instauré qu'en 1984 en Nouvelle-Calédonie, où il était resté en vigueur pendant six mois en raison de graves troubles dans ce territoire du Pacifique.

Photo d'ouverture : archives

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