
Jacques Chirac a refusé samedi à Tulle de voir en 2006 "une année préélectorale perdue", assurant que le gouvernement allait accélérer son action pour l'emploi et la défense des valeurs républicaines. "Maintenant il faut y croire. Il faut se battre. Il faut tourner le dos à cette tentation aussi stérile que paralysante (...) à l'autoflagellation", a dit le chef de l'Etat qui a achevé en Corrèze sa série des voeux. Il a souligné que "l'année 2006 ne sera pas une année préélectorale perdue pour l'action et donc pour la France, je peux vous le dire. Le temps est au rassemblement et à l'accélération de l'action. La situation l'exige. Et c'est comme cela que les Françaises et les Français aborderont les échéances de 2007 avec confiance, dans un esprit de responsabilité et dans la sérénité", a ajouté Jacques Chirac.
Sur un autre thème, celui de la lutte contre les violences, le chef de l'Etat a affirmé qu'il y avait eu des améliorations. "Depuis 2002, nous avons progressé", a dit Jacques Chirac, qui avait fait cette année-là de la lutte contre l'insécurité la priorité de sa campagne présidentielle. "Mais beaucoup, beaucoup reste encore à faire et le gouvernement redoublera d'efforts", a-t-il souligné. "J'attache notamment la plus grande importance à la sécurité à l'école", a-t-il déclaré, après plusieurs cas très médiatisés de violences dans les établissements scolaires. "L'Education nationale et les forces de l'ordre doivent renforcer leur collaboration, dans le respect des principes de chacun, pour garantir aux élèves et aux enseignants la sécurité, la sûreté et la sérénité auxquelles ils ont droit".
Commentaires aigres-doux de François Hollande
Répondant plus spécifiquement aux attentes des Corréziens, Jacques Chirac a encore annoncé plusieurs mesures en faveur de l'emploi en Haute-Corrèze, son fief électoral historique touché par de nombreuses suppressions d'emplois. Notant que "l'égalité des chances, c'est aussi agir pour l'égal accès de tous à l'emploi", le président de la République a déclaré connaître "la situation difficile du bassin d'emploi d'Ussel, et notamment de l'usine Polyrey". Il a annoncé qu'un "Comité interministériel à l'aménagement et à la compétitivité des territoires (CIACT) déciderait, dans les toutes prochaines semaines, d'un contrat de site adapté à la Haute-Corrèze". Ce qui "marquera la priorité donnée par l'Etat à la revitalisation de cette petite région", a précisé le président.
Des voeux qui ont bien sûr été prononcés en présence de François Hollande, premier secrétaire du PS, maire de Tulle et député de Corrèze. Lequel, endossant ses habits de chef de l'opposition aussitôt après l'intervention de Jacques Chirac, a estimé que le président de la République avait "parlé comme un ancien député de Haute-Corrèze". Et de lancer : "Quel bilan ! Il s'adresse aux Corréziens pour l'avant-dernière fois en tant que président et il se retrouve obligé, dans les derniers moments de son mandat, de faire des promesses pour son fief dans un temps où il ne sera plus aux affaires".
Photo d'ouverture : les voeux de Jacques Chirac aux Corréziens - DR
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