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Clem' : un sous-traitant conteste les chiffres officiels


le 03 janvier 2006 à 10h58
Temps de lecture
3min
porte avions clemenceau

Crédits : INTERNE

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SociétéLa société de décontamination industrielle Technopure qui a effectué la première tranche du désamiantage en France du porte-avions Clemenceau estime que 500 à 1000 tonnes de matériaux renfermant de l'amiante sont toujours à bord. Un autre sous-traitant lui avait été préféré pour une seconde phase de travaux.

Le porte-avions Clemenceau, en cours de  remorquage vers l'Inde où il doit être démantelé, contient entre 500 et 1000  tonnes de matériaux renfermant de l'amiante, a estimé lundi un expert qui a effectué la première tranche du désamiantage en France. "Selon nos estimations, il resterait à bord au moins 70 tonnes d'amiante pure, plus toute l'amiante non friable qui ne concernait pas notre marché. Au total, cela représente beaucoup plus que le chiffre de 200 tonnes d'amiante qu'on nous a donné au début", a déclaré à l'AFP Jean-Claude Giannino, responsable de la société de décontamination industrielle Technopure, basée en région marseillaise.

"Notre évaluation va de 500 à 1000 tonnes de matériaux contenant de l'amiante. Sur le Clemenceau, rien que les colles et les dalles représentent environ 170 tonnes, et il faut ajouter des kilomètres et des kilomètres de câbles. C'est du non friable, mais ça reste de l'amiante quand même", a souligné  M. Giannino. "On peut enlever ça sans mettre en danger la flottabilité du navire. Moi je ne l'ai pas traité, et à ma connaissance ça n'a pas été fait", a-t-il ajouté.

"Je suis sceptique"

Selon le ministère de la Défense et la Marine nationale, le porte-avions, qui n'est plus en service depuis 1997, contenait plus de 200 tonnes d'amiante, dont 115 ont été enlevées avant son départ pour l'Inde. Au cours de la première tranche de désamiantage, achevée en mars 2005 à Toulon, la société Technopure "a enlevé l'équivalent de 70 tonnes d'amiante friable en quatre mois et demi de travail avec un chantier de 50 personnes. Je suis sceptique quand on m'indique qu'après nous, une seconde entreprise en a enlevé 45 tonnes en quinze jours", a affirmé M. Giannino.

Selon ses informations, l'entreprise mandatée pour effectuer la seconde  tranche de désamiantage a principalement fait de l'"encapsulage", qui consiste à  recouvrir les fibres d'amiante pour les empêcher de s'échapper dans l'air. A l'époque, en août 2005, le directeur technique de la société SDI (Ship Decomissioning Industries) avec laquelle la France a passé contrat pour le démantèlement, avait lui-même parlé de travaux "de confinement des parties  amiantées" du navire.

"Nos travaux s'arrêtaient là"

"Selon les chiffres cités par les autorités, il resterait donc 85 tonnes  d'amiante à bord? Mais de quoi parle-t-on? d'amiante friable ou de matériaux  amiantés?", s'interroge M. Giannino, qui estime que les chiffres des autorités  françaises et de SDI jouent sur l'ambiguïté entre l'amiante pure et les matériaux contenant de l'amiante. "Ces 85 tonnes, c'est quasiment de l'amiante à l'état pur et ça revient à  peu près à la deuxième tranche de travaux qu'on devait faire. On ne l'a pas  faite parce qu'on nous a dit que nos travaux s'arrêtaient là, sans plus d'explication. Et finalement, ils vont être réalisés en Inde", souligne-t-il.

Selon les ONG Greenpeace et Ban Asbestos, qui contestent le départ du Clemenceau vers l'Inde, la Cour suprême indienne avait accepté en octobre 2003  de recevoir le navire sur la promesse du gouvernement français qu'il serait  désamianté à 98%, ce qui n'est pas le cas actuellement, quels que soient les  chiffres retenus. Cette commission de la Cour suprême doit se réunir le 6 janvier à New-Delhi  pour examiner le cas du Clemenceau, selon un porte-parole de Greenpeace France.

D'après AFP

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