Le Clemenceau autorisé à franchir le canal de Suez

le 15 janvier 2006 à 12h18 , mis à jour le 15 janvier 2006 à 13h31

L'Egypte a donné dimanche son feu vert au transit du porte-avions français Clemenceau par le Canal de Suez. Les Egyptiens considèrent qu'il s'agit d'un bâtiment de guerre ne relevant pas de la convention de Bâle sur les déchets dangereux.

Clemenceau porte-avions canal de suez © lci

L'Egypte a donné dimanche son feu vert au transit du Clemenceau par le canal de Suez, permettant au porte-avions français désarmé de poursuivre son ultime voyage pour se faire désamiantier en Inde. Le ministère égyptien de l'Environnement a repris dans un communiqué l'argumentation française, considérant que le Clemenceau, désarmé en 1997, reste un bâtiment de guerre, et ne relève pas de la convention de Bâle sur le transport des déchets dangereux.

Revenant sur sa position de la veille, le ministère de l'Environnement a ainsi affirmé dimanche avoir obtenu des informations suffisantes de la France, mais aussi de l'Inde pour donner son feu vert au passage du Clemenceau. "Les documents reçus par l'ambassade de France au Caire", et transmis aux autorités égyptiennes, "affirment que le Clemenceau en tant que bâtiment de guerre est toujours une propriété de l'Etat français, ce qui signifie que d'un point de vue juridique, (son transit par le canal) n'est pas en contradiction avec la convention de Bâle", a indiqué le communiqué officiel.

Le Clem à l'entrée du Canal de Suez

Le ministère a affirmé aussi que suite à la décision du "gouvernement français d'exporter le Clemenceau dans son état actuel et à l'acceptation par l'Inde de l'accueillir pour y être démantelé, le porte-avions français ne menacerait pas l'environnement en Egypte au cas où il serait autorisé à traverser le canal de Suez". Enfin, toujours selon le ministère égyptien de l'Environnement, "une lettre de l'ambassade de l'Inde en France affirme que les autorités responsables de l'Environnement dans l'Etat indien de Gujarat ainsi que les autorités portuaires ont accepté d'accueillir le Clemenceau et de le démanteler".

En attente dans les eaux internationales depuis jeudi, l'ex-fleuron de la marine nationale française a immédiatement gagné les eaux égyptiennes pour aller mouiller à Port Saïd, à l'embouchure du canal de Suez. Aujourd'hui réduit à une coque après avoir sillonné pendant quarante ans, les mers du globe, le Clemenceau doit achever ses jours dans le chantier Shree Ram Scrap Vessel à Alang dans le Gujarat. Parti le 31 décembre du port français de Toulon, le Clemenceau avait pris la route sans attendre un arrêt final de la Cour suprême indienne. Un premier avis défavorable a été rendu par des experts le 6 janvier.

L'organisation écologiste Greenpeace, dont deux militants sont restés jeudi et vendredi à bord du Clemenceau, ainsi que des experts indiens auprès de la Cour suprême, considéraient que la Convention de Bâle devait strictement s'appliquer. Greenpeace, et d'autres ONG écologistes françaises avaient réclamé le retour du Clemenceau en France, dénonçant le coût humain des travaux réalisés dans des chantiers mal préparés, selon elles, aux risques pour la santé du désamiantage.

D'après AFP

le 15 janvier 2006 à 12:18
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

9 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Alex, le 16/01/2006 à 08h12

    Les travailleurs Indiens demanderont toujours moins d'indemnitès pour contamination à l'amiante après avoir demandé un salaire bien moins important pour se faire comtaminer que les Français. Y a pas de petite économie on dirait... enfin si c'est comme ça que le gouvernement Villepin décide de réduire la dette de l'Etat...

  • Xx, le 15/01/2006 à 23h06

    Geenpeace travail pour le compte d'une puissance ennemie pour gener la France autant que possible, sa base est certainement honnete, mais pas ses dirigeants qui poursuivent des buts obscurs.

  • Gilles, le 15/01/2006 à 22h22

    Arrêtons de dire et laisser dire n'importe quoi. Les français découvrent qu'un bateau ça se démentèle. La France montre au contraire l'exemple. Tous les navires du monde sont depuis plusieurs decennies gavés d'amiante et il n'y a pas que le Clemenceau en fin de vie. Quid des autres? Or la France elle a au moins le mérite d'avoir déjà effectué un gros travail de désamiantage peut être pas à 100% mais combien de pays ont déjà engagé ce type de procédure ? En ce qui concerne les ouvriers indiens et Pakistanais il n'est certe jamais trop tard pour s'inquiéter de leur sort mais celà ne va pas durer très longtemps et les navires dangereux, et plus que le Clémenceau, continueront à être démentelés. Les petites mains seront rapidement oubliées lorsqu'elles s'occuperont des chimiquiers, gaziers, pétroliers gavés de résidus de toute sortes qui auront durant leur carrière contribué au petit confort quotidien de ceux qui s'offusquent aujourd'hui de manière très intéressée et éphémère. Ce mélange de naiveté et d'hypocrisie est tout à la fois choquant et méprisable. Ce n'est pas en se donnant bonne conscience à peu de frais en se laissant complaisamment manipulé par une organisation douteuse qui cherche à retrouver de généreux donnateurs pour remplir ses caisses sans doute un peu à sec que l'on résoudra les vrais problèmes présents et à venir de notre société et de la planète.

  • OlivierL, le 15/01/2006 à 19h43

    C'est fou le nombre de gens qui peuvent se prononcer sur un dossier qui est très vague à notre niveau, les uns dénonçant le risque humain, les autres le fait que le clémenceau aurait du être coulé, etc ... Le site indien a été choisi car il répondait aux normes internationales de sécurité au niveau humain sur le désamiantage. Il ne devrait donc pas avoir polémique sur ce point, et pourtant ... D'un autre coté on voit greenpeace, toujours là pour casser du gouvernement, pour passer ses idées proches de l'extrême gauche, bref des réactionnaires. Et nous savons tous que greenpeace a déjà menti par le passé ! Cette histoire pue la politique, ni plus ni moins.

  • Olivier, le 15/01/2006 à 19h01

    A mourir de rire !! l'Egypte qui s'inquiéte pour l'environnement !!!! La façon dont les pays en voie de développement (et qui se "foutent" pas mal de la pollution) singent l'Occident ne trompe personne... A ce rythme ils vont nous donner des leçons sur les droits de l'Homme !!! Et les cuistres qui s'indignent sur cette tribune de TF1 feraient bien de garder leur énergie pour dénoncer les conditions de travail en Inde... Les Tartuffes ont encore de beaux jours en France !!!

  • Denis, le 15/01/2006 à 16h02

    Cette histoire du Clemenceau est une honte pour la France ! Notre ministre de la défense montre enfin son véritable visage. MAM n'a que faire des risques encourus en Inde par les ouvriers qui travailleront sur le Clemenceau...

  • Jean, le 15/01/2006 à 15h37

    Lamentable! Un bâtiment militaire a le droit de polluer la planète et d'autres populations non équipées pour effectuer ce travail de désamiantage. Bravo la France, donneur de leçons sur l'écologie et le réchauffement de la planète.

  • Vastre, le 15/01/2006 à 15h10

    On devrait classer Jussieu "bâtiment de guerre". Ainsi on serait débarrassé d'un autre problème d'amiante !

  • PEDRO, le 15/01/2006 à 13h54

    Ces ONG et Grenpeace s en foute completement des travailleur Indiens, il faut dire ce qui est, ils veulent juste se faire entendre, il faut bien qu ils soient médiatiser et ils en profitent comme n'importe qui.

Lire tous les commentaires

      logAudience