© lciL'Egypte a donné dimanche son feu vert au transit du Clemenceau par le canal de Suez, permettant au porte-avions français désarmé de poursuivre son ultime voyage pour se faire désamiantier en Inde. Le ministère égyptien de l'Environnement a repris dans un communiqué l'argumentation française, considérant que le Clemenceau, désarmé en 1997, reste un bâtiment de guerre, et ne relève pas de la convention de Bâle sur le transport des déchets dangereux.
Revenant sur sa position de la veille, le ministère de l'Environnement a ainsi affirmé dimanche avoir obtenu des informations suffisantes de la France, mais aussi de l'Inde pour donner son feu vert au passage du Clemenceau. "Les documents reçus par l'ambassade de France au Caire", et transmis aux autorités égyptiennes, "affirment que le Clemenceau en tant que bâtiment de guerre est toujours une propriété de l'Etat français, ce qui signifie que d'un point de vue juridique, (son transit par le canal) n'est pas en contradiction avec la convention de Bâle", a indiqué le communiqué officiel.
Le Clem à l'entrée du Canal de Suez
Le ministère a affirmé aussi que suite à la décision du "gouvernement français d'exporter le Clemenceau dans son état actuel et à l'acceptation par l'Inde de l'accueillir pour y être démantelé, le porte-avions français ne menacerait pas l'environnement en Egypte au cas où il serait autorisé à traverser le canal de Suez". Enfin, toujours selon le ministère égyptien de l'Environnement, "une lettre de l'ambassade de l'Inde en France affirme que les autorités responsables de l'Environnement dans l'Etat indien de Gujarat ainsi que les autorités portuaires ont accepté d'accueillir le Clemenceau et de le démanteler".
En attente dans les eaux internationales depuis jeudi, l'ex-fleuron de la marine nationale française a immédiatement gagné les eaux égyptiennes pour aller mouiller à Port Saïd, à l'embouchure du canal de Suez. Aujourd'hui réduit à une coque après avoir sillonné pendant quarante ans, les mers du globe, le Clemenceau doit achever ses jours dans le chantier Shree Ram Scrap Vessel à Alang dans le Gujarat. Parti le 31 décembre du port français de Toulon, le Clemenceau avait pris la route sans attendre un arrêt final de la Cour suprême indienne. Un premier avis défavorable a été rendu par des experts le 6 janvier.
L'organisation écologiste Greenpeace, dont deux militants sont restés jeudi et vendredi à bord du Clemenceau, ainsi que des experts indiens auprès de la Cour suprême, considéraient que la Convention de Bâle devait strictement s'appliquer. Greenpeace, et d'autres ONG écologistes françaises avaient réclamé le retour du Clemenceau en France, dénonçant le coût humain des travaux réalisés dans des chantiers mal préparés, selon elles, aux risques pour la santé du désamiantage.
D'après AFP
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