Clemenceau : l'Egypte attend des documents

le 13 janvier 2006 à 08h30 , mis à jour le 13 janvier 2006 à 18h39

L'Autorité du canal de Suez a démenti jeudi soir l'information, pourtant donnée par l'Agence égyptienne pour l'environnement, selon laquelle le porte-avions français était interdit de passage. Toutefois, l'Autorité attend "les certificats prouvant que la charge répond aux normes de respect de l'environnement nécessaires pour traverser le canal". A Paris, on assure n'avoir reçu aucune notification d'interdiction.

clemenceau porte-avions amiante © INTERNE

Passera, passera pas ? L'Autorité "n'empêche aucun navire de traverser le Canal mais ceux transportant des débris de métal doivent répondre aux conditions de respect de l'environnement agréées au plan international, dont l'accord du port d'où le navire a débarqué et du premier port où il doit arriver", selon  une source autorisée de l'autorité du canal de Suez citée par l'agence égyptienne MENA. Cependant, l'Autorité attend  "les certificats prouvant que la charge répond aux  normes de respect de l'environnement nécessaires pour traverser le canal", poursuit l'agence.

Le ministère français de la Défense avait lui-même assuré jeudi soir n'avoir reçu aucune notification d'interdiction. "On nous demande des compléments d'information techniques, nous sommes en train d'apporter les précisions requises", avait déclaré Jean-François Bureau, porte-parole du ministère. Mercredi soir, pourtant, le directeur de l'Agence égyptienne pour l'environnement, Mohammed Sayyed Khalil, avait indiqué que l'Egypte avait "décidé d'interdire au Clemenceau de pénétrer dans les eaux territoriales égyptiennes (...) dans l'attente d'un document attestant qu'il ne transporte pas des déchets dangereux", aux termes de la convention de Bâle.

L'Inde doit prendre une décision

Parti le 31 décembre de France, le Clemenceau doit arriver dans deux mois en Inde pour être désamianté et démantelé sur le chantier Shree Ram Scrap Vessel à Alang dans l'Etat du Gujarat. Le navire français poursuit sa route dans l'attente d'une décision finale de la Cour suprême indienne, alors que Greenpeace et l'organisation Ban Asbestos (Eliminer l'amiante) réclament le retour immédiat du navire en France.

Les organisations dénoncent le coût humain des travaux réalisés dans des chantiers mal préparés aux risques pour la santé des opérations de désamiantage. Le canal de Suez, inauguré en 1869 et nationalisé en 1956, est un canal long de 163 km qui relie Port-Saïd, port égyptien donnant sur la Méditerranée, et Suez qui donne sur la mer Rouge. Il permet aux navires d'aller d'Europe en Asie sans devoir contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Les deux militants de Greenpeace, qui avaient fait irruption par surprise jeudi matin sur le porte-avions français Clemenceau pour dénoncer les condition de son démantèlement en Inde, ont quitté "volontairement" le navire vendredi.

(Image d'archive)

le 13 janvier 2006 à 08:30
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3 Commentaires

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  • Alain, le 13/01/2006 à 10h29

    Je pense que cette situation ubuesque résulte du seul fait qu'il s'agit d'un navire nommé "Clémenceau" et donc d'un navire français ! Si les chantiers indous sont vraiment hors norme au niveau de la sécurité des ouvriers, qu'attend l'Inde pour les fermer ou les rénover ? Les carcasses de navires qu'ils reçoivent quotidiennement sont-ils plus "propres" que le Clémenceau ??? Il y a derrière cette situation un symbol politico-écologique sanctuarisé par Greenpeace qui n'a pour seul but que de poser des problèmes à la France. Avec les USA et le père Bush, la situation se serait vite clarifiée !!!

  • Stephane, le 13/01/2006 à 09h56

    Greepeace et Ban Asbestos sont "bien gentils", mais déjà que le pays est dans la mouise, il faudrait peut être éviter de tout faire pour que le contribuable ait à supporter le coût d'un rapatriement en France de la carcasse du "Clem", alors que son dernier voyage et son démantellement en Indice sont "payé" par la feraille qui en sera issue. On s'émeut pour cette épave du Clem, alors qu'en Inde et ailleurs, des navires autant et voire plus "chargés" en Amiante, sont démentellés tous les jours. Et la Tour Montparnasse ? et les Centaines de Parkings publics et garages qui sont encore floqués Amiante, les bâtiments ? C'est en France que ça se passe... Au lieu d'aller faire les guignols à grands frais au large de l'Egypte, il faudrait peut-être commencer par sensibiliser et communiquer, Chez Nous, ici...

  • Moi, le 13/01/2006 à 09h50

    Bonjour, qu'on le ramenne à Toulon où nous sommes capables de le traiter en totalité et ça fera du travail pour la France. Evidemment, il y a le coût qui est le seul veritable probleme à mon sens. Il nous revient d'assumer la totalité du traitement de ce navire qui a été le fleuron de la marine nationale. Maintenant, il faut agir et prendre nos responsabvilités et non les refiler aux autres.

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