© AFPtf1.fr : Que pensez-vous de l'action menée en justice par Karine et Elodie, ce couple de femmes homosexuelles, pour que la CPAM leur accorde un congé paternité pour l'enfant qu'elles vont avoir dans un mois ?
Chez SFR, les salariés homosexuels pourraient bientôt avoir droit à leur congé paternité
Le groupe de télécommunications a accepté le principe visant à accorder onze jours de congés à ses collaborateurs homosexuels dont le conjoint a eu un enfant. Une première pour l'entreprise qui figure au menu des discussions syndicales.
Publié le 13/02/2012
Nadine Morano, députée UMP de Meurthe-et-Moselle : Cette demande n'a aucune chance d'aboutir, puisque la loi parle d'un congé de " paternité ". Mais cette affaire a le mérite de mettre en exergue le fait que dans notre société il y a des familles homoparentales. D'après les associations, 100 000 enfants sont élevés ainsi. C'est la seule référence que nous possédons, puisque l'Insee ne répertorie pas ces cellules familiales.
tf1.fr : Pourquoi êtes vous pour une modification de la loi ?
"Il faut autoriser la procréation médicalement assistée en France" |
N.M. : La problématique est simple : soit on empêche les femmes homosexuelles qui ont eu recours à une insémination artificielle d'accoucher en France, soit on leur permet d'accoucher -et c'est le cas - et alors on leur donne des droits pour tous les jours, que se soit en matière sociale, éducative ou successorale. En matière d'adoption, un couple mère-père a bien droit aux congés de maternité et de paternité. Pourtant ce n'est pas leur enfant. Il faut des droits égaux pour tout le monde et donc transformer la loi en mettant congé de "parentalité" à la place de "paternité". Si nous voulons nous occuper de l'intérêt des enfants qui vivent dans des familles homoparentales, nous devons regarder la réalité en face et regarder de quelle façon leur donner des droits qui leur permettent de vivre en toute sécurité. En même temps, je suis pour la mise en place de gardes fous, comme s'assurer que les deux parents vivent sous le même toit.
tf1.fr : "Je suis favorable à l'idée d'une adoption simple dès lors qu'on élève l'enfant depuis plus de 5 ans"
Vous êtes députée UMP. Ne vous sentez-vous pas un peu isolée alors que 175 élus UMP et UDF viennent de signer un manifeste contre l'adoption par des couples homosexuels ?
N.M. : Pas du tout ! J'aurai même pu signer le texte puisqu'ils se disent avant tout préoccupés par " l'intérêt supérieur de l'enfant ". Mais ils ne regardent pas la réalité en face. Aujourd'hui, 48% des enfants naissent hors mariage. 25% ne vivent qu'avec un seul parent. On est dans un cadre de société où il y a une progression des mariages, mais aussi des divorces. Où il y a des familles recomposées et homoparentales. Et aussi dans une société où nos concitoyennes vont en Belgique pour avoir recours à une procréation médicalement assistée (PMA). La PMA doit être autorisée en France. Ce qui n'oblige pas pour autant à ce qu'elle soit prise en charge par la sécurité sociale.
tf1.fr : La mission famille mise en place à l'Assemblée nationale doit annoncer jeudi quelques propositions novatrices, notamment concernant la délégation de responsabilité parentale...
N.M. : On va vers une amélioration. Il va être proposé la possibilité de signer des conventions, sous seing privé, donc devant notaire, qui délèguent au conjoint homosexuel les droits parentaux. Il pourra ainsi aller chercher l'enfant à l'école, prendre des décisions sur des actes médicaux... comme s'il était le vrai père ou la vraie mère. Cela permettra de régler beaucoup de choses dans le quotidien. Mais on aurait pu aller plus loin. Je suis personnellement favorable à l'idée d'une adoption simple dès lors qu'on élève l'enfant depuis plus de cinq ans. Cette proposition sera d'ailleurs annexée au rapport que publiera la mission. Mais sur ces questions, il faut y aller par paliers car, vous l'aurez sans doute remarqué, le sujet est particulièrement épidermique entre élus...
Photo : Nadine Morano (AFP)
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