© INTERNEEn 2005, 3.775.838 crimes et délits ont été constatés contre 3.825.442 en 2004, soit une baisse de 1,3%. Amorcée au second semestre 2002, la baisse générale de la délinquance se confirme donc mais à un rythme moins soutenu qu'en 2003 et 2004 (-3,38% et -3,76%). Depuis 2002 (4.113.882 faits), la délinquance a baissé de 8,2%. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a commenté ces chiffres jeudi lors de la présentation de ses voeux à la presse. "En quatre ans, la politique gouvernementale aura permis d'éviter 765.000 victimes", a-t-il déclaré.
Comme prévu, les émeutes de novembre ont pesé lourd même si toute comparaison est difficile car l'indicateur des violences urbaines a été mis en place cette année : 110.000 faits ont été relevés, dont plus de 45.000 incendies de véhicules, près de 7.000 des incendies de biens publics, plus de 5.000 actes de violences à l'encontre des représentants des services publics.
Violence sur personnes
Pour le seul mois de novembre où sont survenues les émeutes, plus de 28.000 faits ont été relevés, soit plus de trois fois la moyenne mensuelle. Mais avant même cette flambée de violence dans les banlieues, une hausse de la violence aux personnes avait été relevée, avec une accélération durant le second semestre 2005. A l'exception notable des violences sexuelles, tous les types de violences ont progressé : violences physiques non crapuleuses, violences physiques crapuleuses, menaces de violences.
Une source policière donne trois causes à cette hausse constatée : "La société est de plus en plus violente, le développement des moyens de protection des biens font que le vol passe davantage par la violence et, dans le cadre familial, la tendance à déposer plainte augmente". Selon cette source, ce sont "les faits les moins graves qui augmentent énormément".
Objectifs et priorités
Mais cette violence quotidienne est sans doute plus importante que ne le montrent les chiffres officiels, à en croire une récente étude de l'Observatoire national de la délinquance (OND) : deux actes de violence gratuite sur trois et neuf injures ou menaces sur dix ne font pas l'objet de plainte. Dès septembre, Nicolas Sarkozy avait reconnu que ce domaine n'était "pas maîtrisé" et demandait aux préfets de "mettre le paquet".
Nicolas Sarkozy a insisté sur le taux d'élucidation des affaires : un coupable sur quatre était arrêté en 2002 (26%) ; il y en a eu un sur trois en 2005 (33%), a-t-il assuré. Pour 2006, le ministre a fixé deux objectifs : faire baisser la délinquance de 3% et faire grimper le taux d'élucidation à 35%.
Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur a fixé six priorités pour lutter contre la délinquance, qui "correspondent au besoin d'autorité qu'expriment les Français" : la création d'une police ferroviaire, le renforcement de la sécurité à l'école, la lutte contre les bandes, la lutte contre les violences contre les personnes, "la question des mineurs" et la violence dans les stades.
D'après AFP
photo : TF1
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