Une vingtaine de jeunes gens au moins, dont trois seulement ont pu être interpellés, ont écumé un trainNice-Lyon en gare des Arcs (Var) le jour du Nouvel An, semant la terreur parmi les 600 passagers, dont certains ont été violentés et rançonnés.
Deux jeunes gens de 19 ans, soupçonnés d'avoir participé à cette équipée sauvage, ont été placés en détention provisoire à l'issue de leur comparution immédiate lundi devant le tribunal correctionnel de Draguignan, dans l'attente de leur procès, renvoyé au 6 mars. Les deux prévenus de nationalité marocaine devront répondre de vols en réunion et, en plus pour l'un des deux, d'atteinte sexuelle en réunion. L'un des deux serait en situation irrégulière sur le territoire, selon le parquet qui procédait à des vérifications. Un mineur, également arrêté, sera jugé séparément.
Billets à 1,20 euro
Il est 07H00 le 1er janvier: l'arrêt en gare des Arcs du train Nice-Lyon, prévu pour ne durer que quelques minutes, se transforme en scène de Far-West. A bord du train bondé, plusieurs bandes de jeunes, entre 20 et 30 personnes en tout, selon les témoins, sèment la terreur.
Selon les gendarmes, ils font partie d'un groupe d'une centaine de jeunes des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse, descendus la veille réveillonner et faire la fête à Nice, Cannes et Fréjus, grâce au tarif spécial Nouvel An à 1,20 euro mis en place par la SNCF sur les lignes régionales.
Le lendemain, ils reprennent le premier Corail Nice-Lyon. Dès le départ de Nice, des incidents sont signalés. Des passagers sont dépouillés de leur téléphone portable. Des bousculades surviennent. Un couple de Parisiens de 25 ans est méthodiquement dépouillé de ses portefeuilles, cartes bancaires, téléphones portables. Prise à partie par tout un groupe, une jeune fille de 20 ans, domiciliée à Besançon, subit des violences sexuelles. "T'es mort. Tu vas crever!", lancent certains des agresseurs à l'encontre de passagers qui ont osé alerter des contrôleurs.
Apeurés, des voyageurs s'enferment dans les compartiments. "C'était une véritable scène de pillage du train", a raconté lundi à l'audience le procureur de Draguignan, Dominique Luiggi. Le chef contrôleur fait alors usage de son "droit de retrait", appelle les gendarmes, et prend la décision de stopper le train en gare des Arcs, estimant que la sécurité des passagers n'est plus assurée.
"Mouvements de panique"
Des gendarmes arrivent. Il ne sont que trois et doivent, de plus, attendre un dépôt de plainte formelle de la SNCF avant de monter à bord, d'où le délai de blocage en gare d'une heure et demie, explique Alain Wiart, directeur de la communication de la SNCF de la région PACA.
Pendant ce temps, les jeunes continuent leurs saccages: poubelles renversées, sièges et rideaux lacérés, vitres fendues. Des "mouvements de panique" sont observés parmi les 600 passagers du train, rapporte le procureur.
Trois jeunes, dont un mineur, sont alors interpellés en gare des Arcs. Il faudra l'intervention massive de renforts de diverses brigades de gendarmerie ainsi que de pelotons de surveillance et d'intervention de Draguignan et de Fréjus, qui montent à bord, pour que le train puisse repartir.
Peu avant l'arrivée en gare à Marseille, dans la confusion générale la plupart des jeunes toujours à bord, parviennent à s'échapper. Ils tirent le signal d'alarme et s'enfuient sur les voies, au péril de leur vie. Selon la SNCF, ce train avait bien fait l'objet d'un accompagnement par la police ferroviaire et un chien, mais seulement entre Nice et Saint-Raphaël. La SNCF a porté plainte pour vandalisme. D'après AFP
(Image : la gare SNCF des Arcs)







