L'effroyable voyage des passagers du Nice-Lyon

le 03 janvier 2006 à 14h53 , mis à jour le 04 janvier 2006 à 21h40

Une bande de délinquants a terrorisé et dépouillé les passagers du train Nice-Lyon en gare des Arcs dans le Var le 1er janvier. Deux suspects ont été placés en détention provisoire à l'issue de leur comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Draguignan. La justice tentera de faire la lumière sur ces accusations le 6 mars prochain.

gare Var Draguignan

Une vingtaine de jeunes gens au moins, dont trois seulement ont pu être interpellés, ont écumé un train Nice-Lyon en gare des Arcs (Var) le jour du Nouvel An, semant la terreur parmi les 600 passagers, dont certains ont été violentés et rançonnés.

Deux jeunes gens de 19 ans, soupçonnés d'avoir participé à cette équipée sauvage, ont été placés en détention provisoire à l'issue de leur comparution immédiate lundi devant le tribunal correctionnel de Draguignan, dans l'attente de leur procès, renvoyé au 6 mars. Les deux prévenus de nationalité marocaine devront répondre de vols en réunion et, en plus pour l'un des deux, d'atteinte sexuelle en réunion. L'un des deux serait en situation irrégulière sur le territoire, selon le parquet qui procédait à des vérifications. Un mineur, également arrêté, sera jugé séparément.

Billets à 1,20 euro

Il est 07H00 le 1er janvier: l'arrêt en gare des Arcs du train Nice-Lyon, prévu pour ne durer que quelques minutes, se transforme en scène de Far-West. A bord du train bondé, plusieurs bandes de jeunes, entre 20 et 30 personnes en tout, selon les témoins, sèment la terreur.

Selon les gendarmes, ils font partie d'un groupe d'une centaine de jeunes des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse, descendus la veille réveillonner et faire la fête à Nice, Cannes et Fréjus, grâce au tarif spécial Nouvel An à 1,20 euro mis en place par la SNCF sur les lignes régionales.

Le lendemain, ils reprennent le premier Corail Nice-Lyon. Dès le départ de Nice, des incidents sont signalés. Des passagers sont dépouillés de leur téléphone portable. Des bousculades surviennent. Un couple de Parisiens de 25 ans est méthodiquement dépouillé de ses portefeuilles, cartes bancaires, téléphones portables. Prise à partie par tout un groupe, une jeune fille de 20 ans, domiciliée à Besançon, subit des violences sexuelles. "T'es mort. Tu vas crever!", lancent certains des agresseurs à l'encontre de passagers qui ont osé alerter des contrôleurs.

Apeurés, des voyageurs s'enferment dans les compartiments. "C'était une véritable scène de pillage du train", a raconté lundi à l'audience le procureur de Draguignan, Dominique Luiggi. Le chef contrôleur fait alors usage de son "droit de retrait", appelle les gendarmes, et prend la décision de stopper le train en gare des Arcs, estimant que la sécurité des passagers n'est plus assurée.

"Mouvements de panique"

Des gendarmes arrivent. Il ne sont que trois et doivent, de plus, attendre un dépôt de plainte formelle de la SNCF avant de monter à bord, d'où le délai de blocage en gare d'une heure et demie, explique Alain Wiart, directeur de la communication de la SNCF de la région PACA.

Pendant ce temps, les jeunes continuent leurs saccages: poubelles renversées, sièges et rideaux lacérés, vitres fendues. Des "mouvements de panique" sont observés parmi les 600 passagers du train, rapporte le procureur.

Trois jeunes, dont un mineur, sont alors interpellés en gare des Arcs. Il faudra l'intervention massive de renforts de diverses brigades de gendarmerie ainsi que de pelotons de surveillance et d'intervention de Draguignan et de Fréjus, qui montent à bord, pour que le train puisse repartir.

Peu avant l'arrivée en gare à Marseille, dans la confusion générale la plupart des jeunes toujours à bord, parviennent à s'échapper. Ils tirent le signal d'alarme et s'enfuient sur les voies, au péril de leur vie. Selon la SNCF, ce train avait bien fait l'objet d'un accompagnement par la police ferroviaire et un chien, mais seulement entre Nice et Saint-Raphaël. La SNCF a porté plainte pour vandalisme. D'après AFP

(Image : la gare SNCF des Arcs)

le 03 janvier 2006 à 14:53
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128 Commentaires

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  • Pat, le 04/01/2006 à 11h50

    Un abruti qui roule en BMW a 220 km/h et faisant des appeles de phare( car il est tout a fait normal selon lui de le laisser passer) sur autoroute merire autant la prison (voire plus) qu'un abruti de jeune bourré dans le train et foutant le bordel...

  • JACK, le 04/01/2006 à 11h44

    C'est une honte nationale que la SNCF n'assure pas la sécurité de ses clients. Beaucoup est fait pour les droits des délinquants ; et ceux des victimes alors ? Arragon, Paris la securité est assuré par un ou plusieurs controleurs.Sécurite, tranquillite du voyage et non celle des clients contre une bande organise.IL me parait difficile de mettre une brigade de CRS dans chaque train.Il faut connaitre le milieu pour en parler.

  • Momo, le 04/01/2006 à 11h40

    Entre les personnes qui reprochent a Sarkozy ces actes de delinquance et ceux qui l'accusent d'etre trop a droite, on comprend que ca doit etre difficile de gouverner. Le boulot de Sarkozy est que les criminels soient arretes, ce qu'il reussit tres bien. Apres, si la Justice les relache, ce n'est tout de meme pas sa faute !

  • Stéphane, le 04/01/2006 à 11h30

    Pour répondre à Maub de Nice, la SNCF a bien porté plainte pour dégradations de biens et aggressions sur personne. La SNCF a-t-elle eu un défaut de prévoyance ? Déjà on peut se douter que la SNCF ne pensait pas qu'une telle affaire arriverait à bord de son Corail. Entre Nice et St Raphael, une équipe de la Surveillance Générale SNCF a patrouillé à bord. A chaque grève d'agents SNCF, on entend parler d'un manque d'effectifs qui laisse souvent les contrôleurs seuls ou à 2 à bord des trains et, en même temps, sur ce site, des réactions pestent contre les cheminots traîtés de fainéants. Cette affaire montre bien que la SNCF ne laisse plus assez de personnel à bord pour assurer la sécurité de ses voyageurs et que les cheminots ont donc de bonnes revendications pour le bien-être des voyageurs.

  • François, le 04/01/2006 à 11h24

    C'est effroyable, mais nous laissons (collectivement) faire, en plaignant les voyous plutôt que les victimes... Il y a une absence de sanctions pénales, on n'a pas construit de prisons, dès lors les voyous sont en liberté et les honnêtes citoyens enfermés (chez eux, en ayant peur de sortir...). C'est notre choix. Les USA avaient eux aussi un problème de délinquance, et ils l'ont résolu: c'est donc possible de retrouver des villes calmes avec le respect des personnes. Il suffit de le faire ! Quand je pense que c'est soi-disant la droite qui est au pouvoir ! C'est ridicule, et Sarkozy est un tigre de papier .

  • VARDON, le 04/01/2006 à 11h20

    En réponse à Patrick de Montpellier, ce n'est pas la SNCF qui a décidé de faire des billets à 1,20 € mais l'autorité organisatrice des transports : le Conseil Régional.

  • Syndrael, le 04/01/2006 à 11h20

    Heureusement que ces jeunes ont payé leur billet à 1€20.. Ce fut une opération organisée de toute pièce. Et n'arrêter de 2 sur plus de 20 délinquants c'est une honte. Je pense à toutes les perosnnes ainsi que qu'à la femme qui a subi des violences sexuelles, qu'ont fait les controleurs? Il n'est pas que là pour composter des billets, il a aussi une reponsabilité plus qu'efficace. S.

  • Jeal, le 04/01/2006 à 11h14

    C'est une honte que la police ne soit pas capable d'arrêter plus de 3 personnes sur une centaine? les chiffres divergent, on ne sait même pas ni de protéger les victimes qui ont peur de témoigner. Pensez aussi à l'image de la France pour les touristes, notra pays a réellement mauvaise réputation pour la sécurité quand on parle à l'étranger, et ils ont raison, on peut faire orange mécanique dans un train.

  • Geoffrey, le 04/01/2006 à 11h12

    Le parallele d'un autre internaute avec les radars automatiques est intéressant. En effet, la propagande actuelle présente une personne en excès de vitesse comme le pire des délinquants alors qu'un délinquant est une victime de la société. Nos prisons sont pleines de victimes de la sociétés. Je pense sincerement que la France est au bord d'une guerre civile. La fracture sociale que Mr Chirac souhaitait fermer s'est en fait transformée en une faille béante. Que vont devenir les jeunes interpellés? Condamnés a quelque TIG et de la prison avec suris. Puis après l'état va leur payer des stages de reinsertion sociale : VTT, canoé etc... gratos ! Et les VRAIES victimes dans tout ca? La jeune fille agressée sexuellement? Elle, va etre laissée pour compte, ravagée psychologiquement... Je n'aime pas beaucoup Mr Sarkozy, et je vote socialiste, mais chemin faisant je me dis que peut etre, sur le fond il n'a pas tort. Peut etre la forme qu'il donne a tout ca est fausse, mais je commence vraiment a remettre en question mes convictions politiques.

  • Serge, le 04/01/2006 à 10h41

    Désolé pour notre ami Suisse, mais Sarkozy ne nous sera d'aucune aide pour tirer les Français d'affaire... puisque c'est pour préserver l'illusion d'un réveillon sans violence (et mentir aux Français) que l'information a été CENSUREE PENDANT 2 JOURS par le gouvernement.

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