L'Egypte refuse le passage du Clemenceau à Suez

le 12 janvier 2006 à 16h25 , mis à jour le 12 janvier 2006 à 21h50

Dans l'attente d'un document officiel, Le Caire a refusé jeudi l'accès du porte-avions français au canal de Suez en direction de l'Inde pour son désamiantage. L'Egypte aurait pris cette décision avant l'opération "coup de poing" jeudi matin de Greenpeace.

depart clemenceau toulon

L'Egypte a refusé l'accès du porte-avions français Clemenceau au canal de Suez en direction de l'Inde pour son désamiantage. Motif : l'information donnée par l'organisation écologiste Greenpeace a été confirmée de sources officielles égyptiennes.

Le directeur de l'Agence égyptienne pour l'environnement, Mohammed Sayyed Khalil, a indiqué que l'Egypte avait pris cette décision mercredi soir, avant même l'opération "coup de poing" menée jeudi matin par Greenpeace. "Nous avons décidé d'interdire au Clemenceau de pénétrer dans les eaux territoriales égyptiennes", a-t-il dit, "dans l'attente d'un document attestant qu'il ne transporte pas des déchets dangereux", aux termes de la convention de Bâle.

Aucune décision de refus de l'ex-porte-avions Clemenceau dans le canal de Suez n'a été notifiée aux autorités françaises par les autorités égyptiennes, a affirmé le ministère de la Défense. "On nous demande des compléments d'information techniques, nous sommes en train d'apporter les précisions requises", a déclaré Jean-François Bureau, porte-parole du ministère.

"L'Egypte doit adopter la position de l'Inde"

Jeudi matin, deux militants de l'organisation écologique étaient par surprise montés à bord du porte-avion tôt pour entraver l'avancée du navire français en Méditerranée. Objectif de Greenpeace : "remettre en lumière le caractère illégal de ce transport" et "faire pression" sur l'Egypte, signataire de la convention de Bâle sur les déchets dangereux pour qu'elle refuse l'accès du porte-avions au canal de Suez.

C'est en vertu de cette convention qu'à Bombay, une commission de la Cour suprême indienne a émis le 6 janvier un premier avis défavorable au désamiantage et au démantèlement en Inde du Clemenceau. "L'Egypte doit adopter la position de l'Inde", a affirmé Martin Besieux, précisant qu'une fois que le Clemenceau aura passé le Canal de Suez, "il sera impossible de le faire revenir dans les eaux européennes".

Greenpeace, selon qui le désamiantage n'a pas été effectué correctement en France, souhaite provoquer "un imbroglio juridique" entre la France et l'Egypte. "Il s'agit de voir si l'Egypte prendra la position frauduleuse de la France", a dit Martin Besieux, porte-parole de Greenpeace au Caire qui devait s'entretenir avec des responsables égyptiens pour les convaincre de bloquer le porte-avions.

Dans deux mois en Inde

Le Clemenceau est tiré par un remorqueur et escorté par un navire de la marine nationale française. Personne n'est à bord, ce qui a facilité l'opération de Greenpeace, selon Jean-François Bureau, porte-parole de la Défensé. Lorsque les militants sont montés à bord, un hélicoptère venu du navire escorteur a survolé le porte-avions sans s'y poser, a-t-il ajouté. "Nous effectuons des vérifications pour savoir s'il y a infraction ou délit" dans cette opération, a déclaré le porte-parole français.

Parti le 31 décembre de France, le Clemenceau doit arriver dans deux mois en Inde pour être désamianté et démantelé sur le chantier Shree Ram Scrap Vessel à Alang dans l'Etat du Gujarat. Le navire français poursuit sa route dans l'attente d'une décision finale de la Cour suprême indienne, alors que Greenpeace et l'organisation Ban Asbestos (Eliminer l'amiante) réclament le retour immédiat du navire en France. Elles dénoncent le coût humain des travaux réalisés dans des chantiers mal préparés aux risques pour la santé des opérations de désamiantage.

Le canal de Suez, inauguré en 1869 et nationalisé en 1956, est un canal long de 163 km qui relie Port-Saïd, port égyptien donnant sur la Méditerranée, et Suez qui donne sur la mer Rouge. Il permet aux navires d'aller d'Europe en Asie sans devoir contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance.

le 12 janvier 2006 à 16:25
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9 Commentaires

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  • Rainbow warrior, le 12/01/2006 à 18h26

    Enfin quelqu'un s'oppose à cette honte. Le désamiantage du Clem' va détruire la santé des pauvres gens qui sont obligés de se mettre en danger pour survivre (un peu paradoxal non?). Les pays occidentaux ferment les yeux, c'est honteux.

  • Philippe, le 12/01/2006 à 18h22

    C'est à se demander qui, de l'Inde, de la France ou de l'Egypte, se couvre le plus de ridicule dans ce "nouvel ordre mondial".

  • William, le 12/01/2006 à 18h15

    L'inde n'en veut pas dans se ports, L'Egypte n'en veut pas dans son canal. Personne ne veut de notre poubelle il semble.

  • Sebastien, le 12/01/2006 à 18h12

    Qual scandale... L'Egypte n'a jamais refusé le passage du Clémenceau lorsqu'il possedait encore ses moteurs! D'ailleurs, de quel droit l'Egypte bloque le canal de Suez? En a-t-elle le droit juridiquement ??? Ce bateau finira au Cap Vert ou au Bengladesh, où les normes internationales que respectent l'entreprise indienne de demolition ne sont là bas aucunement respectées.

  • Le sagard, le 12/01/2006 à 18h02

    La France est tous les jours ridiculisée,il est temps que cette affaire se termine.De Gaulle n'aurait jamais supporté qu'un batiment aussi glorieux portant un nom des plus prestigieux soit ainsi traité,mais que fait Chirac pour que l'on arrete de salir ainsi notre histoire,ce bateau aurait du rester en France,pour en faire un musée apres restauration,meme si cela aurait couté cher,beaucoup de chose nous coute bien plus par exemple les deplacements intempestifs de nos elus juste pour dire deux mots dans une salle des fetes a moitié remplie.

  • Roger, le 12/01/2006 à 17h44

    Nous aimerions voir GreenPeace avoir la même pugnacité avec la Russie concernant les vieux navires militaires de l'ex URSS, véritables poubelles nucléaires en train de se désagréger dans les ports de la Baltique. Le danger pour l'humanité est autrement plus grand que le Clémenceau.

  • Jean, le 12/01/2006 à 17h27

    Nous sommes ridicules et peut être même criminels.... qu'en pense notre ministre de la Défense????

  • Bastien, le 12/01/2006 à 16h49

    Voilà notre argent où il passe, au lieu de couler cette épave dans une fosse, on le trimballe depuis 1997 sans savoir ce que l'on va en faire mobilisant du personnel et des MILLIARDS!

  • David, le 12/01/2006 à 16h43

    On croirait réver !!!!

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