Euthanasie : "Je n'ai pas pu faire autrement"

le 09 janvier 2006 à 17h45 , mis à jour le 09 janvier 2006 à 17h59

Chantal Chanel, l'infirmière poursuivie pour complicité d'empoisonnement après avoir abrégé les jours d'une patiente cancéreuse, a évoqué son cas de conscience lundi lors d'une conférence de presse. "J'ai réellement eu l'impression de respecter la volonté de la malade", a-t-elle affirmé.

L'heure des soins (LCI) © LCI

L'infirmière Chantal Chanel, renvoyée aux assises pour avoir injecté une substance mortelle à une patiente cancéreuse en fin de vie, a expliqué son geste lundi, lors d'une conférence de presse à Paris. "C'était un contexte vraiment particulier, unique", a dit l'infirmière de 39 ans, qui exerçait à l'hôpital de Saint-Astier, en Dordogne, soulignant que c'était la première fois qu'elle avait participé à une mort assistée. Deux ans auparavant, a-t-elle raconté, un autre médecin lui avait demandé "de faire un cocktail lytique", mélange destiné à donner la mort, "mais je n'étais pas dans ces conditions-là et donc j'ai pu dire non. Mais ce soir là, je n'ai pas pu faire autrement humainement".

Elle a expliqué comment la patiente cancéreuse de 65 ans en était au stade maximum de la souffrance, où même la morphine n'agissait plus, alors que sa vie n'était plus "qu'une question d'heures", selon les termes de son avocat Me Pierre-Olivier Sur. Aussi, le 25 août 2003, n'a-t-elle pas hésité lorsque le médecin Laurence Tramois, également renvoyée devant les assises, lui a laissé une note écrite lui demandant de procéder à une injection mortelle de potassium.

"Je n'aurais jamais pris l'initiative de moi-même, mais dans ce contexte-là, avec le médecin qui me prescrivait ça, humainement, j'ai réellement eu l'impression de respecter la volonté de la malade et sa volonté à elle seule", a expliqué l'infirmière. Elle a assuré que, même si elle n'avait pas laissé de message écrit, cette femme avait clairement fait savoir qu'elle "n'en pouvait plus, qu'elle voulait partir". De plus, a souligné l'infirmière poursuivie pour complicité d'empoisonnement, l'aide-soignante qui était là au moment de l'injection était la belle-fille de la malade, et le médecin aussi lui était liée par des liens familiaux. Il y avait donc un "consensus" de la famille qui, d'ailleurs, ne s'est pas portée partie civile.

Illustration d'ouverture : photo prétexte

le 09 janvier 2006 à 17:45
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