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Euthanasie : une justice "à deux vitesses"


le 06 janvier 2006 à 07h40
Temps de lecture
3min
Palais de Justice de Lyon péristyle

Crédits : LCI

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SociétéUne infirmière et un médecin sont renvoyés aux assises pour avoir euthanasié une patiente. La médecin dénonce une justice à "deux vitesses" en référence à l'affaire Humbert, où un non-lieu a été requis.

Une infirmière et un médecin de Dordogne, mis en examen dans une affaire "d'euthanasie active" sur une patiente cancéreuse en fin de vie, ont été renvoyés devant une cour d'assises pour, respectivement, "empoisonnement" et "complicité d'empoisonnement". Cette annonce intervient trois jours après la demande de non-lieu du procureur de Boulogne-sur-Mer dans l'affaire Vincent Humbert.  La médecin a d'ailleurs dénoncé une "justice à deux vitesses". "Il y a cette médiatisation (de l'affaire Humbert) avec un non-lieu à l'appui et d'un autre côté une histoire où il n'y a pas de médiatisation du tout, où on fait comprendre au médecin qu'il vaut mieux se taire et que ça ira bien, avec comme résultat un renvoi aux assises", a-t-elle ajouté. "J'aimerais qu'il y ait une attitude unanime". 

Colère et soutien de la mère de Vincent Humbert

L'affaire avait éclaté en novembre 2003 quand l'infirmière, Chantal Chanel, 39 ans, et le médecin --une généraliste--, Laurence Tramois, avaient été mis en examen pour avoir l'une pratiqué, l'autre ordonné une injection létale sur une patiente cancéreuse de 65 ans en phase finale à l'hôpital de Saint-Astier (Dordogne). Le décès de la patiente à l'hôpital de Saint-Astier remontait au 25 août 2003, mais l'enquête préliminaire n'avait été ouverte qu'au mois d'octobre suivant, après un signalement des services sociaux. L'infirmière avait reconnu avoir pratiqué une injection massive de potassium, mais sur ordre de la généraliste. L'affaire avait fait grand bruit à l'époque car elle avait éclaté peu de temps après celle de Vincent Humbert.

Mme Humbert s'est dite "en colère" après cette décision. "C'est dégueulasse. A l'un, on dit : 'vous avez un non-lieu' et à l'autre on envoie une lettre disant : 'Vous allez aux assises'. Ca rime à quoi ça ? C'est pour tout le monde pareil ou pas ? ", s'est-elle interrogée. "C'est de l'hypocrisie partout. Il n'y pas de logique et il n'y a pas de loi à ce moment-là", a-t-elle déclaré. Pour Marie Humbert, ce médecin "a fait ce qu'elle avait à faire". "Il y a beaucoup de médecins qui le font mais malheureusement, comme c'est quelque chose qui est hors-la-loi tout le monde le cache. Ces médecins le font pour soulager les gens", a-t-elle ajouté.

"La justice n'est pas là pour régler les problèmes de société"

Le procureur de la République de Périgueux a toutefois refusé de faire le lien entre les deux affaires, estimant que "la justice n'est pas là pour régler les problèmes de société" mais "des cas individuels". Il a également qualifié de "hasard du calendrier" l'annonce du renvoi des deux femmes devant la cour d'assises, trois jours après la demande de non lieu dans l'affaire Humbert. "Depuis trois jours, je n'ai jamais eu autant d'espoir de ne pas aller aux assises", a indiqué Mme Chanel qui s'est déclarée "abasourdie" par son renvoi devant la cour d'assises. "Je sais que j'ai apporté ce que cette personne attendait", a-t-elle ajouté espérant que son procès permettra d'évoquer en public "les difficultés face aux fins de vie". "Moi qui ai fait le geste, j'avais tout à perdre", a-t-elle ajouté précisant qu'elle avait agi par "compassion".

Mme Chanel a également évoqué le "contexte médico-familial" de cette affaire où la patiente était la belle-mère de la soeur de la généraliste. Pour l'avocat de la généraliste, qui exerce toujours à Saint-Astier, il n'y a pas eu d'euthanasie sans accord de la famille. "Que ce soit la malade ou que ce soit l'entourage familial, tout le monde était d'accord", a-t-il précisé, en voulant pour preuve que "personne ne s'est porté partie civile".

Commenter cet article

  • Brigitte : Il me semble que ns ne pouvons pas non plus faire n'importe quoi? il faux aussi contrôler, il peut aussi y avoir deux affaires différentes. Ne pas aller trop vite dans les jugements verbales SVP. bb

    Le 06/01/2006 à 08h51
  • Dorothee : Moi je dis bravo au medecin et a l'infermiere... je me demande si ceux qui font les lois et interdisent l'euthanasie ont deja vu une femme atteinte du cancer dans sa derniere phase... il n'y a que souffrance, souffrance et souffrance...

    Le 05/01/2006 à 19h04
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