© LCIJamila Belkacem, âgée de 45 ans et déjà condamnée à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son amant, est entrée dans le box en pleurs, les épaules courbées, sans regarder sa fille. Celle-ci, dissimulant son visage sous une grande mèche, a également détourné le regard. Face à elles, sur le banc des parties civiles, se trouvait la victime, le père de la jeune fille, ancien mari de Jamila Belkacem. En février 2003, il avait failli mourir empoisonné par un flan au chocolat bourré d'antidépresseurs, que sa fille avait cuisiné avec des médicaments fournis par Jamila Belkacem, alors détenue à Lyon. "Les accusées reconnaissent la tentative d'empoisonnement. L'enjeu du procès, c'est donc de comprendre comment Jamila a réussi à convaincre sa fille de tuer son propre père", résumait, avant le début des débats, Me Laurent Gaudon, avocat de Mme Belkacem.
Pour Me Frédéric Mortimore, qui défend la jeune fille, la réponse est nette : "elle était manifestement sous l'emprise de sa mère. Elle était comme victime d'un gourou dans une secte". Même tonalité du côté de la défense de Sihame Maziz, 28 ans, une amie des deux femmes qui comparaît à leurs côtés pour complicité. "Même si elle était majeure, c'était une gosse, complètement immature. Elle a été manipulée", selon son avocat, Me Alain Jakubowicz. "On a toujours présenté Jamila Belkacem comme manipulatrice et séductrice. Mais aujourd'hui, elle a une attitude différente", a déclaré Me Gaudon. "Elle veut que la cour reconnaisse les raisons pour lesquelles elle a voulu tuer son ex-mari", a-t-il ajouté.
Dans l'après-midi, Jamila Belkacem a ainsi voulu revenir sur l'origine de cette affaire. En février 2003, elle attendait l'ouverture de son procès en appel pour le meurtre de son amant, commis en 1999. Un crime qu'elle a toujours nié et pour lequel elle avait été condamnée à 20 ans de prison en première instance. Du fond de sa cellule, elle avait ourdi un complot pour se blanchir. La mort de son mari devait être maquillée en suicide et de fausses lettres d'aveux, postées après la tentative d'assassinat, devaient faire porter la responsabilité du meurtre de l'amant sur les épaules de l'époux.
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