Fourniret extradé de Belgique

le 09 janvier 2006 à 07h00 , mis à jour le 09 janvier 2006 à 20h17

Incarcéré depuis deux ans et demi en Belgique, le tueur en série présumé a été remis lundi matin à la justice française en vue d'un procès devant la cour d'assises des Ardennes au cours du deuxième semestre 2006. Il devra y répondre des meurtres de six jeunes Françaises et d'une jeune Belge entre 1987 et 2001.

belgique justice michel fourniret © INTERNE

Le tueur en série présumé Michel Fourniret a été extradé lundi de Belgique vers la France, afin d'y être jugé pour les meurtres de sept jeunes filles, un mois après l'extradition de son épouse Monique Olivier, poursuivie pour complicité. Les formalités d'extradition ont duré une heure en fin de matinée au poste-frontière de Gué-d'Hossus (Ardennes). A leur issue, le procureur du roi de Dinant, Arnoud d'Aspremont Lynden a déclaré qu'il faisait "maintenant confiance à la justice française pour terminer ce dossier" et s'est félicité de ce "pas vers l'intégration judiciaire européenne".

Fourniret, rendu aveugle par des lunettes de ski opaques, avait été conduit au poste-frontière par des policiers en civil belges après être arrivé par un convoi de deux voitures grises banalisées. Les cartons contenant les dossiers d'instruction ont été transférés dans un fourgon de gendarmerie français. Au palais de justice de Charleville-Mézières, Michel Fourniret, confronté aux juges pendant trois heures et demie, s'est vu ensuite notifier ses mises en examen dans dix affaires (six françaises, des meurtres et quatre belges dont un meurtre). Il a été incarcéré à la prison de Châlons-en-Champagne.

L'impatience d'un proche de victime

La date du procès devant la cour d'assises des Ardennes n'est toujours pas connue : le procureur de la République de Charleville-Mézières Francis Nachbar a souhaité qu'il "soit le plus rapide possible, mais (..) qu'il repose sur un dossier le plus solide possible". D'après les dernières prévisions, il devait se tenir en fin d'année, mais le beau-père de Manyama Thupong, l'une des victimes présumées de Fourniret, Brice Longhini, a évoqué l'année prochaine. "On a juste entamé 2006 et on nous parle d'un procès en 2007. Pour nous ce n'est pas possible d'attendre si longtemps, on veut que le délai soit tenu pour un procès en septembre", a-t-il déclaré à la presse. "La défense comprend le souci d'organiser un procès. Pour autant l'instruction judiciaire suit son cours, et la précipitation n'est pas une vertu majeure en matière judiciaire", a souligné l'avocat de Fourniret, Me Pierre Bloquaux.

Agé de 63 ans, Fourniret comparaîtra pour les meurtres de six jeunes Françaises et d'une jeune Belge, commis entre 1987 et 2001. Il avait été interpellé en juin 2003 pour l'enlèvement raté d'une jeune fille de 13 ans dans les Ardennes belges. Mais ce sont les aveux de Monique Olivier, un an plus tard, qui avaient mis au jour le passé meurtrier de son mari. Dans la foulée, Fourniret avait alors donné des indications précises aux enquêteurs pour reconstituer au moins une partie de son parcours de tueur en série présumé.

Né en 1942 à Sedan, dans les Ardennes françaises, Fourniret avait connu Monique Olivier en prison en 1987. Quand il sort, fin 1987, cet homme discret s'installe avec elle dans un village de l'Yonne, où aurait commencé sa carrière de meurtrier. Il est ensuite revenu dans les Ardennes françaises, toujours en 1987. Fourniret s'accuse des meurtres de quatre jeunes filles dans la région, et d'une en Belgique, entre 1987 et 1990. Il part habiter côté belge, à Sart-Custinne, en 1991. Puis Michel Fourniret dit avoir enlevé et tué deux jeunes Françaises en 2000 et 2001. Après les aveux en Belgique, les autorités judiciaires françaises et belges s'étaient entendues pour qu'un premier procès ait lieu en France. Mais l'affaire n'est pas close, puisque les enquêteurs attribuent à celui qui s'était fait appeler "le forestier des Ardennes" treize homicides de jeunes femmes ou d'adolescentes au total, des deux côtés de la frontière.

Photo d'ouverture : Michel Fourniret - archives

le 09 janvier 2006 à 07:00
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3 Commentaires

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  • Albert, le 09/01/2006 à 13h48

    Il est grand temps de prendre des mesures radicales contre les pervers sexuels. La perversion et les déviances ne se soignent pas ou si mal qu'à l'arrêt du traitement c'est reparti. Si priver ces gens de tout désir semble inhumain pour quelques associations, il me semble que le traitement subit par ces jeunes filles l'est encore moins, et que celui qui a fait ça a justement perdu son sens de l'humanité. On vit dans une société où la défense à outrance des droits de l'homme protège plus les coupables qu'elle ne peut protéger les victimes. Combien de fille violée, violentée torturé et assassinée ? Fourniret lui, au pire, sera emprisonné à vie. Elle est où l'équité ?

  • Eric, le 09/01/2006 à 13h39

    Qu'on se le dise, la "perpétuité" n'existe plus que sur le papier.Fourniret sortira certainement de prison avant la fin de ses jours. Il bénéficiera d'un collectif de soutien pour le réhabiliter une fois dehors.La France sous ses allures de pays à l'avant garde des droits de l'homme n'est qu'un refuge pour monstres. Pensées émues à toutes ses victimes....

  • Xyz, le 09/01/2006 à 09h09

    Il reste à souhaiter qu'on lui fasse un procés à la hauteur des faits abominables qu'il a commis et que le jugement rendu ne lui permette jamais de sortir de prison.

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