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La génération Mitterrand se souvient

Edité par
le 05 janvier 2006 à 20h01
Temps de lecture
5min
Mitterrand rose
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SociétéLa rédaction de tf1.fr a demandé aux internautes d'évoquer le souvenir de l'homme à la rose, à l'occasion du dixième anniversaire de sa mort célébré dimanche prochain. Témoignages choisis.

De la génération Mitterrand et fière de l'être !
Moi j'ai un super souvenir de l'élection de Mitterrand. Je n'avais que 12 ans mais je me souviendrai toujours être assise sur le canapé du salon entre mes parents, amis et voisins et on attendait tous les résultats du 20 heures. Tour à coup, le visage de François Mitterrand est apparu à l'écran et cela a été une explosion de joie dans toute la maison. Mon père a sabré le champagne, c'était l'euphorie totale.
Ce que je retiens le plus, c'est la joie sur les visages de tout ces gens autour de moi, le visage de l'espoir... C'est comme ça que pour moi a débuté l'apprentissage de la politique. Cela reste un très beau souvenir. J'ai 37 ans aujourd'hui, mais je raconte parfois à mes propres enfants la soirée du 10 mai 1981 . Je suis de la génération Mitterrand et fière de l'être !!!
Sylvie, Beziers


Un règne mené à la Louis XIV
 
La " souveraineté " mitterrandienne fut le début des grosses magouilles dans la classe politique française, ponctuée par les " suicides " de ses proches collaborateurs. Son règne fut aussi entaché par les dépenses somptuaires de grands travaux, complété par la pléthore d'embauches de fonctionnaires inutiles, sans pour autant réduire l'augmentation du chômage. En quelque sorte, un règne mené à la Louis XIV par un grand voyou de la politique. Jean, Bordeaux


Faire aimer la France

François Mitterrand est le président qui a su faire aimer la France dans le monde. Malgré tout ce que les pro-Américains disent sur lui, il reste le président préféré de beaucoup de gens dans le monde.
Manda, Bruxelles


Expérience de l'alternance politique
J'avais 17 ans à l'époque. Je me souviens, le lendemain de la victoire de "Tonton", nous avions offert une rose à notre prof d'anglais qui n'arrêtait pas de nous saoûler en cours sur le fait que la France risquait de devenir communiste ! Evidemment, elle ne nous a pas loupé au conseil de classe mais on s'en fichait ! Souvenir inoubliable et avec le temps, formidable expérience de l'alternance politique en France.
Michaël, Marseille


J'ai perdu comme un père
Je n'oublierai jamais l'élection de 1981. J'avais presque 11 ans et l'euphorie provoquée dans ma famille par le résultat de l'élection a été le début de ma vigilance politique. Je n'ai jamais pu voter pour Mitterrand puisque en 88, j'avais 17 ans mais cet homme portait pour moi une idée de la politique et du monde telle que je la concevais et conçois toujours : la liberté, la culture, l'ouverture vers les autres (l'Europe), les choix difficiles et courageux (abolition de la peine de mort), la dignité, une image de la France digne, forte et honnête : l'image contraire de ce qu'elle est maintenant avec la haine de l'autre mise en avant.
C'était un homme droit, digne et un modèle de connaissance, comme peu d'autres président de la 5e République. Le jour de sa mort a été terrible. J'ai perdu comme beaucoup un père. Je me suis retrouvée le soir même à la Bastille une rose rouge à la main pour lui dire au revoir (moi qui suis athée). Le vide qu'il a laissé est béant. Le PS est ridicule depuis son départ avec à sa tête des hommes et des femmes sans matières. Arnaud de Montebourg est le seul qui me fasse penser à Mitterrand... On est tous un peu orphelins de cet homme et de cette victoire de gauche.
Anne, Evry

Que de cocus !
La plus formidable imposture de l'histoire de France : un homme de droite (par son passé, ses relations "d'affaires", son train de vie et celui de ses proches...) élu par le peuple de gauche. Que de cocus !
Nono, Gap


Avoir vu mes parents pleurer
L'homme était un fin politicien qui a marqué son époque. Il a fait de très bonnes choses, comme l'abolition de la peine de mort, les 5 semaines de congés payés, les radios libres ... Mais il a été aussi l'instigateur d'une société trop ouverte à l'immigration... C'est un mal que l'on paye aujourd'hui au prix fort. Pour résumer, ce n'est pas tellement l'homme que je regrette, mais plutôt l'époque révolue qu'il représente ... En effet, lors de son élection en 1981, j'avais 16 ans. Avoir vu mes parents pleurer de joie ce soir du 10 mai 1981 restera à jamais dans ma mémoire. Ce fut un soir mémorable. Seulement, les années qui ont suivi n'ont pas été aussi enchanteresses que ce qui nous avait été promis. Les réalités économiques ont bien vites repris le dessus. Mais on aura rêvé quelques temps. Merci Monsieur le président Mitterrand ...
François, Cleon


La main à Helmut Kohl

Des années Mitterrand, je retiendrai plus des symboles que des mots ou des actes. Un premier symbole: la photo main dans la main de François Mitterrand et de Helmut Kohl. Cette volonté d'établir une amitié franco-allemand durable afin de conserver la stabilité de l'Europe. Deuxième symbole : la pyramide du Louvre qui représente cette France qui se tourne sur son passé pour mieux appréhender l'avenir. Enfin troisième symbole: les funérailles de Mitterrand où un grand nombre de personnes se sont réunis à Bastille (là où tout avait commencé en mai 81)! Un moment fort en émotion. Alors oui, Mitterrand était un manipulateur mais il faut reconnaître qu'il a été un bon président pour la France.
Etienne, Vincennes


De la littérature à l'état pur
Je suis né en 1979 et ai grandi pendant les années "Tonton". Tout ce que je peux dire, c'est qu'il a marqué toute ma génération, en bien ou en mal mais personne ne lui a été indifférent. Je me souviens de cette photo officielle où il était dans la bibliothèque de l'Elysée... Homme cultivé, j'adorais écouter ses voeux de fin d'année devant la télé noir et blanc de ma chambre : ses discours, c'était de la littérature à l'état pur. Et puis je me souviens de ce mois de mai 95 où "Tonton" est parti de l'Elysée prendre sa retraite loin des caméras et des objectifs. La force tranquille qu'il tait, l'homme posé et décidé avait choisi le moment de sa mort.
Je me souviens aussi de ces hélicoptères qui, partis de Perpignan vers Andorre la Vieille où le co-Prince Mitterrand était attendu, évitaient un ULM, un curieux qui rêvait de voir par le hublot de son super-frelon le fameux sourire du président. Mitterrand, grand parmi les grands, sans doute le président le plus marquant de la Vième République. La génération Mitterrand a eu beaucoup de chance de connaître un tel homme à la tête de l'Etat et a énormément perdu à son départ. Mitterrand a sa place parmi les grands de la France au Panthéon.
Jérome, Perpignan


Le plus malin
Pourquoi son passé vichyssois et ses relations épisodiques avec Bousquet n'ont-ils pas été évoqués dés le début de sa mandature ? Ces faits étaient bien connus des hommes politiques ainsi que des personnes d'un certain âge. Cela dit ; il faut reconnaître que cela a été le plus malin de nos présidents. En comparaison, Mr Chirac fait bien pâle figure!
Eric, Meudon


Sa double vie
Le 10 mai 1981 à été le début du déclin pour la France, la multiplication des déficits, le mensonge pour sa maladie, sa double vie, les régularisations massives des étrangers. Il est inadmissible de le comparer à De Gaulle qu'il à toujours défié et uniquement pour ses intérêts personnels et non les intérêts de la France. La principale qualité de "TONTON" à été son grand talent à faire croire qu'il s'intéressait aux autres alors que seul l'intérêt de son clan et le sien propre comptait
Jean-François, Blois


L'emmerdant, c'est la rose
Je n'oublierai jamais quand Le luron a chanté : " L'emmerdant c'est la rose, l'emmerdant c'est la rose crois moi" ! Et il fut sapé quelque temps après par les impôts !
Rose, Carvin


Aujourd'hui j'ai toujours la même émotion

J'avais 21 ans en 81 et j'étais particulièrement fière d'avoir voté pour Mitterrand. Le soir du second tour, nous étions plusieurs dans notre petit appart de banlieue et nous étions agglutinés autour du mini téléviseur qui allait donner le nom du futur président. Je me souviendrai toute ma vie de la clameur qui a jaillit de nos gorges nouées par le silence et l'angoisse qui a précédé l'annonce. Ce cri a raisonné dans tout l'immeuble, dans toute la ville ; aujourd'hui quand je l'évoque, j'ai toujours la même émotion et les larmes me viennent. Nous sommes montés à Paris où toute la nuit nous avions fait la fête avec les autres où nous avons réclamé " Elkabach à la météo ! ", où nous avons embrassé des vieux qui pleuraient de voir enfin la gauche au pouvoir et que la jeunesse avait réalisé ce vieux rêve. Partout des drapeaux rouges, les roses et des visages heureux, même les flics étaient avec nous ! Sacré soir comme jamais je n'en ai vu..
Le lendemain, je n'avais plus de voix pour faire la classe mais tant pis, ce qui a suivi a été super. Autre émotion : quand Badinter a fait son discours à l'Assemblée Nationale pour l'abolition de la peine de mort : je savais que j'avais en votant Mitterrand voté aussi pour ce grand homme qu'est Badinter et j'étais fière qu'ils aillent au bout de ce pour quoi j'avais voté. Les années ont passé, je n'ai pas toujours accepté les décisions de Tonton mais il reste pour moi le président de mes 20 ans de ma jeunesse et j'ai une très belle photo de lui dans mon bureau car quand ça déconne en France, je pense à lui et j'ai envie de lui dire de revenir nous faire un 10 mai.
Martine, Corbeil Essonnes


Il aimait les Français
Je n'avais que 7 ans lorsqu'il est devenu président pour la première fois et 21 lorsqu'il est mort, autrement dit il a été le seul président que j'ai jamais connu... A l'époque, je ne connaissais rien a la politique, et pour être honnête, je ne m'y connais toujours pas plus... Je ne l'aurais pas appelé Tonton comme tout le monde le surnomme, mais papy car il représentait pour moi le grand père parfait ; il était très humain et je pense qu'il aimait vraiment les Français et les gens en général. Il a toujours reconnu ces responsabilités et ses erreurs comme sa fille cachée qu'il a toujours supportée et aidé même dans son intimité.. Tu étais un grand homme et un grand président, tu nous manques, enfin tu me manques. J'aurais aimé te rencontrer, mais c'est la vie. On se reverra peut-être dans notre prochaine vie. Baptiste, Londres


Il va rester mon président à jamais
J'étais bien jeune en 1981, du haut de mes quasi 6 ans, mais je me souviens de l'image à la télévision de ce petit homme devant le Panthéon avec sa rose, avec tout le monde derrière à chanter. De Mitterrand, je retiendrais le Rainbow Warrior évidemment, mais aussi qu'il a fait naître ma conscience politique, ainsi que ses legs à son pays : journées du patrimoine, fête de la musique, la Grande Pyramide, la Grande Arche, sa main dans celle d'Helmut Kohl, les larmes de ce dernier à Notre Dame de Paris il y a maintenant dix ans... Je suis né sous Giscard, mais je suis de la génération Mitterrand. Il va rester mon président à jamais, avec ses erreurs, son caractère mais aussi et surtout sa "force tranquille", cette image de la France qu'il a su créée et les larmes qui me sont venues pour ses derniers voeux de président, et pour sa mort.
David, Bordeaux

Photo : AFP

Commenter cet article

  • Dowsher : On aimerait surtout oublie cette epoque ,il a laisse la france dans un piteux etat. sa fille cachee a coutee bcp d'argent au contribuable , sns parler de son fils et sa femme . une vraie "escroquerie" ce president .

    Le 06/01/2006 à 10h19
  • Elisa : Mon couple est à l'image de Mitterand,un mari inconditionnel ne voyant que tous le positif et moi ne me rappelant que du négatif. Le tout faisant un être à double face mais que l'on ne peut ignorer

    Le 06/01/2006 à 10h04
  • Christophe : Je trouve que ces réactions ont le mérite de résumer parfaitement ce que furent les années Mittérand et son bilan : contrastés. Il a fait pas mal de choses très positives, mais aussi beaucoup d'erreurs, que nous payons encore aujourd'hui. En même temps, de quel président ne dit on pas cela ?

    Le 06/01/2006 à 09h47
  • Kabalinski : A l'époque de François Mitterand, le climat social n'était pas morose comme de nos jours, les gens ne se suscpectaient et l'entraide était de mise...Depuis beaucoup de nos libertés ont fondu comme peau de chagrin. Chacun pour soi en toute sécurité c'est la devise actuelle.

    Le 06/01/2006 à 09h44
  • Jacques : Bien sur, Mr Miterrand à fait naitre beaucoup d'espoir en 1981, de déception aussi avec le temps et les réalités économiques, mais quel grand MONSIEUR quand même!

    Le 06/01/2006 à 09h38
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