© INTERNELe procès à huis clos de dix jeunes accusés d'avoir lynché un autre jeune lors d'un règlement de compte entre bandes à Vauréal (Val d'Oise), en 2002, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises des mineurs du Val d'Oise, dans une ambiance électrique, les vieilles querelles ressurgissant du passé. Agés de 19 à 26 ans, ils sont poursuivis pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, en réunion, avec préméditation et usage ou menace d'une arme", un crime passible de 20 ans de réclusion criminelle.
Jugé pour une évasion, il s'évade du tribunal
Un détenu de 26 ans est recherché depuis mercredi soir après son évasion du palais de justice d'Amiens.
Publié le 27/12/2007
Les faits s'inscrivent dans un contexte de rivalité qui opposait au début des années 2000 des bandes de deux communes voisines du Val d'Oise, Vauréal et Jouy-le-Moutier. Si le climat s'est depuis apaisé, les règlements de compte entre ces bandes étaient alors monnaie courante. En témoignent les faits à l'origine de l'affaire : le 21 décembre 2002, des jeunes de Jouy-le-Moutier organisent une descente à Vauréal, armés de battes de base-ball, de barres de fer, de bâtons et d'extincteurs. Des violents affrontements ont lieu dans la soirée, plusieurs personnes sont blessées. Les groupes finissent par se disperser mais Aviano, 17 ans, originaire de Jouy-le-Moutier, est repéré, seul, par un des accusés, lui de Vauréal, qui appelle aussitôt du renfort.
Aviano est encerclé par une dizaine de jeunes et passé à tabac. L'autopsie révèlera de multiples traces de coups, dont de couteau et de bâton. Les agresseurs décident ensuite de le "déshabiller afin de l'humilier et de lui faire comprendre qu'il n'a rien à faire à Vauréal", selon les auditions des accusés recueillies par les enquêteurs. Le corps sans vie d'Aviano est retrouvé vers minuit, sans pantalon, abandonné dans la rue.
"C'est comme le foot. Ils voudront égaliser"
L'ouverture du procès a été marquée par un réveil des anciennes querelles, de nombreux jeunes venus soutenir les accusés s'invectivant dans la salle des pas perdus. "C'est comme le foot, a dit l'un d'eux, originaire de Vauréal. Ils (ndlr: ceux de Jouy-le-Moutier) voudront égaliser le score. Ça va continuer". La police du palais de justice est intervenue à plusieurs reprises pour séparer des groupes qui semblaient prêts à en découdre physiquement. Cinq jeunes ont été interpellés et menottés.
L'ambiance était tout aussi tendue en salle d'assises, selon les avocats de la défense. Ces derniers ont par ailleurs insisté sur la nécessité de ne pas lier cette affaire aux émeutes dans les banlieues. "Ça n'a aucun rapport, a déclaré à la presse Me Emmanuel Daoud. Nous comptons sur les jurés pour en faire abstraction". Deux jeunes comparaissent détenus. Cinq autres personnes comparaissent également pour des faits connexes, l'agression cette même nuit d'un autre jeune. Verdict le 27 janvier.
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