
Voeux très politiques et très offensifs ce lundi pour François Hollande, au début d'une année qui verra se positionner les prétendants à la présidentielle. Vigoureuse attaque du gouvernement tout d'abord, puis appel à l'unité de la gauche, toute la gauche, contre la droite - une thématique déjà évoquée ce week-end par Dominique Strauss-Kahn et reprise par Laurent Fabius. Ni l'un ni l'autre n'étaient pourtant présents pour ces voeux - et pas davantage Ségolène Royal ou Jack Lang... Et pour parvenir à déterminer le meilleur candidat de la gauche dans l'optique de 2007, François Hollande a évoqué des primaires à l'italienne, ouvertes aux électeurs.
Le premier secrétaire du Parti socialiste a vigoureusement critiqué l'action gouvernementale, notamment "l'éclatement du droit du travail" avec le nouveau contrat pour les jeunes présenté ce même jour par Dominique de Villepin. Mais il s'en est aussi pris d'emblée à Jacques Chirac, en revenant sur le thème du statut pénal du chef de l'Etat. Evoquant, lors de ses voeux à la presse, "une situation grave", il a dénoncé "le gouvernement des auto-satisfaits".
"Auto-satisfaction d'abord de Jacques Chirac, sous prétexte qu'il faudrait refuser l'auto-flagellation", a-t-il déclaré. "Il faut bien dire que l'auto-flagellation n'est pas dans sa culture, et même le moindre examen de conscience. Il recherche à ce point l'impunité, y compris par rapport au verdict du suffrage universel, qu'il en a oublié une promesse, que je veux rappeler, qui est celle de la réforme du statut pénal du chef de l'Etat", a souligné François Hollande. "Cette promesse, il l'avait prise comme candidat en 2002 (...) Comme il ne reste plus qu'un an avant la fin de son mandat, je demande, au nom du Parti socialiste, qu'un projet de loi soit déposé avant l'élection présidentielle, pour que le statut pénal du chef de l'Etat puisse être adopté par le Parlement avant l'échéance présidentielle de l'année prochaine", a-t-il ajouté.
Les leçons du Chili
S'adressant plus directement à la gauche française, François Hollande a proposé "la recherche d'un accord de gouvernement" à ses partenaires, assurant qu'il chercherait, outre ces "accords programmatiques", à "les doter d'un groupe parlementaire" et envisageant des primaires à l'italienne, ouverte aux électeurs : "si le moment venu, après avoir conclu l'accord de gouvernement, s'il a lieu, et scellé nos accords électoraux liés à l'accord de gouvernement, l'idée d'une candidature commune de la gauche peut émerger, il faudra ouvrir le processus des primaires associant les électeurs de la gauche au choix de leur candidat, dans l'esprit de ce qui s'est fait en Italie". Il s'est dit "heureux" qu'une date, le 8 février, ait été trouvée pour le premier rassemblement de la gauche, "une première étape", a-t-il dit. "Il ne peut y avoir dans ce rassemblement contre la droite aucune exclusive", a-t-il ajouté - expression mise en avant par Dominique Strauss-Kahn ce week-end lors d'une réunion publique.
Le premier secrétaire du PS a déclaré par ailleurs qu'il annoncerait "sans doute à la mi-septembre" s'il est ou non candidat à l'investiture du PS pour la présidentielle, réaffirmant que le candidat socialiste serait désigné "au mois de novembre".
François Hollande a également tiré parti de l'actualité récente : il a tracé un parallèle entre la victoire de la candidate socialiste au Chili et la situation française, soulignant une victoire "historique, symbolique et à bien des égards exemplaire". Victoire "historique", parce qu'après l'ère de la dictature, "le succès de Michelle Bachelet n'est pas qu'un succès pour les Chiliens, mais pour tous les démocrates". Victoire "symbolique", car c'est "le succès de la gauche répété". Victoire "exemplaire", enfin, parce qu'elle montre selon François Hollande une "gauche durable, une gauche unie, une gauche renouvelée : pour le Parti socialiste qui se prépare à son tour à aller devant les électeurs l'année prochaine, c'est une belle référence. Et c'est une femme, je ne l'oublie pas, comment pourrais-je l'oublier ? Quand je regarde ce qui se passe dans d'autres démocraties, en Finlande notamment, je me dis que les sociétés politiques bougent, et qu'elles bougeront encore, en France aussi".
Photo d'ouverture : François Hollande lors de ses voeux à la presse - DR
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