
Invité dimanche du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI, François Hollande a continué ses appels à une large coalition de gauche dans la perspective de la présidentielle de 2007 - tout en continuant son travail de sape de l'action du gouvernement actuel et en esquissant les contours de ce que serait la politique de la gauche si elle revenait au pouvoir. "Le Parti socialiste ne veut pas gouverner seul, (..) c'est dur de gouverner le pays, il faut faire des choix, il faut prendre des engagements et les tenir", a déclaré le Premier secrétaire du Parti socialiste. "Je souhaite que le PS soit dans une coalition, dans un contrat de gouvernement avec ses partenaires".
Il a souligné que la différence par rapport aux élections de 1997 est "que nous n'avions pas d'accord global" au sein de la gauche. Le dirigeant socialiste a également souligné qu'il ne pouvait "y avoir d'accord électoral pour les législatives sans accord de gouvernement". Pour la présidentielle, il a souhaité "qu'on ne retrouve pas la dispersion". "La gauche doit pas faire preuve d'amnésie sinon il y le risque que la droite gagne", a-t-il dit. Et d'ajouter : "Je souhaite qu'il y ait une candidature commune de la gauche mais je n'en fais pas une condition".
Le cas Chevènement
Interrogé sur l'extrême-gauche, il a souligné que pour lui "il y a qu'une gauche, la gauche qui veut gouverner". "Il y a une extrême gauche qui veut attendre la révolution, qu'elle attende la révolution, je respecte ce choix" a-t-il lancé, dans une allusion à la Ligue communiste révolutionnaire qui a refusé de participer au sommet de la gauche prévu le 8 février. Interrogé sur une participation de Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), à ce sommet, il a réaffirmé que le PS lançait un appel "à toutes les familles de la gauche". Quant à une éventuelle "réconciliation" avec Chevènement, qui s'était présenté au premier tour de la présidentielle de 2002, il a déclaré : "l'affront n'est pas oublié, non pas sur le fait qu'il se soit présenté mais sur ce qu'il s'est dit à ce moment", mais "je regarde l'avenir".
Concernant la politique sociale de l'actuel gouvernement, François Hollande a demandé dimanche "une mobilisation très forte" contre le Contrat première embauche (CPE) présenté par le gouvernement Villepin, dans lequel il voit "la première étape du démantèlement général" du droit du travail. Pour lui, "les syndicats l'ont compris, et les mouvements de jeunes aussi. Nous soutiendrons tous les mouvements, toutes les manifestations, les initiatives qui pourront être prises pour remettre en cause ce démantèlement du droit du travail".
En cas de retour de la gauche au pouvoir en 2007, le Premier secrétaire du PS a notamment annoncé l'instauration "d'un service civil obligatoire d'un certain nombre de mois, dont une part pourrait être un service national à vocation militaire". Il a également indiqué que l'"on ne pourra pas aller vers une progression des crédits de la défense dans les années qui viennent". Interrogé sur les déclarations de Jacques Chirac sur la doctrine nucléaire, il a relevé "une forme d'imprécision". "On ne peut pas aller vers la banalisation de l'arme nucléaire, elle doit répondre à la menace, voire une agression par rapport à un intérêt vital de la France", a-t-il dit. "Si on laisse penser que toute attaque, de quelque nature qu'elle soit puisse enregistrer une riposte nucléaire, alors nous sommes dans la banalisation", a-t-il jugé. Le dirigeant socialiste a enfin reproché au chef de l'Etat de ne pas tenir compte des partenaires européens de la France.
Photo d'ouverture : François Hollande invité dimanche du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI - DR
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