
Pour l'avocat général Michel Raffin, l'accusé a le "profil d'un incendiaire revanchard". Le ministère public a requis une peine de 13 ans de prison vendredi matin devant les assises du Var où comparait Stéphane Audibert. Cet agent communal de La Motte est poursuivi pour un incendie de forêt en juillet 2003 au cours duquel 10 pompiers avaient été blessés et 2.000 hectares détruits. Le jeune homme de 24 ans conteste formellement les accusations.
"Je ne pense pas que l'accusé soit victime d'un système oppressif et inhumain", a souligné l'avocat général en faisant référence à "l'affaire d'Outreau", avant d'ajouter que "l'instruction de cette affaire a été conduite à charge et à décharge avec beaucoup d'humanité". "Au doute s'oppose un faisceau de présomptions multiples", a expliqué le magistrat qui a demandé aux jurés de "tordre le cou à la rumeur et de raisonner sur ce qu'il y a dans ce dossier".
"Vous allez juger un menteur que tout accable"
Pour Michel Raffin le feu a commencé à 18h05, le 28 juillet, et il a rappelé que Stéphane Audibert était "le premier sur les lieux". Selon lui l'accusé a le "profil d'un incendiaire revanchard" dans la mesure où ont été retrouvées chez lui des pastilles destinées a allumer le feu et qu'il avait "anticipé l'acte" en mettant à l'abri des équipements de chasse. Enfin, selon l'avocat général le mobile existe dans la mesure ou l'accusé avait un différend avec la société locale de chasse. "Vous allez juger un menteur que tout accable", a poursuivi le représentant de l'accusation selon lequel l'accusé "est de la trempe de ceux qui n'avouent pas".
L'avocat général s'est défendu de faire de l'accusé un "bouc émissaire" ni un "incendiaire martyre" tout en rappellant qu'en 1980 et 1981 la cour d'assises du Var avait condamné à plusieurs années de prison, au cours de quatre procès différents, les auteurs d'incendies volontaires qui pourtant n'avaient pas fait de victimes. Le verdict est attendu vendredi en soirée.
(Lors de l'ouverture du procès/DR)
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