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L'Inde pourrait interdire l'arrivée du Clemenceau


le 06 janvier 2006 à 15h20
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3min
depart clemenceau toulon
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SociétéUne commission de la Cour suprême indienne estime qu'autoriser la fin du désamiantage et le démantèlement en Inde du porte-avions français "violerait" la Convention de Bâle. Une décision sera prise sous deux semaines.

L'errance du Clemenceau n'est peut-être pas terminée. Pour la première fois, vendredi, une commission de la Cour suprême indienne a émis un avis défavorable au désamiantage en Inde de l'ex porte-avions français, estimant que ce n'était pas "souhaitable" et "violerait" la Convention de Bâle sur les déchets dangereux. La Commission de contrôle des déchets dangereux ne fera cependant ses recommandations finales à la Cour suprême que dans quinze jours, après l'examen de plus amples informations sur le navire et la quantité d'amiante qu'il reste à retirer. "Sur la base des informations qui nous ont été données nous ne trouvons pas encourageant d'autoriser le navire à entrer en Inde car cela violerait la Convention de Bâle", a dit le président de la commission G. Thyagrajan. "Le pays qui envoyé le navire en Inde ne respecte pas" cet accord international datant de 1999 qui limite les exportations de déchets dangereux, a ajouté le responsable.

Le Clemenceau, parti de France samedi est attendu dans deux mois en Inde où il doit finir d'être désamianté et être démantelé sur le chantier Shree Ram Scrap Vessel à Alang dans l'Etat du Gujarat. "A ce stade, jusqu'à ce qu'un avis final soit rendu (...) dans 15 jours, le navire ne devrait pas être autorisé à entrer", a dit G. Thyagrajan. La commission a regretté les informations contradictoires et floues sur la quantité d'amiante à bord du bâtiment, qui poursuivait sa route vendredi en eaux internationales mais dont les écologistes ont demandé le retour immédiat en France. En attendant la décision finale de l'Inde, "le Clemenceau poursuit sa route dans les eaux internationales", a déclaré le porte-parole du ministère français de la Défense, Jean-François Bureau.

De 50 à 1.000 tonnes d'amiante

"Il n'y a pas eu de transparence dans la communication des informations. Il n'est pas souhaitable de laisser le navire entrer dans les eaux (territoriales) indiennes", a insisté le président de la commission indienne. "Les informations sur l'amiante varient de 50 tonnes à 1.000 tonnes et en conséquence, nous avons besoin d'informations supplémentaires pour prendre une décision finale", a-t-il expliqué. Le ministère français de la Défense a affirmé jeudi qu'il restait 45 tonnes de matériaux amiantés sur le porte-avions, soit moins de 0,2% de son poids total après retrait de 115 tonnes sur 160. Les organisations de défense de l'environnement soutiennent qu'il y en a beaucoup plus. Un responsable de la société Technopure, qui a effectué la première tranche du désamiantage en France, avait estimé lundi qu'il y avait "de 500 à 1.000 tonnes de matériaux contenant de l'amiante". Selon le quotidien The Hindu, le chantier d'Alang avait déclaré en février 2005 devant la commission que le gouvernement français avait promis de désamianter le navire à 98%.

L'ancien porte-avions de 24.000 tonnes est parti de France au lendemain du rejet par la justice française des requêtes d'associations de défense de l'environnement et des victimes de l'amiante opposées à son démantèlement. L'opposition des associations avec l'Etat français portait non seulement sur la quantité d'amiante à retirer, mais aussi et surtout sur la qualité du navire. Ancien "bâtiment de guerre" pour le ministère français de la Défense, le Clemenceau est qualifié de "déchet" par les associations qui estiment que son transfert viole la Convention de Bâle, la réglementation européenne et le code de l'environnement. Un porte-parole indien de Greenpeace, Ramapati Kumar, a salué vendredi l'avis de la commission de la Cour suprême indienne, selon lequel "le navire est indésirable et doit rester hors des eaux territoriales indiennes".

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  • Regis : Bravo! quelle honte pour le gouvernement francais....et c'est mérité, pourquoi des indiens devraient ils mourrir a cause des conditions de désamiantage d'un navire de guerre francais????

    Le 06/01/2006 à 17h13
  • Jean : Les arguments semantiques qui consistent à appeler le Clémenceau "ancien batiment de guerre" au lieu de "déchet", (pour ne pas appliquer la convention de Bâle), ne modifieront pas la quantité d'amiante présente. Qu'en pense Mme le ministre des Armées...je pense qu'elle devrait prendre position, sinon elle prend le risque de trainer par la suite une "casserole" (qui ne serait pas sans rappeler les problèmes de Fabius et du sang contaminé)

    Le 06/01/2006 à 16h31
  • Lo-Ran : Petite question sur la dernière phrase de l'article : "Le Clemenceau est un ancien bâtiment de guerre. Les textes en question ne lui seraient donc pas applicables". Cela veut dire que la Convention de Bâle n'est pas applicable ? En d'autres termes le texte sur les déchets dangereux n'est pas applicable ????? Cela revient à dire (et selon moi à avouer) que le Clemenceau est un DANGEREUX DECHET AMIANTE... Une poubelle sur l'eau, mortelle due à l'amiante... C'est grave tout de même. Des indiens vont mourir dans les années à venir parce qu'ils auront travaillé sur le démentellement du navire ?!?!?!?!? Dit aussi cru, je cautionne pas du tout l'envoi en Inde du navire :(

    Le 06/01/2006 à 16h18
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