Logement : l'Abbé Pierre dénonce le projet Borloo

le 24 janvier 2006 à 09h12 , mis à jour le 24 janvier 2006 à 20h04

Après son appel dans "Libération" pour préserver la loi SRU, l'Abbé Pierre s'est rendu mardi à l'Assemblée où se déroulait le débat sur le projet de loi Borloo. Des députés UMP ont déposé des amendements remettant en cause l'article 55 de la loi SRU qui impose aux communes de construire 20% de logements sociaux.

abbé pierre © INTERNE

L'abbé Pierre s'est rendu mardi à l'Assemblée nationale pour assister au débat sur le projet de loi Borloo sur le logement et il a exhorté le président Jacques Chirac à défendre les mal-logés. Pris d'assaut par une multitude de caméras et de micros, à son arrivée à l'Assemblée, sur une chaise roulante, le défenseur des pauvres, âgé de 93 ans, a prononcé quelques mots d'une voix tremblante dans la salle des pas perdus avant de rejoindre les tribunes du public pour suivre les débats.

"Si je suis là 50 ans après l'époque où j'étais parmi vous les députés (de 1945 à 1951), c'est que sans aucun doute se trouve mis en question l'honneur de la France", a déclaré le fondateur d'Emmaüs. "L'honneur c'est quand le fort s'applique à aider le moins fort", a-t-il poursuivi, rappelant qu'un million de familles étaient concernées par le "mal logement". "Il ne faut pas reculer dans un effort qui a été commencé, les plus forts doivent penser à servir les plus faibles", a-t-il plaidé.

L'appel à Jacques Chirac

L'abbé Pierre a lancé un appel au président Jacques Chirac : "faites pression sur les députés qui ont la tentation de réduire les soutiens qui sont apportés aux petits, faites pression pour que la loi qui oblige à construire 20% de logements sociaux soit respectée, faites pression Monsieur le président pour qu'aucun de ceux qui vous écoutent, pour qu'aucun de ceux qui vous ont élu ne s'abaissent à faire diminuer la loi qui veut 20% de logement 'banal' dans les municipalités".

"Le mot social, à son origine signifiait la bonne compagnie, aujourd'hui le mot social est considéré comme évoquant ce qui n'est pas propre, pas honnête", a souligné l'abbé. "Le mot social deviendra peut-être inutilisable tellement il est devenu synonyme de ce qui ne se fréquente pas", a-t-il lancé d'une voix fatiguée. L'abbé Pierre a ensuite accédé à la tribune du public par l'ascenseur pour assister à la discussion de la loi portant engagement national pour le logement. Des députés UMP ont déposé plusieurs amendements qui remettent en cause l'article 55 de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) qui impose notamment aux communes de construire 20% de logements sociaux.

le 24 janvier 2006 à 09:12
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20 Commentaires

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  • elmanu4012, le 15/02/2012 à 22h04

    C'est quoi une famille respectueuse?

  • Pas chez nous, le 24/01/2006 à 17h29

    "Ce sont des logements que l'on ne veut pas voir près de chez soi ". Il a tout dit!! On ne va pas nous imposer ça encore!!!! non mais!!

  • Alain, le 24/01/2006 à 16h32

    Le pauvre abbé il est bien manipulé! Il ne se rend pas compte que la population dite sociale n'est pas la même qu'en 54

  • Ali, le 24/01/2006 à 16h06

    J'apprécie L'Abbé pierre mais cependant je pense qu'il faille préserver nos petits villages de ces logements Sociaux si elles n'en veulent pas ainsi que leurs citoyens. n'oublions pas que beaucoup de Francais ont quitter la banlieue pour aspirer a une vie meilleur loin de ces cités ce n'est pas pour leurs en construire de nouvelles a coté de chez eux!!! Il ne faut prendre pour argent comptant ces lois perverses mais au contraire lancer des référendums dans ces communes concernées tout simplement!! L'Etat n'a pas non plus pour vocation d'aller toujours a l'encontre de son peuple, certains aiment la ville d'autres les campagnes!!!

  • David, le 24/01/2006 à 15h58

    Si au moins on mettait des familles respectueuses alors oui, mais c'est bien rare!!!

  • Franck, le 24/01/2006 à 15h57

    Habitant moi même en banlieue Parisienne, je comprend c'est commune qui refuse les logements sociaux. D'ailleurs dès que j'en aurait les moyens je partirais d'ici pour m'installer dans une commune les refusants pour avoir simplement le droit a une vie paisible!!! A bon entendeur salut

  • Laurent, le 24/01/2006 à 15h56

    Je préfère qu'on facilite l'accession à la propriété que de continuer à implanter des logements sociaux partout car on voit que cette mesure n'a rien donné depuis qu'elle est appliquée; quand une mesure ne marche pas c'est quelle est mauvaise

  • Strym, le 24/01/2006 à 15h56

    Depuis bien avant l'hiver 1954 que "papy" essaie de faire de la resistance...mais la misère est + forte...l'union fait la force oui, mais la misere la divise ...

  • Sablier, le 24/01/2006 à 15h29

    Pourquoi 20 et non pas 10 et demi ou 40 trois quarts . C'est une loi arbitraire avec tous les inconvénients de ce genre de législation qui crée plus de problèmes qu'elle n'en résoud .

  • Gilles, le 24/01/2006 à 14h51

    Ce ne serait pas une petite manoeuvre de Sarko???? A Neuilly (maire de 1983 a 2002 puis conseiller municipal), on prefere payer les amendes que de construire des logements sociaux. Si on peux legiferer pour ne plus payer d'ammendes, c'est mieux... Merci de me publier.

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