© INTERNELa fondation Abbé Pierre a présenté mardi son 11e rapport sur le mal-logement. Dans l'après-midi, le défenseur des pauvres, âgé de 93 ans, devait se rendre à l'Assemblée nationale pour assister à la reprise des débats sur le projet de loi Engagement national pour le logement.
"J'y vais pour dire avec quelle gravité m'apparaît ce débat qui touche ce pour quoi je me suis battu toute ma vie, déclarait-il mardi matin dans les colonnes de Libération. Je veux marquer l'importance de l'article 55 de loi de Solidarité et renouvellement urbain (SRU) qui instaure un objectif de mixité sociale en imposant aux communes de plus de 3 500 habitants de construire 20 % de logements HLM. Or on me rapporte que des amendements visent à limiter, voire diminuer les obligations incombant aux élus. Ce n'est pas acceptable ". Pour être sûr de bien se faire entendre, l'Abbé Pierre a également écrit à Jacques Chirac. " J'ai de l'estime pour sa personne (...). Le chef de l'Etat a toujours eu une écoute particulière sur le logement des défavorisés. Il reste garant de la solidarité nationale, et la mixité sociale doit faire partie de ses priorités. Je l'ai d'ailleurs saisi à chaque fois que j'ai senti pointer les menaces sur cette loi ".
Dans certaines communes, pourtant, des citoyens s'opposent à la construction de tels logements sociaux. Que faire pour que leur regard sur le logement social change, a interrogé le quotidien. "J'ai écrit une lettre en décembre à "Monsieur et Madame tout le monde" pour expliquer que la demande de justice sociale, le besoin de créer du logement, la nécessité d'avoir des villes équilibrées dans leur population doit venir en première préoccupation de tous les habitants, a répondu l'intéressé. Les élus soutiendront le besoin de logement, comme une priorité nationale, parce qu'ils auront senti la force de la demande des citoyens ". Mais d'ajouter : "Soyons conscients qu'il y a des mots qui se pervertissent : quand l'expression "logement social" a été inventée, elle visait les personnes qu'il fallait aider, aujourd'hui cette formule vise ceux que l'on veut fuir. Ce sont des logements que l'on ne veut pas voir près de chez soi ".
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