© DRQuatre personnes d'une même famille - le père, la mère, la grand-mère et l'oncle - doivent répondre devant la cour d'assises du Bas-Rhin depuis jeudi de la spirale de violences qui a abouti en août 2003 à la mort du petit Nicolas, 9 ans, à force de raclées, de privations d'eau et autres sévices. Accusés d'actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, Fernand Holzmann et son épouse Isabel, âgés de 48 et 33 ans, la mère d'Isabel, Marie-Thérèse Vieira, 55 ans, et le frère d'Isabel Bruno, 23 ans, encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu le 27 janvier.
Accusé d'avoir martyrisé sa fille adoptive
Un couple, accusé d'"actes de torture et de barbarie" sur leur fillette adoptive, comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises des Yvelines, où il entend clamer son innocence.
Publié le 14/05/2012
Le martyre de l'enfant s'est déroulé à huis clos, dans un appartement de trois pièces sordide où vivaient quatre adultes, quatre enfants, sept chats et quatre tortues, dans la périphérie strasbourgeoise. L'été 2003, les enfants y étaient enfermés depuis le début des vacances, seuls les adultes sortaient de temps en temps du logis. Décrit comme turbulent, Nicolas est devenu le souffre-douleur de sa famille et les quatre adultes se sont acharnés sur lui jusqu'aux deux dernières journées de sa vie, les plus atroces, les 8 et 9 août. Les accusés ont d'abord tenté de convaincre les enquêteurs que l'enfant était "tombé dans les escaliers", puis ils ont peu à peu révélé la réalité, en se rejetant mutuellement la responsabilité des coups.
Il fallait empêcher le garçon de boire parce qu'il "se pissait dessus", il fallait lui lier les mains et les pieds aux barreaux de son lit pour l'empêcher de se lever la nuit pour aller boire, il fallait le bâillonner avec un foulard ou du ruban adhésif pour l'empêcher de réveiller les autres par ses plaintes, ont-ils expliqué aux enquêteurs. Quand il n'était pas battu, il devait copier 5.000 fois des phrases comme "je me tais quand je dors".
La personnalité tyrannique de la grand-mère, Marie-Thérèse Vieira, détestant son gendre traité de "connard", et celles de sa fille Isabel et de son fils Bruno, totalement soumis, vont peut-être permettre d'éclairer au cours du procès le mécanisme implacable qui a abouti à la mort de l'enfant. Tous ces adultes avaient été victimes de violences dans leur enfance. Les quatre accusés sont en prison, les trois autres enfants placés, dont une petite-fille âgée de 6 ans et demi à l'époque, victime elle aussi de sévices.
(Le procès/jeudi/DR)
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