Dominique Strauss-Kahn lors d'une réunion publique à L'Hay-les-Roses L'union, tous les politiques qui se sont lancés dans la course pour 2007 la réclament et la proclament - qu'ils soient de droite ou de gauche. Lors de son entrée en campagne, samedi, Dominique Strauss-Kahn a présenté une méthode pour y parvenir. Le secrétaire national aux élus du PS et député du Val d'Oise, lors d'une réunion publique devant quelque 400 personnes à L'Hay-les-Roses, a proposé que toutes les composantes de la gauche se mettent d'accord sur une déclaration affirmant qu'elles s'uniront "contre la droite" à la présidentielle de 2007, afin d'assurer la victoire de la gauche.
Pour cette rentrée politique avant la présentation de ses voeux à la presse mercredi, l'ancien ministre de l'Economie et des finances du gouvernement Jospin s'est prévalu de sa capacité à rassembler la gauche pour faire la leçon au premier secrétaire François Hollande, auquel il a adressé des critiques voilées. Candidat à l'investiture du PS pour la présidentielle, DSK n'a pas manqué de rappeler qu'il était parvenu début décembre à réunir sur une même estrade tous les dirigeants de la gauche ou leurs représentants, des radicaux de gauche à Arlette Laguiller (Lutte ouvrière) pour une campagne en faveur de l'abrogation de l'article 4 de la loi du 23 février 2005 mentionnant "le rôle positif" de la colonisation.
"Dix questions d'urgence à traiter en cinq ans"
Si l'on voulait faire des primaires à gauche pour l'élection présidentielle, comme l'ont un moment souhaité des proches de François Hollande, "il ne fallait pas construire le mur des deux gauches au travers d'un référendum incertain", celui de mai 2005, a affirmé le secrétaire national aux élus du PS. Résultat, "nous voilà empêtrés maintenant sur la question de la présence des trotskystes à un sommet de la gauche. Franchement, nous frisons le ridicule", a-t-il enchaîné.
Pour en sortir, Dominique Strauss-Kahn a proposé de faire d'abord "un programme commun de critiques de la droite", dont, a-t-il dit en désignant l'extrême gauche, "nul ne peut être exclu". Cette déclaration, a-t-il précisé, "fixerait le cadre du 2e tour (des élections présidentielle et législatives, NDLR): tous contre la droite. Et cette déclaration définirait aussi la ligne de conduite de tous au 1er tour: personne ne doit confondre la gauche et la droite". "Dans un deuxième temps, a expliqué DSK, nous pourrions, avec ceux qui veulent concrètement changer la politique de la France, construire un programme commun". Selon lui, ce doit être "un programme court : dix questions d'urgence à traiter en cinq ans", mais aussi un programme "audacieux et réaliste".
"Je souhaite, a-t-il repris, créer les conditions de l'union, d'un renouveau et surtout de la distinction entre la droite et la gauche". Le dirigeant socialiste a annoncé qu'il placerait son action en 2006 "sous le triptyque: solution, imagination, résolution". "La France a besoin de solutions. La France a besoin d'imagination. La France a besoin de résolution", a-t-il affirmé. Le député du Val d'Oise s'est dit "prêt" pour la bataille de 2007. "J'ai mon calendrier et je m'y tiendrai, en me laissant influencer aussi peu que possible par les modes, qui sont passagères", a-t-il ajouté dans une allusion transparente à Ségolène Royal, la préférée des Français à gauche, selon les sondages. Parmi les responsables socialistes assis au premier rang, figuraient le président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon, Jean-Christophe Cambadélis, "lieutenant" de DSK, l'ancien ministre Catherine Tasca et des députés du Val-de-Marne.
Grippe aviaire : DSK pour "un droit d'ingérence sanitaire" Critiquant l'action du gouvernement actuel sur un sujet qui inquiète toute l'Europe, celui de la grippe aviaire, Dominique Strauss-Kahn s'est prononcé pour "un droit d'ingérence sanitaire", devant "l'avancée de la maladie en Chine et en Turquie". Selon lui, "c'est une question de solidarité et de responsabilité. De solidarité, car nous ne pouvons détourner notre regard de la santé de peuples entiers, même quand la maladie n'est pas chez nous. De responsabilité, car dans le monde global où nous vivons, les pandémies n'ont pas de frontières".
Photo d'ouverture : Dominique Strauss-Kahn lors de sa réunion publique à L'Hay-les-Roses - DR
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