© lci2004 avait été une annus horribilis pour les violences racistes, et plus particulièrement l'antisémitisme, en France. L'année 2005, avec 974 actes ou menaces répertoriés contre 1574 l'année précédente, est donc marquée par une diminution d'un tiers de ces actes, selon des chiffres de la direction générale de la police nationale (DGPN). Cette forte décrue est en particulier imputable au reflux des violences antisémites de tous ordres (504 contre 974, soit -48%) par rapport à 2004.
Les actes racistes et xénophobes autres qu'antisémites ont également fortement diminué avec 470 faits contre 600 (-21%). Quarante personnes ont été interpellées pour des actes ou propos antisémites (81 en 2004) et 55 pour les autres faits de racisme (71). "Les violences urbaines de novembre n'ont pas provoqué de poussée des actions racistes et antisémites", relève une source policière. "2004 avait été la plus mauvaise année depuis la mise en place du dispositif statistique en 1995", ajoute cette source qui rappelle toutefois que "le reflux avait été amorcé au dernier trimestre 2004".
"Fort engagement policier"
La diminution est constatée pour les menaces et insultes comme pour les actions violentes (agressions, atteintes à des lieux confessionnels ou à des cimetières notamment). Ainsi il y a eu 98 actions à caractère antisémite (contre 200) et 406 menaces (contre 774). Pour le racisme et la xénophobie d'autres natures, l'indicateur de la DGPN a comptabilisé 88 actions (contre 169) et 382 menaces (431).
Un responsable policier explique cette baisse par plusieurs facteurs: des "mesures de protection efficaces des lieux sensibles et un fort engagement des forces de l'ordre", ainsi qu'un "gros travail de prévention dans les établissements scolaires" et "une baisse de la tension" liée à l'actualité internationale (conflit israélo-palestinien et Irak notamment).
Pas d'idéologie
La région la plus concernée par les manifestations antisémites est l'Ile-de-France. Les régions Nord-Pas-de-Calais et Rhône-Alpes sont au-dessus de la moyenne pour les autres manifestations de racisme et de xénophobie. Par ailleurs, les actes racistes et antisémites commis par des extrémistes de droite poursuivent leur décrue. "On a de plus en plus de mal à imputer ces actes à une idéologie. Le phénomène est de plus en plus diffus", relève une source policière.
Le MRAP relève que ces statistiques "ne prennent pas en compte les mains courantes qui, parfois, sont la seule et unique proposition préconisée par les services de police". Il "constate une perte de confiance de la part des victimes d'actes racistes dans la justice et la police, notamment au niveau du public jeune en proie aux discriminations et aux contrôles au faciès". Il souligne que ces chiffres ne prennent pas en compte "les provocations et les insultes à caractère raciste et antisémite sur Internet". SOS Racisme estime qu'"il n'y a pas de quoi pavoiser" : "ce bilan statistique nous laisse à des taux extrêmement élevés".
La tendance était à la baisse dans les années 90, avant de s'inverser depuis 1999, et d'atteindre des pics en 2002 et 2004. Cette flambée avait provoqué de vives critiques de la France aux Etats-Unis et en Israël. En novembre 2004, l'ambassadeur d'Israël à Paris Nissim Zvili avait estimé que la communauté juive de France se sentait "délaissée par la société française", "indifférente" à "la montée de l'antisémitisme. Le Comité interministériel de lutte contre le racisme et l'antisémitisme doit se réunir le 30 janvier à Matignon.
D'après AFP
Retour MYTF1
Chargement en cours...



