© DRLa grand-mère du petit Nicolas, mort de sévices familiaux à l'âge de 9 ans, a été condamnée vendredi par la cour d'assises du Bas-Rhin à la réclusion criminelle à perpétuité, la mère de l'enfant à 26 ans de réclusion, son oncle à 16 ans et son père à 10 ans. Ces condamnations sont assorties des peines de sûreté prévues par le code pénal en cas d'actes de torture et barbarie. A l'énoncé des condamnations, les quatre proches parents de Nicolas n'ont pas eu un geste de réaction.
Les jurés, sept femmes et deux hommes, ont globalement suivi les réquisitions de l'avocat général Marc Montagnon. Il avait requis la réclusion criminelle à perpétuité pour Marie-Thérèse Vieira, 55 ans, et une peine de réclusion de 28 à 30 ans pour Isabel Holzmann, 33 ans. Les jurés ont été plus sévères pour l'oncle maternel Bruno Vieira, 23 ans, (18 à 20 ans requis) et pour le père de Nicolas, Fernand Holzmann, 48 ans, reconnu lui aussi coupable d'actes de torture et de barbarie commis en juillet et août 2003.
Personnalité "diabolique"
La peine a été plus lourde pour les deux femmes, mère et fille, dont les actes de barbarie entre le 7 et le 9 août ont entraîné la mort de l'enfant sans intention de la donner, contrairement aux agissements des deux hommes, selon la cour et les jurés.
Jeudi, l'avocat général avait souligné le rôle moteur et la personnalité "diabolique" de Mme Vieira, parmi les quatre accusés. Selon lui, c'est une femme tyrannique, froide et violente, incapable de remord sans qui "Nicolas serait encore là aujourd'hui".
Vendredi, à l'issue des débats, Isabel et Fernand Holzmann ont affirmé qu'ils aimaient leur fils et regrettaient ce qui s'était passé. "Je n'arrive pas à faire le deuil de mon fils", a dit Fernand. Bruno Vieira, l'oncle maternel, a exprimé lui aussi ses regrets, mais la grand-mère, Marie-Thérèse Vieira, désignée par tous les protagonistes du procès comme la principale instigatrice des sévices, a affirmé qu'elle n'avait "rien à ajouter".
La défense de Fernand et Isabel Holzmann s'était attachée vendredi à rectifier l'image, qui a surgi au cours des débats, d'un matriarcat violent, froid et tyrannique, incarné par Marie-Thérèse Vieira et sa fille Isabel, face à deux accusés masculins prétendument dominés et moins coupables: le mari et le frère d'Isabel.
Une "marâtre" adepte des méthodes de la "Gestapo"
Me Florent Girault, l'avocat du couple, avait aussi tenté de mettre Fernand hors de cause pour les actes de torture et de barbarie, tout en qualifiant l'oncle maternel de "bras armé" et de "bourreau" au service de Marie-Thérèse Vieira.
Sans contester qu'Isabel ait commis des actes de torture et de barbarie les 7 et 8 août 2003, veille de la mort de l'enfant, il avait tenté de démontrer qu'elle n'était pas une "mère indigne". Il avait en outre relevé que les experts avaient un doute sur l'auteur du coup ayant entraîné la mort de l'enfant, donné soit par la mère l'avant veille du décès, soit par la grand-mère la veille. "La seule grave erreur de Mme Holzmann est d'avoir accueilli chez elle un véritable prédateur, en la personne de sa mère", une "marâtre" adepte des méthodes de la "Gestapo", a-t-il insisté.
Nicolas est mort d'une hémorragie cérébrale, défiguré par les coups et le corps marqué de 70 ecchymoses, après six semaines de "corrections" de plus en plus violentes et de privations d'eau, sous prétexte qu'il était "turbulent" et énurétique. Me Girault a également mis en cause les services sociaux qui n'ont pas apporté toute l'aide requise à cette famille démunie qui demandait un appartement plus grand que leur trois pièces où ils vivaient à six depuis dix ans.
(La grand-mère lors du procès/archives/DR)
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