
"Il n'y a qu'une seule chose à dire : c'est inacceptable". Invité mercredi soir du 20 heures de TF1, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a réagi aux violences commises lors du voyage entre Nice-Lyon le matin du Nouvel An.
"Il y a eu beaucoup de confusion, il ne sert à rien de polémiquer", a dit le numéro 2 du gouvernement. Pour lui, il n'est "pas normal" que des jeunes, interpellés à Nice dans la nuit du Réveillon avant de participer aux violences du train Nice-Lyon, aient été relâchés. "Je ne les appelle pas des jeunes ce sont des voyous et il faut les appeler tel quel", a-t-il précisé.
"En finir avec le sentiment d'impunité"
Le numéro 2 du gouvernement a annoncé que 1.000 à 1.500 policiers seraient affectés en 2006 à un "service national de la police ferroviaire" qui auront pour compétence "la sécurité des voyageurs dans les trains et notamment dans les trains régionaux". Il a ainsi confirmé son intention de généraliser à tout le territoire cette police qui existe en Ile-de-France depuis 2003 et depuis septembre à Marseille, Lyon et Lille. Selon lui en Ile-de-France, elle a permis une baisse de 11% de la délinquance.
Le ministre a par ailleurs annoncé son intention de "réunir dès la semaine prochaine la totalité des transporteurs publics ferroviaires pour voir comment on peut mieux organiser la lutte contre la délinquance". Il a par ailleurs confirmé qu'il comptait "renforcer les possibilités juridiques des agents de sécurité de la SNCF pour qu'ils puissent verbaliser et relever tous les délits" et "renforcer leur possibilité d'armement non létal".
"J'ai demandé une enquête très précise pour savoir ce qui s'est passé et qui a failli devant ses responsabilités", a déclaré Nicolas Sarkozy. Il a assuré qu'il en rendrait public les conclusions et répété sa volonté de réformer l'ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs. "Sur les neuf interpellés du lendemain, je constate qu'il y en a sept qui sont remis en liberté parce qu'ils sont mineurs", sur décision judiciaire, a expliqué Nicolas Sarkozy. "Nous ne sommes pas à l'époque des diligences", a dit le ministre. Je ne minimise pas cet incident car je considère qu'il est intolérable dans une démocratie". Et de conclure : "il faut en finir avec le sentiment d'impunité".
"Le débat doit prospérer dans une démocratie"
Nicolas Sarkozy a par ailleurs répondu à Jacques Chirac, qui avait appelé mardi les prétendants à sa succession à faire taire leurs ambitions en 2006, que le débat devait "prospérer dans une démocratie". "Il y a des échéances qui auront lieu dans seize mois. Il ne faut pas se précipiter mais il faut aussi ne pas être naïf, le débat doit prospérer dans une démocratie", a déclaré le ministre.
Interrogé sur la petite phrase de Jacques Chirac, qui a souhaité mercredi une accélération de l'action gouvernementale pour éviter que la campagne présidentielle de 2007 ne soit dominée par les extrémismes et les populismes, Nicolas Sarkozy, critiqué à gauche mais aussi dans la majorité pour la radicalisation de son discours, a répondu: "Je ne pense pas que le chef de l'Etat critique le numéro deux de son propre gouvernement!"
(Nicolas Sarkozy au 20 heures de TF1 mercredi)
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