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Non-lieu général requis dans l'affaire Humbert


le 02 janvier 2006 à 12h24
Temps de lecture
4min
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SociétéLe procureur de la République a requis un non-lieu à l'encontre de Marie Humbert et du Dr Chaussoy, poursuivis pour la mort de Vincent Humbert. En 2003, ils avaient aidé, à sa demande, le jeune tétraplégique à mourir. Le Dr Chaussoy s'est dit "soulagé" par cette réquisition et a affirmé n'avoir "aucun regret".

Le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer Gérald Lesigne a requis lundi un non lieu, soit l'abandon des poursuites à l'encontre de Marie Humbert et du Dr Frédéric Chaussoy qui avaient aidé Vincent Humbert à mourir. La mort du jeune homme le 26 septembre 2003, aidé dans son suicide par sa mère puis par le chef de service de réanimation du centre héliomarin de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais) où il séjournait, avait relancé le débat sur l'euthanasie, interdite en France.

Ce réquisitoire de non-lieu général se fonde "sur l'élément moral de l'infraction et non pas sur l'élément matériel et légal", a déclaré le procureur Gérald Lesigne. "Il y a des conditions qui n'étaient pas celles de la sérénité. On peut considérer qu'une contrainte s'est exercée dans cette affaire", a-t-il expliqué. Le magistrat instructeur n'est cependant pas lié par les réquisitions. Il est libre de les suivre ou de renvoyer le médecin devant les assises pour "empoisonnement avec préméditation" - un crime passible de la réclusion à perpétuité - et Marie Humbert en correctionnelle pour "administration de substances toxiques", un délit passible de cinq ans d'emprisonnement.

"Quelques fractions de seconde pour se décider"

Trois ans jour pour jour après un accident de la route qui l'avait laissé tétraplégique, muet et presque aveugle, Vincent Humbert avait obtenu de sa mère qu'elle mette fin à ses souffrances. L'injection d'un barbiturique l'avait plongé dans un profond coma. Deux jours plus tard, pour ne pas laisser le jeune homme "s'étouffer peu à peu" après avoir débranché le respirateur artificiel, le Dr Chaussoy lui avait administré une injection mortelle. Assumant son geste, il a toujours affirmé qu'il était de son "devoir de médecin" de l'"aider" à mourir. S'il avait la "possibilité de débrancher le patient en application d'une disposition de la loi Kouchner sur l'acharnement thérapeutique", le Dr Chaussoy "n'avait pas la possibilité d'injecter des produits mortels, ce qu'il a fait", a rappelé Gérald Lesigne. Mais son geste s'inscrit dans "un contexte bien particulier", selon le procureur. "Il subissait une pression exercée à la fois par la famille mais aussi par le grand débat médiatique qui avait lieu autour de cette affaire. Il a eu quelques fractions de seconde pour se décider", a-t-il jugé.

Le Dr Chaussoy a qualifié d'"excellente nouvelle" le réquisitoire du procureur, réaffirmant n'avoir "aucun regret". "Si demain, il fallait aider de nouveau les patients, j'assure. C'est avant tout le patient. C'est la première préoccupation de nous médecins", a-t-il déclaré. S'agissant de Marie Humbert, le procureur a également retenu la notion de contrainte, évoquant le "conditionnement réalisé par son fils à son égard : elle était devenue véritablement son porte-parole au sens public du terme, et elle avait vraiment perdu beaucoup de son autonomie", a-t-il estimé. Dans ses derniers mois de vie, Vincent Humbert, qui communiquait avec le monde extérieur par une pression du pouce droit, avait interpellé le président de la République, lui réclamant le droit de mourir et publié un ouvrage dans lequel il racontait son souhait de "trouver un moyen de crever".

Romero réclame "un grand débat" sur l'euthanasie

 Jean-Luc Romero, élu UMP et vice-président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a appelé lundi à "un grand débat national sur l'euthanasie et la fin de vie", après le non-lieu général requis dans l'affaire Humbert. Il "salue" dans un communiqué la décision du procureur de la République et "espère que ce non-lieu sera suivi par la juge d'instruction". Il "s'étonne toutefois qu'il ait fallu près de deux ans et demi d'instruction et trois expertises médicales pour arriver à cette décision, alors que tous les éléments étaient dans les mains des juges depuis très longtemps". Selon lui, "cette décision démontre parfaitement l'hypocrisie du système actuel : l'euthanasie est toujours sanctionnée par la loi, mais tout est fait pour éviter la médiatisation qui pourrait découler d'un procès".

Photo d'ouverture : archives

Commenter cet article

  • Franck : Enfin une décision intélligentte et censée de la justice !!!!! le droit de mourrir devrait être inscrit dans la constitution des droits de l'homme !!

    Le 02/01/2006 à 13h27
  • Montjoye : C'est une bonne nouvelle mais il serait souhaitable de légiférer dans ce sens, pour éviter des drames judiciaires qui n'auront pas forcément la même fin. On a pas choisi de naître mais on devrait avoir le droit de mourir pour ne pas souffrir inutilement ! ( n'en déplaise aus psychologues et autre extrêmiste religieux )

    Le 02/01/2006 à 13h14
  • Pascale : Je trouve cette decision logique et normale.Cette femme est plus a plaindre qu'à blâmer; Je n'ai guere la foi en la justice française mais bon pour une fois qu'ils ont juge un dossier avec clairvoyance. c'est bon de le souligner Bonne annee a tous Pascale

    Le 02/01/2006 à 13h01
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