Outreau : les acquittés mettent en cause le juge Burgaud

le 18 janvier 2006 à 07h16 , mis à jour le 18 janvier 2006 à 16h42

Les acquittés de l'affaire de pédophilie ont commencé à être entendus publiquement mercredi à Paris par la commission d'enquête parlementaire. Les premiers acquittés à s'exprimer ont dénoncé une "instruction menée à charge" par le magistrat instructeur.

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Il s'agit des premières auditions publiques de la commission. Les acquittés d'Outreau ont commencé à être entendus mercredi matin à Paris par la commission d'enquête parlementaire chargée de tirer les leçons de cette catastrophe judiciaire. La semaine dernière, elle avait entamé ses travaux à huis clos, un choix dénoncé par les acquittés, leurs avocats, les deux principaux syndicats de magistrats et certains députés qui la composent.

Six des treize acquittés, dont certains ont effectué plus de trois ans de détention provisoire avant d'être innocentés d'accusations de viols et d'agressions sexuelles sur des enfants, ont ainsi raconté leur expérience.

"Le juge aurait dû avoir dès le départ des doutes"

Premier à s'exprimer, le chauffeur de taxi Pierre Martel a dénoncé une "instruction menée uniquement à charge et pas de présomption d'innocence". "Le juge aurait dû avoir dès le départ des doutes" a déclaré cet homme de 57 ans, acquitté lors du premier procès de Saint-Omer en juillet 2004.

Il a notamment rappelé que deux des quatre personnes qui l'accusaient étaient revenues sur leurs déclarations et a évoqué une lettre de Thierry Delay disant que sa femme Myriam, personnage principal de cette affaire, "accusait des innocents". "On n'en a jamais entendu parler. Il (le juge Burgaud, ndlr) est encore passé à côté de la recherche de la vérité", a-t-il dit. Pierre Martel a aussi évoqué les 18 courriers - autant de "signaux d'alarmes" - adressés au juge Burgaud, au ministre de la Justice d'alors Dominique Perben, à Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de l'époque et au président Jacques Chirac. "Tous ces appels à l'aide n'ont pas été entendus à l'époque. Nous étions considérés comme des monstres", a-t-il dit.

Le juge Burgaud conteste

L'abbé Dominique Wiel, acquitté lors du second procès, a affirmé que "le juge Burgaud savait que l'aîné des enfants Delay mentait dès le début" parce qu'il avait affirmé que son beau-père avait violé sa fille, ce qui s'est révélé médicalement faux. Cet homme de 68 ans, qui a subi 30 mois d'incarcération, a aussi dénoncé "l'absurdité des accusations" de viol portées contre lui et le "charabia des psychologues" qui avaient repéré des traits d'abuseur sexuel chez la plupart des accusés.

Dans une interview publiée mercredi par l'Express, le magistrat estime "avoir rempli sa mission honnêtement" et assure que "ce serait une solution de facilité de présenter des excuses". "Ce n'est pas adroit, c'est le moins qu'on puisse dire", a déclaré à la presse Elisabeth Guigou, député PS et membre de la commission. Mais l'ancienne ministre de la Justice n'entend pas pour autant "entrer dans le procès anti-juge Burgaud, anti-juge d'instruction".

le 18 janvier 2006 à 07:16
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3 Commentaires

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  • René-Jean Piffeteau, le 18/01/2006 à 11h31

    On ne peut pas à la fois arguer d'un manque de moyens pour approfondir une enquête, et garder en prison préventive parce qu'on n'a pas encore pu récolter une ombre de preuve. Cela reviendrait à établir le principe de la condamnation à titre de précaution. Un invividu doit rester innocent, donc libre, tant que sa responsabilité n'a pas été établie. Il y donc eu faute. Mais je crains que ce soit la mentalité de tout un corps qui soit en cause et non celle d'un seul juge d'instruction. Il n'y a donc rien à espérer.

  • BOCCHINI, le 18/01/2006 à 09h53

    Deux professions ,jusqu'a present n'encourent aucune responsabilite, dans le cadre de leur fonction. Les medecins ,qui se sont trop souvent couverts mutuellement et les juges, qui ,quelques soient leurs fautes ,et il y en a , n'aqssument aucune responsabilite par rapport a leur s decisions. Vous me direz , et vous avez raison, que les hommes politiques ne valent pas mieux. Croyez vous que ces auditions changerons quelques choses. Pas moi Jean Claude

  • Bon, le 18/01/2006 à 09h23

    J'entends parler de d'indemnisation, de commission d'excuses mais pas de sanction envers les acteurs de ce scandale va t il falloir que les victimes doposent plainte pour denonciation calomieuse? Qu'ils porte l'affaire devant la cour des droits de l'homme? Dire qu'on se pretand le pays des droits de l'homme et que nos dirigeants se permettent de donner des lecons ! En france on peut mettre en prison n'importe qui c'est tout ce qu'il faut voire la dedans !

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