Outreau : Guigou boycotte la commission

le 11 janvier 2006 à 18h36 , mis à jour le 11 janvier 2006 à 18h47

La commission d'enquête parlementaire sur Outreau a pris un nouveau coup mercredi avec la décision de l'un de ses membres, l'ex-ministre socialiste de la Justice de boycotter les auditions qui auront lieu à huis clos.

Guigou

La commission d'enquête parlementaire sur Outreau a pris un nouveau coup mercredi avec la décision de l'un de ses membres, l'ex-ministre socialiste de la Justice Elisabeth Guigou de boycotter les auditions qui auront lieu à huis clos.

Les deux principaux syndicats de magistrats, l'USM et le SM, ont vu dans cette protestation un nouveau signe de la "fragilité" de la commission qui a entamé ses travaux mardi afin de disséquer la catastrophe judiciaire d'Outreau et proposer des réformes.

"Ce drame national"

"J'ai vu hier la première audition à huis clos et je n'ai pas l'intention de renouveler cette expérience. Je suis pour la publicité des débats de la commission d'enquête", a déclaré la députée. "Je ne cautionnerai pas des réunions qui me semblent ne pas se faire dans la totale transparence", a-t-elle ajouté. Mercredi, la commission a entendu à huis clos des policiers, dont certains avaient pourtant été entendus publiquement au procès en appel à Paris en novembre.

La députée a estimé qu'il était "très important que l'ensemble des Françaises et des Français puissent savoir ce qui s'est passé" sur ce "drame national". Pour Elisabeth Guigou, il ne faut pas que le travail de la commission parlementaire "tourne au procès des médias et des juges". "Je souhaite qu'on mette tout cela à plat et seule la publicité organisée des débats peut donner ces garanties".

Elle a indiqué qu'elle assisterait la semaine prochaine à l'audition des personnes qui ont été acquittées puisque "plusieurs seront publiques" mais qu'elle ne participerait pas aux auditions "qui ne seront pas publiques".

"Le dispositif que je préconise c'est que tous les médias soient représentés par un ou deux journalistes, sans caméra et sans micro comme dans les procès, et que la Chaîne parlementaire soit autorisée à filmer et à diffuser l'intégralité des débats", a-t-elle expliqué.

Ses "batailles intestines"

Le principe d'un huis clos, levé au cas par cas en tenant compte du souhait des personnes auditionnées, a été décidé par la majorité de la commission. Il a été dénoncé par les acquittés d'Outreau, les syndicats de magistrats et des membres de la commission comme Christophe Caresche (PS) ou Michel Hunault (UDF).

"Par son manque de transparence et ses batailles intestines, la commission est malheureusement en passe d'échouer", a regretté Dominique Barella, le président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire). "Depuis le début cette commission est mal partie parce que les députés au lieu de s'occuper des grands principes comme la détention provisoire, l'instruction ou les droits de la défense s'enferrent dans la relecture des deux procès d'Outreau", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la décision de Elisabeth Guigou, le ministre de la Justice, Pascal Clément, a refusé de réagir sur une question "qui relève de la compétence de l'Assemblée". Elisabeth Guigou a également exprimé la crainte de lancement de réformes par le gouvernement "avant que la commission ait rendu son rapport" début juin.

Après l'annonce d'une réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) par le président de la République la semaine dernière, le président de la commission André Vallini (PS) avait déjà averti que Jacques Chirac "serait bien inspiré d'attendre" les conclusions de la commission.

(Elisabeth Guigou mardi à l'Assemblée nationale/DR)

le 11 janvier 2006 à 18:36
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6 Commentaires

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  • Sablier, le 12/01/2006 à 10h03

    Plus important que les caprices de madame Guigou , les juges de la cour d'appel de Douai rejettent la responsabilité de leurs erreurs sur le contexte sécuritaire ( cf Reuters ). Autrement dit , c'est la faute à Sarkosy . A ce niveau de lacheté et de sottise , les français sont en droit de penser que l'état de leur justice est encore pire que tout ce qu'ils peuvent imaginer .

  • Patrick, le 12/01/2006 à 09h08

    Bonjour mme guigou montre sa personnalite arrogante en ne faisant pas son travail

  • Bon, le 12/01/2006 à 08h56

    Le probleme est pourtant d'une simplicité evidente! En france la justice c'est des policiers qui cherchent un coupable un juge d'instruction qui fait la même chose et une fois que la mise en examen est faite un avocat sans pouvoir pour essayer de prouver le contraire. Apres un proces avec un procureur et des juges qui appartiennent a la même confrerie, La parole de la police jamais remise en cause.Et pour les juges de toutes façon si vous êtes la c'est que l'instruction a demontré que vous etiez coupable tout ce qui les ineterresse c'est de savoir a quel point pour quelle peinne !

  • Laurent, le 12/01/2006 à 05h55

    Boycotter cette comission c'est faire de la politique de l'autruche. Ce n' est pas la premiere fois qu' on envoie des innocents en prison et qu'on se cache ensuite. Souvenez vous de Christisan Ranucci.

  • Vastre, le 12/01/2006 à 05h02

    Madame Guigou a trouvé enfin un moyen de faire parler d'elle. Mais elle n'a plus de destin national, c'est trop tard. Elle a été doublé par Ségolène qui a pris beaucoup d'avance !

  • Antoine, le 11/01/2006 à 23h49

    Face au scandale inqualifiable d'Outreau, quel intérêt politique trouvent donc les socialistes à soutenir le corporatisme étriqué des syndicats trotskistes de la magistrature ? Ne voient-ils pas que les français en ont assez de cette absence de responsabilité revendiquée et de cette auto-absolution permanente du pouvoir judiciaire ?

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