Franck et Sandrine Lavier, les deux derniers acquittés, ont été entendus le 31 janvier. "Dans la tête des policiers, du juge Burgaud ou du procureur, c'était 100 % coupable". Les Lavier ont affirmé ne pas avoir eu d’avocat lors de leur garde à vue. En prison : "On était les bêtes noires, on était 28 au début en cellule, c'est pas des petites bagarres quand ça se déclenche, c'est l'enfer".Mardi, lors de leur audition devant la commission d'enquête parlementaire, Franck et Sandrine Lavier, qui ont effectué trois ans de détention provisoire, ont raconté "l'enfer" à certains moments de leur détention, l' "arrachement" à leurs enfants, l'invraisemblance des accusations de viols et d'agressions sexuelles portées contre eux, l'humiliation de leur garde à vue et l'absence d'avocat pour assurer leur défense au début de l'affaire. "Pendant toute l'instruction", et pas seulement de la part du juge d'instruction Fabrice Burgaud, "on était déjà coupables avant d'être jugés", a dénoncé Franck Lavier. "On est innocent, on peut pas vous le prouver. C'est un peu comme dire +le vent existe mais on ne le voit pas+. Là, on disait +on est innocents+ mais personne ne le voyait", a ajouté l'homme de 28 ans, condamné en première instance en 2004 à Saint-Omer à 6 ans de prison, notamment pour le viol de sa belle-fille, et innocenté à Paris en décembre.
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Condamnés en 2004 puis acquittés en 2005 dans l'affaire de pédophilie d'Outreau, Franck et Sandrine Lavier comparaissent ce jeudi en correctionnelle pour "violences habituelles sur mineurs" et "corruption de mineurs".
Publié le 07/07/2011
"Dans la tête des policiers, du juge Burgaud ou du procureur de Boulogne-sur-mer Gérald Lesigne, c'était 100 % coupable", a renchéri Sandrine Lavier, condamnée à trois ans de prison avec sursis pour corruption de mineurs et acquittée à Paris, affirmant que le procureur lui avait déclaré: "plus vite vous reconnaitrez, plus vite vous sortirez". "Il n'y avait pas 1 % pour nous", a ajouté Franck Lavier.
"On m'a déchiré mes vêtments"
Mère de quatre enfants, enceinte d'un cinquième, Sandrine Lavier a confié que "l'arrachement" à ses enfants, placés en familles d'accueil après l'arrestation du couple en mai 2001, avait été le plus dur à vivre. "J'ai été six-sept mois sous antidépresseurs. J'ai eu des crises d'angoisse, je me suis battue pour mes quatre enfants. Aujourd'hui, j'en suis fière, j'ai fait ça jusqu'au bout pour eux", a confié la jeune femme blonde, en col roulé noir.
Sandrine Lavier a aussi raconté les traitements que ses codétenues lui ont fait endurer, au début de son incarcération, avant qu'elle ne soit changée de cellule: "On m'a déchiré mes vêtements, mes courriers, les photos de mes enfants, c'était l'enfer total l". "On était les bêtes noires, on était 28 au début en cellule, c'est pas des petites bagarres quand ça se déclenche, c'est l'enfer", a ajouté son mari. Les Lavier ont affirmé ne pas avoir bénéficié de l'assistance d'un avocat lors de leur garde à vue, pourtant prévue par la loi, ou lors de certaines auditions devant le juge d'instruction.
Franck Lavier a également dénoncé l'"extravagance" des accusations portées contre lui par sa belle-fille, qui avait affirmé avoir été violée par trois hommes en même temps alors qu'elle est vierge et le fait qu'il ait été poursuivi au début de l'affaire pour des agressions sur deux autres de ses enfants alors qu'ils n'étaient pas nés à l'époque des faits. Les époux, derniers acquittés à être entendu par la commission, ont enfin expliqué les difficultés rencontrées pour récupérer la garde de leur dernière fillette. "Avant Outreau, on était une famille normale, aujourd'hui on a 50 référents (assistantes sociales, ndlr) et un juge pour enfant", a déploré Frank Lavier.
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