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Procès Castel : le braquage, une "immense connerie", selon son père


le 04 janvier 2006 à 15h07
Temps de lecture
3min
Hélène Castel
SociétéJugée pour le braquage d'une agence bancaire en 1980, Hélène Castel a exprimé "ses regrets" mercredi devant la cour d'assises de Paris. Ses proches ont eux insisté sur la difficulté de juger l'accusée 25 ans après les faits.

Les proches d'Hélène Castel, appelés à témoigner à son procès devant la cour d'assises de Paris, ont insisté mercredi sur la difficulté de juger l'accusée, 25 ans après le braquage auquel elle a participé, un crime qualifié d'"immense connerie" par son père.

"Nous ne sommes plus en 1980, Hélène est aujourd'hui quelqu'un de très différent de celle qu'elle était à cette époque", a souligné Robert Castel, 73 ans, sociologue et ancien directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) qui a plaidé pour replacer les faits dans leur contexte.

"Une immense connerie"

Pour lui, le braquage du 30 mai 1980 auquel sa fille a participé était une "immense connerie", une "sorte de dérapage" lié à l'état d'esprit un peu perdu des jeunes de la fin des années 1970 qui "avaient un peu fantasmé mai 1968 et avaient un peu de mal à se remettre sur pieds". "Je ne pense pas ma fille comme une criminelle", a-t-il ajouté.

Hélène Castel comparaît devant la cour d'assises de Paris, présidée par Dominique Coujard, pour sa participation à un hold-up avec prise d'otages au cours duquel l'un des malfaiteurs avait trouvé la mort et le directeur de l'agence bancaire avait été gravement blessé. Elle encourt vingt ans de réclusion criminelle.

Pour son frère Philippe, 52 ans, professeur de psychologie sociale, qui l'avait aidée à quitter la France en 1980, Hélène Castel a payé son "erreur de jeunesse" par son exil de 25 années au Mexique. Dans ce pays, l'accusée est devenue psychothérapeute à Jalapa, capitale de l'Etat de Veracruz (est), elle a eu une fille, Maria, aujourd'hui âgée d'une vingtaine d'années.

Appelée à la barre, cette dernière a raconté qu'elle avait découvert les raisons de l'exil de sa mère le jour de son arrestation, le 12 mai 2004. "C'était une partie différente de son existence", a expliqué la jeune fille, avec un léger accent mexicain.

"Comme une douche fraîche"

Actuellement étudiante en lettres françaises à l'université de Mexico, elle envisage de poursuivre ses études en France dont elle a acquis la nationalité. "L'arrestation de votre mère a été une bonne chose ?", lui a demandé le président de la cour à la fin de sa déposition. "Oui, bien sûr", lui a répondu Maria. "Cela aurait-il été plus compliqué si elle était passée au travers ?". "Oui, je crois", a-t-elle dit.

Dans la matinée, Hélène Castel alias Florencia Rivera Martin avait longuement expliqué à la cour ce que représentait son arrestation et son retour en France. "J'aurais voulu faire avant cette transition que je suis en train de vivre mais je ne m'en sentais pas capable", a-t-elle expliqué.

Tentée à plusieurs reprises de se rendre, elle a affirmé ne l'avoir pas fait à cause de sa fille. "J'attendais qu'elle soit vraiment autonome pour prendre la décision même si je savais que j'allais tout perdre de la vie que j'avais construite au Mexique". "Quand j'ai été arrêtée, c'était comme une douche fraîche en pleine canicule, je me suis rendue compte que j'avais vraiment besoin de vivre cela, j'avais besoin de renaître à la France, d'être entière", a déclaré Hélène Castel. Jeudi, la cour doit examiner les circonstances du hold-up. Le verdict est attendu vendredi.

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  • Vastre : Trop facile pour les truands d'aujourd'hui de tuer et voler, puis de se réfugier dans un pays étranger pour couler la belle vie et revenir dans 25 ans pour se faire pardonner. Voudrait-on encourager les hold-ups meurtriers de l'an 2006 pour une repentance en 2031 ?

    Le 04/01/2006 à 15h49
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