Un proviseur homo viré à cause de son blog

le 18 janvier 2006 à 09h11 , mis à jour le 18 janvier 2006 à 21h33

Le proviseur d'un lycée de Mende en Lozère a été révoqué pour avoir animé un blog où il évoquait son homosexualité. L'Education nationale parle d'écrits et de photographies à caractère pornographique ce que dément l'intéressé.

Le téléchargement illégal de fichiers sur Internet

Le proviseur du lycée Peytavin à Mende (Lozère), révoqué par le ministre pour avoir animé un blog où il évoquait son homosexualité, mais à travers des écrits et photos pornographiques selon le ministère, a qualifié mardi cette sanction de "disproportionnée" dans un entretien à l'AFP. "J'ai été suspendu de mes fonctions à la date du 20 octobre, traduit devant une commission paritaire nationale disciplinaire le 9 décembre, puis le ministre a pris sa décision qui m'a été notifiée le 9 janvier", a indiqué l'intéressé qui se dit "surpris par la gravité de la sanction". "Cette décision est disproportionnée dans la mesure où il est exceptionnel ou atypique d'être révoqué alors qu'il n'y a pas de traduction au pénal. C'est une décision administrative infamante", a-t-il ajouté, jugeant qu'"il y a une erreur manifeste d'appréciation, dans d'interprétation de tel ou tel document ou écrit".

"Je le dis clairement : il n'y avait rien de pornographique ni d'obscène dans mes écrits, pas de nudité frontale, pas de sexe en érection, pas de couple en action sur mon blog", a-t-il souligné. "Les photos qui pouvaient illustrer mon blog", écrit sous un pseudonyme, a-t-il poursuivi, "représentaient des hommes en slip ou en caleçon. Quand je vois la publicité actuelle faite par Mariner, on peut dire que ce n'était pas plus agressif que ce qui est affiché". "Mes fonctions de proviseur figuraient" sur le blog "que j'ai tenu pendant deux ans, car je parlais de ma vie et ma vie, c'est mon travail, mais je n'ai jamais mentionné les noms des établissements que je dirigeais. J'ai seulement dit que j'étais muté en Lozère, à Mende", a-t-il fait valoir.

40 lecteurs réguliers

"Mon blog était un journal intime que je partageais avec 40 lecteurs réguliers. Sur le plan professionnel, surtout lorsqu'on doit prendre des décisions, on est seul. Je parlais de mon homosexualité, de ma vie personnelle ou sentimentale, je ne parlais pas de ma vie sexuelle". "Quelques photos d'hommes en caleçon ou en slip ont été présentées à la commission paritaire : on a considéré que le mélange des genres n'était pas digne de l'image de la fonction de proviseur ou de l'institution", a encore déploré l'ancien proviseur.

"J'ai déposé un recours gracieux auprès du ministre de l'Education, pour qu'il revienne sur sa décision, en tenant compte de mes états de service: depuis 12 ans, je suis très bien noté et depuis quatre ans - j'ai été proviseur trois ans près de Rouen-, j'ai de très bons états de service", a-t-il encore indiqué. Cet homme, qui "n'a plus ni salaire ni de logement de fonction, ne peut plus à l'avenir être fonctionnaire, n'a pas droit aux Assedic (en tant que fonctionnaire) et ne disposera plus que du RMI", a précisé qu'il allait "déposer un recours auprès de la commission supérieure de la fonction publique" et si on ne lui donne pas gain de cause, "déposer un recours contentieux devant le tribunal administratif".

La hiérarchie prévenue par des professeurs

Interrogé par l'AFP lundi soir, Paul Desneuf, directeur de l'encadrement au ministère de l'Education nationale, assurait que ce proviseur "animait un blog sur lequel on trouvait des écrits et des photos à caractère pornographique, incompatible avec la profession de chef d'établissement". Il précisait que celui-ci y citait sa fonction et le nom de son établissement, ce qui le rendait reconnaissable. En revanche, Georges De Haro, secrétaire académique du Syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale (SNPDEN), principal syndicat de chefs d'établissement, qui s'attendait à une sanction moins grave à l'encontre de ce chef d'établissement, "très apprécié par ses chefs comme par ses subordonnés", a nié l'existence de photos pornographiques. Il estime que, "dans ce dossier, il n'y a pas de preuve formelle, circonstanciée d'un caractère répréhensible de quelque nature que ce soit". Le rectorat de Montpellier s'est refusé à tout commentaire. Ce sont des enseignants de l'établissement, qui, à la recherche de blogs d'élèves critiquant leurs professeurs, sont tombés sur celui de leur proviseur et ont prévenu leur hiérarchie, a précisé le ministère.

(Photo : archives)

le 18 janvier 2006 à 09:11
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27 Commentaires

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  • Meriadec, le 18/01/2006 à 16h39

    Moa je trouve ca cool un homme en slip :o) Blague à part, il aurait du faire plus attention au regard de sa fonction. Après, un avertissement eu suffit à le calmer je pense.

  • Ludo, le 18/01/2006 à 16h28

    Je suis supris par les reactions stupides de chacun, un blog permet a un internaute de mettre des informations privees ou publiques qui lui appartient, on est donc dans la sphere privee de l etre humain,et ceci na rien a voir avec l image de l education national qui est son employeur!!!!!nous empechons des gens de vivre leur libre expression l interdire voudrais que l on vit pas dans une democratie mais plus dans une dictature ... moi je suis lui conseil d attaquer au + haut vmais saisir le conseil europeen

  • Philippe, le 18/01/2006 à 16h01

    Dénoncé par des profs!!!! Qui vont sans doute apprendre la tolérance à leurs éléves. C'était peu être des travaux pratiques pour montrer ce qu'a été la délation sous des régimes comme vichy ou l'URSS . Et après, on l'envoise au stalag ou au goulag le vilain proviseur.

  • Deroquoi, le 18/01/2006 à 15h04

    Ce qui est paradoxal, c'est que le proviseure d'un lycée où un professeur est poignardée en classe et que l'on accuse de laxisme est dédouanée par les inspecteurs et le ministre et celui qui s'affiche dans un blog évoquant son homosexualité est mis dehors (un blâme aurait suffit) alors qu'il est dit jugé compétent. Pauvre France.....

  • Ludo, le 18/01/2006 à 13h37

    Un homme en slip c'est de la pornographie ??? C'est révoltant. Ce monsieur aurait été chef de chantier par exemple, il n'aurait jamais été victime d'une sanction disciplinaire. Y aurait-il une forme de discrimation d'un métier à un autre ? Y a-t-il une loi qui interdit à un proviseur de mettre en ligne sur son blog des hommes en slip ? Pourquoi un proviseur plus qu'un autre devrait s'abstenir de mettre des hommes en slip sur son site ? Pourquoi un fonctionnaire de l'état devrait eviter le mélange des genre ? C'est de la pure discrimation sans état d'âme, j'espère que ce monsieur saisira le tribunal européen sur cette affaire.

  • Olivier, le 18/01/2006 à 11h35

    Ce proviseur est coupable d'etre passioné pour son métier et décomplexé et serein envers la sexualité. Il n'y avait rien de choquant dans son blog, mais les partisans de deux dogmes moyenageux, une morale stricte et un devoir de réserve absolu, ont gagné. On va bientôt revenir à une situation obscurantiste ou toute critique (même éminemment constructive) et toute allusion au fait que l'être humain est une espèce sexué sera vue comme passible de l'inquisition. C'est honteux. On est au XXIeme siècle, merde !

  • Xx, le 18/01/2006 à 11h19

    Les blog sont a vocation publique, essayer de vous mettre nue en pleine rue, vous serez rapidement arreter et condammner pour exibtionnisme, par contre ce n'est pas à l'eduction nationale de sanctioner ce comportement mais a la justice.

  • Maxime, le 18/01/2006 à 10h49

    Tout simplement honteux, je ne m'étendrai pas plus sur le sujet.

  • Etienne, le 18/01/2006 à 10h47

    Enfin quand il dit qu'il a été muté a un endroit ou il n'y a qu'un lycée ou deux il dit clairement ou il exerce ses fonctions.Je trouve cette decision normale.Quand on est proviseur d'un lycée on ne met pas des photos d'homme ou de femmes en "petite tenue" ou nus sur son blog.Point .Il n'et pas question d'homophobie mais de principe de responsabilité.

  • Rémy, le 18/01/2006 à 10h46

    Pourtant je suis loin d'etre un militant pour la cause gay, mais bon la je ne vois pas pourquoi on supendrait quelqu'un pour un blog qui exprime des idées/sentiments qui ne mettent pas en péril l'etablissement scolaire ou la nation (pas d'incitation à la haine, racisme, pédophilie et j'en passe...). En revanche nos élus ont le droit de "frequenter" des callgirls sans être inéligible ?

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