Le rapport qui dédouane le lycée d'Etampes

le 17 janvier 2006 à 13h25 , mis à jour le 17 janvier 2006 à 21h43

"Pas de faute grave caractérisée" de l'établissement scolaire ou du rectorat. C'est la conclusion de l'enquête administrative qui avait été réclamée par Gilles de Robien après l'agression d'une enseignante du lycée Louis Blériot d'Etampes. Celle-ci avait affirmé que ses appels étaient restés ignorés de sa hiérarchie.

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Le 16 décembre, alors qu'elle faisait cours au lycée professionnel Louis Blériot d'Etampes, l'enseignante Karen Montet-Toutain avait été agressée au couteau par un de ses élèves, furieux qu'elle ait prévenu sa mère d'une mesure d'exclusion provisoire à son encontre. "Je n'en veux pas à mon agresseur qui présentait des signes d'inadaptation à notre établissement. J'en veux à l'institution", avait déclaré la victime le 11 janvier dans la presse, assurant que sa hiérarchie, alertée selon elle à plusieurs reprises et par écrit de menaces dont elle faisait l'objet, n'avait pas réagi.

Une enquête administrative menée par l'inspection générale et chargée d'établir s'il y a eu faute ou non de l'administration a été remise mardi au ministre de l'Education nationale, qui a répété à de multiples reprises être convaincu qu'"il n'y a pas eu de faute administrative grave". Ce rapport doit être désormais transmis à la justice dans le cadre de l'enquête judiciaire sur l'agression. 

L'enseignante "ne ment pas mais interprète"

Les deux inspecteurs, Gérard Pourchet et André Hussenet, qui ont mené l'enquête commandée par Gilles de Robien au lendemain du drame, ont assuré à la presse n'avoir constaté "aucune faute grave caractérisée" dans le lycée professionnel Louis Blériot. Ils ont également certifié qu'il n'y avait pas non plus eu de faute grave caractérisée de la part de l'Inspection académique de l'Essonne ni du rectorat de Versailles. Selon eux, "il n'y a pas de lien entre l'agression de Karen Montet-Toutain et le climat qui règne dans l'établissement", qui, ont-ils répété, n'est pas un établissement violent, comme le démontrent entre autres les comptes-rendus de conseils d'administration depuis 2003 qu'ils ont compulsés.

Contredisant en partie les déclarations à la presse de la victime qui, selon eux, "ne ment pas mais interprète les événements précédant l'agression en fonction de cette grave agression", les deux inspecteurs généraux ont assuré que celle-ci avait en effet remis à sa hiérarchie un rapport écrit, évoquant une "agression verbale à caractère sexuel" et non une menace de viol, comme elle l'avait dit. Concernant la menace de mort en revanche, "c'est parole contre parole", "nous n'avons pas vu de fiche de signalement".

"Ce rapport est sujet à caution car il vient corroborer les déclarations du ministre de l'Education nationale qui a déclaré plusieurs fois avant qu'il n'y avait pas de faute grave", a ironisé Me Koffi Senah, l'avocat de Karen Montet-Toutain. Il a annoncé qu'il allait "d'ici quelques jours", déposer une "cinquième plainte contre X visant l'administration pour non assistance à personne en danger".

Photo d'ouverture : le lycée professionnel Louis Blériot - archives

le 17 janvier 2006 à 13:25
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39 Commentaires

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  • Joss, le 17/01/2006 à 17h21

    Comment peut-on invoquer "c'est parole contre parole" à une femme qui s'est fait poignarder, c'est lamentable.... et ou sont les syndicats toujours promps à manifester pour tout et rien?

  • LAVERGNE François, le 17/01/2006 à 17h17

    "mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose!" Etouffons, étouffons la vérité ! Pourvu que la "machine tourné" ! Il est nécessaire d'imposer que soit établi un rapport pout signaler tout incident survenu, rapport signé de celui qui a consatté, a été victime, du supérieur hiérarchique afin que rien ne soit toléré. Il faut aussi appeler les choses par leur nom et cesser d'utiliser des mots que ne recouvre aucune réalité constatée et donner les noms des responsables. Il est nécessaire de rétablir l'ordre dans les établissements et d'imposer une discipline. Le mensonge n'a jamais permi d'établir quelque chose de sain et de constructif. Ainsi, pourquoi parler de fumée quand il s'agit de drogue, de boisson quand il s'agit d'alcool, de liberté retrouvée quand il s'agit de désoeuvrement par manque d'effectifs ou d'abandon de responsabilité ( ex: des élèves qui traînent dans rues ou cafés après les cours avant de returner dans l'établissement pour le repas. Il faut du courage, simplement et moins d'autosatisfaction affichée pour favoriser l'avancement, éviter que l'établissement soit montré du doigt ... Si la volonté de changer les choses existe, les résultats apparaîtront. Deux enseignants honoraires.

  • Thierry, le 17/01/2006 à 17h14

    J'aime beaucoup la nuance qui est faite entre "agression verbale à caractère sexuelle" et "menace de viol", il est vrai que cela n'a rien rien à voir. Quant au fait que "concernant la menace de mort, c'est parole contre parole", alors là, les bras m'en tombent, l'enseignante ne s'est-elle pas faite poignardée ??!!? Y a-t-il encore besoin de mettre en doute sa parole, faut-il qu'un autre drame se produise pour se dire qu'il y a peut-être un problème dans cet établissement (d'autant que j'ai cru comprendre que les menaces dont elle avait fait l'objet émanaient d'autres élèves que celui qui l'a agressée)? Ha oui, j'oubliais, c'est "parole contre parole"! Bref, je suis écoeuré, au lieu du soutient, qu'elle aurait du attendre de son institution, elle est enfoncée, traitée d'affabulatrice qui "interprète les évènements". Pour finir, j'aimerais demander aux deux inspecteurs, Gérard Pourchet et André Hussenet, qui ont mené l'enquète, ce qu'ils considèrent être "une faute administrative grave" (si ce n'est leurs conclusions).

  • Benoit, le 17/01/2006 à 17h09

    C'est malheureux mais c'est comme ça avec l'admnistration ... Il faut toujours être trés précis et communiquer par écrit avec AR. A bon entendeur

  • JGH, le 17/01/2006 à 16h57

    Au vu des explications contenus dans le rapport on pourait penser que les inspecteurs désignés surl'affaire ont pratiqué une expertise psychologique de la victime, ce qui dépasse de loin leur compétences ..L'éducation Nationnale va-t-elle pratiquer la même démarche pour l'enseignant agressé à Vitry- sur -Seine? Le fait d'être inspecteur d'accadémie donne-t-il automatiquement des pouvoirs en psychologie? Et par ailleurs tous les enseignant sont-ils soudainement des psychopates, dés qu'il subissent une agression ? Après les procés "Staliniens", voilà les procés à la "De Robien", ce qui est grave ...Merci de me publier

  • ., le 17/01/2006 à 16h46

    Et les collègues du professeur qu'est-ce qu'ils en pensent , à moins qu'ils n'osent pas parler ! Hiérarchie oblige . .....agression verbale à caractère sexuel" et non une menace de viol, ....à quoi correspond une agression verbale à caractère sexuel ?? dites-moi donc , je cherche la tournure ?!

  • Minus, le 17/01/2006 à 16h33

    On se demande si cette enseignante a réellement été agressée a la lecture de ce rapport....

  • Marie, le 17/01/2006 à 16h24

    Si était décédée dans l'agression, elle aurait été décorée à titre posthume de l'ordre national du mérite pour avoir fait son travail malgré le climat de violence. Là on préfère la décridibiliser par une enquête administrative qui reprend ce qu'avait le ministre à la presse avant même qu'elle ne soit commencée. J'espère que ses collègues réagiront et feront entendre leur voix pour dire leur vécu réel des conditions de travail dans ce lycée.

  • Pierre, le 17/01/2006 à 16h17

    "agression verbale à caractère sexuel" et non "une menace de viol" Mais ils sont complètement à côté de la plaque !!

  • Geronimo, le 17/01/2006 à 16h14

    L'enseignante n'en veut pas a son agresseur. le ministre n'en veut pas a la hierarchie. pourquoi tout ce tapage ?. Il suffit de donner le numero de telephone des etablissements prives aux parents car ils ne baignent pas dans ce poker menteur.

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