
Le 16 décembre, alors qu'elle faisait cours au lycée professionnel Louis Blériot d'Etampes, l'enseignante Karen Montet-Toutain avait été agressée au couteau par un de ses élèves, furieux qu'elle ait prévenu sa mère d'une mesure d'exclusion provisoire à son encontre. "Je n'en veux pas à mon agresseur qui présentait des signes d'inadaptation à notre établissement. J'en veux à l'institution", avait déclaré la victime le 11 janvier dans la presse, assurant que sa hiérarchie, alertée selon elle à plusieurs reprises et par écrit de menaces dont elle faisait l'objet, n'avait pas réagi.
Une enquête administrative menée par l'inspection générale et chargée d'établir s'il y a eu faute ou non de l'administration a été remise mardi au ministre de l'Education nationale, qui a répété à de multiples reprises être convaincu qu'"il n'y a pas eu de faute administrative grave". Ce rapport doit être désormais transmis à la justice dans le cadre de l'enquête judiciaire sur l'agression.
L'enseignante "ne ment pas mais interprète"
Les deux inspecteurs, Gérard Pourchet et André Hussenet, qui ont mené l'enquête commandée par Gilles de Robien au lendemain du drame, ont assuré à la presse n'avoir constaté "aucune faute grave caractérisée" dans le lycée professionnel Louis Blériot. Ils ont également certifié qu'il n'y avait pas non plus eu de faute grave caractérisée de la part de l'Inspection académique de l'Essonne ni du rectorat de Versailles. Selon eux, "il n'y a pas de lien entre l'agression de Karen Montet-Toutain et le climat qui règne dans l'établissement", qui, ont-ils répété, n'est pas un établissement violent, comme le démontrent entre autres les comptes-rendus de conseils d'administration depuis 2003 qu'ils ont compulsés.
Contredisant en partie les déclarations à la presse de la victime qui, selon eux, "ne ment pas mais interprète les événements précédant l'agression en fonction de cette grave agression", les deux inspecteurs généraux ont assuré que celle-ci avait en effet remis à sa hiérarchie un rapport écrit, évoquant une "agression verbale à caractère sexuel" et non une menace de viol, comme elle l'avait dit. Concernant la menace de mort en revanche, "c'est parole contre parole", "nous n'avons pas vu de fiche de signalement".
"Ce rapport est sujet à caution car il vient corroborer les déclarations du ministre de l'Education nationale qui a déclaré plusieurs fois avant qu'il n'y avait pas de faute grave", a ironisé Me Koffi Senah, l'avocat de Karen Montet-Toutain. Il a annoncé qu'il allait "d'ici quelques jours", déposer une "cinquième plainte contre X visant l'administration pour non assistance à personne en danger".
Photo d'ouverture : le lycée professionnel Louis Blériot - archives
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