Le récit du martyre du petit Nicolas

le 20 janvier 2006 à 20h15 , mis à jour le 21 janvier 2006 à 10h10

Le calvaire du petit garçon mort en août 2003 après six semaines de sévices a été relaté vendredi à la cour d'assises du Bas-Rhin devant les quatre accusés. Ces derniers, plus proches parents de Nicolas, ont nié l'ampleur de leur responsabilité. Le verdict est attendu le 27 janvier.

nicolas pièce à conviction © lci

Le martyre du petit Nicolas, cogné "comme un punching-ball", empêché de boire pendant un été caniculaire, bâillonné et lié dans son lit, a été relaté vendredi à la cour d'assises du Bas-Rhin devant quatre accusés, ses plus proches parents, qui ont nié l'ampleur de leur responsabilité.

Nicolas est mort le 9 août 2003 après six semaines de sévices qualifiés d'actes de tortures et de barbarie, dans un logement sordide et surpeuplé. Cette période correspond à l'arrivée au foyer Holzmann de la grand-mère maternelle de la victime, Mme Vieira, et de son fils Bruno, 21 ans à l'époque des faits.

Baillonné pour ne pas réveiller

Mme Vieira reconnaît avoir frappé Nicolas avec une palette en bois pour faire les crêpes, un instrument qui semble aussi avoir été utilisé par ses enfants, Bruno et Isabel, pour frapper le garçon. "Mais ce n'était pas pour lui faire mal, je ne lui faisais pas de marque", a-t-elle assuré. Elle a reconnu aussi qu'elle s'était servie d'une corde à sauter pour attacher Nicolas dans son lit "pour qu'il reste dedans", a-t-elle expliqué, car les déplacements nocturnes de Nicolas dérangeaient ses trois soeurs et sa grand-mère qui dormaient dans la même chambre.

"Les pieds et les mains attachés, il passait quand même, alors on l'a attaché au lit", raconte-t-elle de sa voix chevrotante. En outre, il "était bâillonné pour ne pas réveiller ses soeurs par ses plaintes", et à la fin, il restait attaché et bâillonné nuit et jour. A l'évocation de ces sévices, le père de Nicolas, Fernand, s'est effondré en pleurant, victime apparemment d'un malaise.

Nicolas était frappé "tout au long de la journée, principalement par ma mère, par mon frère et à moi, ça m'arrivait aussi", avait auparavant reconnu son épouse, Isabel. Elle a expliqué qu'il y avait "un assez fort climat de tension à la maison", depuis l'arrivée de Bruno et de sa mère.

"A partir de la mi-juillet, Nicolas passait tout son temps à écrire des lignes de punition, et dès qu'il arrêtait, il prenait des gifles" a-t-elle déclaré. L'enfant était aussi frappé alors qu'il écrivait ses lignes, à genoux devant la petite table du salon, les pieds entravés, à cause de ses bêtises. "Mais il n'a jamais rien fait d'irréparable", a-t-elle reconnu.

"Je ne me lève pas en cachette pour boire" 

Quant aux lignes de punition, le président Jérôme Bensussan a montré à la cour trois grands cahiers 24x32, et demandé aux quatre accusés qui avait contraint Nicolas à écrire ces lignes. "Ce n'est pas moi", se sont récriés tour à tour Marie-Thérèse Vieira, Fernand et Isabel Holzmann, et Bruno.

Dans ces cahiers, Nicolas avait écrit 2.772 fois "pendant la nuit, je ne me lève pas en cachette pour boire", 1.551 fois "Je ne me fous pas de la gueule de mon père" et 1.008 fois "j'apprend à me taire". Bruno a seulement reconnu avoir demandé à Nicolas d'écrire "quand je vais au stade, je ne frime pas", mais, a-t-il insisté, "je lui ai jamais demandé de compte sur sa punition, c'est ma mère qui le surveillait".

La grand-mère a indiqué de son côté: "je fixais pas le nombre de lignes, je surveillais juste qu'il écrive, il fallait qu'il écrive, sinon il avait des baffes". Les derniers jours avant sa mort, a raconté le père, "il ne mangeait pas à table avec nous, parce que ma belle-mère disait qu'il sentait mauvais, parce qu'il avait pissé dans sa couche", mais "à part ça, pour moi il allait bien".

Fernand Holzmann a fini par reconnaître que les problèmes d'énurésie de son fils avaient repris au moment même où sa belle-mère s'était réinstallée dans leur petit trois pièces, fin juin, après un premier séjour de cinq mois, de décembre 2002 à mai 2003, déjà extrêmement tendu. Le verdict est attendu le 27 janvier.

(une corde, une des pièces au procès/lci)

le 20 janvier 2006 à 20:15
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64 Commentaires

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  • Alexandra, le 21/01/2006 à 17h23

    Que dire face à cette horreur ? je n'en reviens pas, j'en ai les larmes aux yeux. Petit Nicolas, tu es dans un meilleur monde maintenant. Paix à toi.

  • Bedin, le 21/01/2006 à 16h31

    Monstrueux,ignobles.Ces gens meritent le meme traitement que celui inflige a ce petit bonhomme.

  • Andrée, le 21/01/2006 à 16h18

    Ces gens là sont des monstres, ils ne méritent aucune excuse.j'espère qu'ils vont en prendre pour l'éternité!

  • Faustine, le 21/01/2006 à 15h29

    La seule chose qui me vient à l'esprit lorsque je lis une telle chose c'est que certaines personnes sur terre me font vomir.

  • Poulet, le 21/01/2006 à 15h12

    Je suis atterée par la souffrance de ce petit garçon. Pour moi, il n'y a aucune clémence à avoir vis-à-vis de ces parents qui ne pas des parents d'ailleurs mais des bourreaux. Pour moi, la vie d'un enfant n'a pas de prix.

  • Delgado, le 21/01/2006 à 15h08

    Le monde part vraiment en vrille ! Comment peut-t-on faire cela à un enfant et comment peut-on défendre ces gens-là! Je ne peux pas comprendre...

  • Pessel, le 21/01/2006 à 13h41

    Pauvre petit bonhomme et dire que dans notre société CA existe!!! Comment plaindre "ses pauv'gens" ce sont des monstres ni plus ni moins. Ne cherhcons pas à qui est la faute, elle est à tous!!! Les parents d'aujourd'hui ne veulent plus assumer les enfants, ils les collent devant la télé qui les abreuvent de C******* à longueur de journée. Quand allez-vous prendre vos responsabilités et éduquer vos enfants, les aimer et leur donner les moyens de s'en sortir. Vous preferez certainement qu'ils ne vous dérangent pas pendant les emissions réalités débiles que l'on vous sert pour vous donner envie. Ne voyez-vous pas que vos enfants appellent au secour, demandent de l'attention...de l'amour. Ce sont des enfants pas des animaux que l'on dresse à être "sages", à ne pas "faire de bruit", "ne pas déranger". Alors avant que des personnes comme celles ci ne fassent des enfants qu'elles reflechissent bien : des enfants ça bouge, ça parle, ça court, ça crie...ça vit.

  • Thomas, le 21/01/2006 à 13h21

    Je pleure cette souffrance qu'il a dû subir et je suis heureux qu'il en soit libéré, même si j'aurais préféré que ce soit d'une autre manière. Nicolas je souhaite que le paradis existe pour te recevoir.

  • Sylvie, le 21/01/2006 à 13h06

    HORRIBLE!! comment peut-on faire ça à un enfant, dire que moi je n'arrive pas en avoir je ne comprends pas comment ces gens peuvent dire qu'il sont maman et papa

  • Philippe, le 21/01/2006 à 13h01

    Pauvre petit. Aucune pitié pour de tels monstres.

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