Robien aux profs : "N'hésitez pas à porter plainte"

le 11 janvier 2006 à 16h01 , mis à jour le 11 janvier 2006 à 20h09

Le ministre de l'Education nationale engage les enseignants à porter plainte directement auprès de la police lorsqu'ils font l'objet de menaces. Il a répété qu' "il n'y avait pas eu de faute grave de l'administration" dans l'affaire de l'enseignante agressée à Etampes. Celle-ci met pourtant clairement en cause l'inertie de sa hiérarchie.

Robien

"N'hésitez pas à aller voir la hiérarchie, n'hésitez pas à porter plainte ". Mercredi matin, lors de ses vœux à la presse, le ministre de l'Education nationale n'a pas mâché ses mots. Face à l'inquiétude du corps enseignant, près d'un mois après l'agression d'Etampes, Gilles de Robien les a incité à ne pas se contenter d'informer leur hiérarchie en cas de problème. "Je dis aux enseignants : surtout exprimez-vous. N'hésitez pas à aller voir la hiérarchie, n'hésitez pas à porter plainte, que la hiérarchie vous dise d'y aller ou ne vous le dise pas, faites des signalements, écrivez sur les mains courantes des commissariats, rapprochez-vous le cas échéant des procureurs de la République", a déclaré le ministr. "Il y a une voie hiérarchique qu'il faut suivre, et il ne faut jamais, jamais, hésiter à porter plainte", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, il a répété, comme il le fait depuis l'agression de cette professeure dans l'Essonne le 16 décembre, que selon lui "il n'y a pas eu de faute grave de l'administration" du lycée professionnel Louis-Blériot. Le rapport administratif commandé par Gilles de Robien à l'inspection générale de l'Education nationale, au lendemain du drame, doit lui être remis "vendredi ou lundi", a précisé son entourage, les enquêteurs n'ayant pas encore rencontré la victime.

L'enseignante s'est pourtant exprimée mercredi dans la presse, dénonçant avec virulence sa hiérarchie, qui n'a pas réagi lorsqu'elle l'avait alertée plusieurs fois, notamment par écrit, sur des menaces de vol, de viols et de mort, dont elle faisait l'objet de la part de certains élèves. "Cette enseignante a le droit, la possibilité de s'exprimer auprès des inspecteurs généraux qui vont enregistrer ses faits et ses dires autrement que des dires médiatiques, permettez-moi de le dire, donc je saurai si administrativement il y a ou non des dysfonctionnements", a commenté Gilles. de Robien. Karen Montet-Toutain a par ailleurs discuté "longuement" mardi au téléphone avec le ministre de l'Education Gilles de Robien, qui doit la recevoir "très prochainement".

Par ailleurs, Gilles de Robien a annoncé que la note de vie scolaire, trimestrielle de la 6e à la 3e, prévue par la loi Fillon sur l'Ecole et sanctionnant notamment l'assiduité et le respect des règles, entrerait en vigueur dès la rentrée prochaine. Elle sera donnée par les principaux de collège en concertation avec les conseillers principaux d'éducation et les professeurs principaux.

le 11 janvier 2006 à 16:01
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22 Commentaires

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  • Boutin, le 11/01/2006 à 20h26

    A Vastres de Nimes : la parole d'un mineur ne vaut absolument rien contre celle d'un adulte, point final. Et puis pour les camarades de classe, il ne sera pas si facile de mentir devant le juge et risquer une condamnation pour faux témoignage. Ma femme est enseignante et j'envisage de porter plainte en son nom : il y en a assez de risquer son intégrité physique pour un emploi aussi ingras : elle est enseignante, pas videuse dans ue boite de nuit. Le pire, c'est qu'elle pourrait démissionner, nous n'avons pas besoin de son salaire mais elle continue par foi en cette profession qui le lui rend bien mal. Bien sur qu'il faut porter plainte! (où sont les syndicats pour une fois qu'ils pourraient être vraiment utiles?) Des actes sont commis dans une enceinte scolaire qui seraient passibles de prison dans la rue. Seulement, il faut que la plainte soit recue puis instruite. Merci de me publier!!

  • Dubitatif, le 11/01/2006 à 20h02

    Les profs sont a bout du fait de classes difficiles et surchargées mais également à cause de la politique de l'autruche pratiquée par de trop nombreux proviseurs qui ne souhaitent absolument pas faire de vague (carrière et image de marque de lycée oblige !) : dixit ma soeur qui rencontre les mêmes problèmes avec ses élèves et subit quotidiennement les crachats et injures...

  • Jeremy, le 11/01/2006 à 19h55

    C'est un peu comme si on disait à quelqu'un qui a faim : et bien n'hesite pas à manger !! Apres avoir reflechis longuement je suppose, un ministre de la republique affirme cette banalité ; c'est bien une reflexion de centriste.

  • Gianni, le 11/01/2006 à 19h55

    C'est se foutre du monde Monsieur le ministre il faut ttendre un drame pour reagir en FRANCE Demission Mr De Robien retourner a vos champs de pomme de terre ! Merci de publier

  • Lily, le 11/01/2006 à 18h50

    Rien ne vaut une école privé! sous, ou hors contrat,il n'y a pas tous ce genre de problemes , de menaces, de violences etc.mr de robien si tout étais si simple la prof ne se serait pas fait agresser a Etampe!!!!

  • Delisle, le 11/01/2006 à 18h31

    Décidément le ministre est peut au courant de ce qui se passe dans les lycées.La devise des proviseurs: pas de vagues et on fait fermer le clapet par les mauvaises notes au prof ou les inspections "sauvages" à titre de représailles.Est-il normal de s'entendre dire par un élève: parle à mon cul ma tête est malade,elle(il) me casse les couilles etc de ne pas sanctionner les élèves qui prennent des photos en classe, et à un prof. qui veut expliquer les faits en conseil le proviseur lui dit:taisez-vous.Il faut rétablir l'autorité et sanctions éventuelles dés la maternelle et faire de l'instruction civique une discipline a part entiére

  • Jean thorwald, le 11/01/2006 à 18h08

    Il faudrait surtout réformer l'Education Nationale.Et remettre au goût du jour les valeurs Ordre,Discipline et Obéissance.Valeurs trop souvent bafouées par 30 ans de décervelage des esprits.Rétablir l'uniforme dans des établissements publics spécialisés et un encadrement issu de l'armée reformateraient les esprits de ces sauvageons. Mais comme toujours le mot d'ordre sera "pas de vagues pas d'emmerdes". Peut-être devons nous alors changer toute notre classe politique ...par une élection évidemment démocratique,est-ce encore posssible?

  • Khagnar, le 11/01/2006 à 17h49

    Beaucoup d eprofs sont confrontés a un dilemme: déposer plainte après une agression verbale ou physique est au dessus de leurs forces! Il est plus simple d'accuser la société,le "système " de se défausser sur l'Administration! Penser un instant que leurs pauvres petits agresseurs puissent être coupables? Vous n'y pensez pas ! Là On tourne en rond! Pauvre france..;

  • EK, le 11/01/2006 à 17h35

    "N'hésitez pas à aller voir la hiérarchie, n'hésitez pas à porter plainte ". Quel scandale de rejeter la responsabilité sur les enseignants alors qu'il suffisait de reconnaitre que personne n'a écouté cette pauvre dame qui a payé de sa chair l'incompétence et la surdité opportuniste de sa hierarchie. Par ailleurs, cette déclaration de Mr le ministre sonne comme un manque de respect pour tous les enseignants qui connaisse des difficultés, et qui ont surement pensé à porter plainte de nombreuses fois sans jamais le faire. Comme si il suffisait d'aller au commissariat pour rétablir le calme dans une salle de classe..!!!!

  • Vastre, le 11/01/2006 à 17h18

    Monsieur de Robien a raison sur le fond. Mais il ne connait rien à la Justice. Que vaut la parole d'un professeur, par nature nanti, contre celle d'un élève, par nature défavorisé ? Le professeur doit apporter la preuve de la menace dont il est l'objet ou du préjudice qu'il subit. Il ira donc se faire voir chez Plumeau ! Monsieur de Robien devrait accompagner les professeurs déposant une plainte pour comprendre qu'il n'est pas possible de déposer une plainte sans se sentir soi-même coupable. Seuls les coupables sont présumés innocents; les victimes sont présumées menteuses ! Je pardonne à TF1 la non-publication d'un avis caustique mais réaliste comme celui-ci.

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