Le tribunal correctionnel de Valence vient de condamner un homme de 45 ans à 10 mois avec sursis mais surtout, il a décidé un retrait définitif de ses droits parentaux suivant ainsi les réquisitions du procureur de la République, Colette Clément-Barthez.
Cet homme a maintenu, pendant des années, recluses sa femme et ses quatre filles, âgées de 4, 10, 13 et 14 ans, les cantonnant au ménage dans leur appartement de Romans-sur-Isère dans la Drôme. Les filles ne sont jamais allées à l'école. Elles n'ont appris que les rudiments de lecture et d'écriture que leur mère a pu leur enseigner en cachette. Elles n'ont jamais eu d'autre livre que le Coran. Elles n'avaient pas le droit de sortir, à l'exception de quelques rares excursions dans le hall de l'immeuble. A cette occasion, elles ont croisé un travailleur social, qui a soufflé à l'aînée le 119, numéro d'urgence pour l'enfance maltraitée, que l'adolescente a réussi à appeler à la fin de l'été dernier. Les services sociaux sont intervenus aussitôt.
Le père a expliqué qu'il refusait que ses filles aillent non voilées à l'école, ni même qu'elles prennent des cours par correspondance, à cause du contenu des programmes. "Malgré l'état de jachère où elles ont été laissées, ce sont des enfants vives, intelligentes, volontaires, très désireuses d'apprendre", a expliqué Mme Clément-Barthez. "Mais la première chose qu'elles ont demandé à faire au foyer, c'est de courir dans le parc. Elles n'avaient jamais eu le droit de courir", a-t-elle ajouté.
La mère, qui subissait le même sort que ses filles, n'a pas été poursuivie, et a trouvé un nouveau domicile loin de Romans. Les quatre filles ont été placées dans un foyer proche de leur mère.






