
Cinq attentats ont été perpétrés dans la nuit de lundi à mardi dans le même secteur, autour de Cervione en Haute-Corse, occasionnant de très importants dégâts dans un centre de vacances, un camping et trois villas inoccupées, a-t-on appris auprès des gendarmes. Vers 0h30, une bombe de forte puissance, un fût de bière contenant un mélange explosif, a entièrement détruit le bâtiment principal abritant l'accueil d'un centre de vacances appartenant à des Italiens, dans le village de Taglio Isolaccio, à une trentaine de km au sud de Bastia. Peu de temps après, l'explosion d'au moins trois bombes a détruit "une bonne quinzaine" de bungalows en bois dans un camping de Castellare di Casinca, sur la côte orientale de l'île. Un incendie déclenché par les déflagrations a ravagé 5 à 6 ha (bien 5 à 6) de la pinède environnante. Ce camping appartient, lui aussi, à des Italiens.
Dans la même nuit et toujours dans le même secteur d'une trentaine de km de diamètre, trois résidences secondaires ont été la cible d'attentats à l'explosif. La première à Santa Maria Poggio, les deux autres à Chiatra. Ces trois dernièrs attentats n'ont été découverts que dans la matinée.
"Deux réactions sont possibles"
"On peut raisonnablement penser que les cinq attentats ont été perpétrés par une même équipe étant donnée la faible étendue du secteur où ils ont été commis", a observé une source proche des enquêtes. Les cinq attentats n'ont été ni signés, ni revendiqués. Par le passé, le centre de vacances et le camping ont été plusieurs fois visés par des attentats.
Cette vague d'attentats survient au lendemain du décès d'un jeune militant nationaliste corse, dimanche à Aix-en-Provence, dans l'explosion d'une bombe qu'il déposait contre un bâtiment du Trésor public. "Deux réactions sont possibles", expliquait lundi un haut responsable nationaliste, sous couvert de l'anonymat : "soit on réalise que l'action de la clandestinité n'est plus lisible et que ses résultats sont loin d'être probants pour un coût humain exorbitant, et on jette les bases d'un débat pour en sortir". "Soit on est tenté de répondre coup pour coup à la volonté persistante de l'Etat de réprimer durement le nationalisme, et on entre dans un cycle très dangereux", analysait-il. "Si l'Etat de lâche pas du lest, cela va être une nouvelle escalade", prédiait pour sa part un ancien chef du FLNC. "Tous ces jeunes qui sont des nationalistes sincères, ne savent plus à qui se vouer et ne bénéficient pas de la formation politique et militaire que l'on connaissait dans le passé", ajoutait-il.
Photo : sur les lieux d'un des attentats de la nuit dernière (dr)
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