© INTERNEBernard Tapie va déposer plainte contre L'Equipe Magazine et l'ancien joueur Jean-Jacques Eydelie, qui affirme dans l'hebdomadaire paru samedi que "tricher était devenu une seconde nature" à l'OM, a annoncé samedi dans un communiqué Maître Lantourne, avocat de l'ancien président de l'Olympique de Marseille (L1 de football). L'article visé est "diffamatoire, d'abord à l'égard des joueurs qui ont fortement réagi devant ce tissu de mensonges, ensuite à l'égard du club et enfin à l'encontre de Bernard Tapie", conclut le communiqué.
"Tous les joueurs de l'OM savaient"
Jean-Jacques Eydelie, condamné en 1995 dans l'affaire de corruption OM-Valenciennes - et qui publiera un livre de témoignages le 1er mars -, affirme à L'Equipe magazine que l'arrangement de matches ne s'est pas limité à la rencontre contre Valenciennes (le 20 mai 1993). "Pour les dirigeants de l'OM, tricher était devenu une seconde nature. Il fallait que les choses leur échappent le moins possible. Pendant des années, quasiment tous les joueurs qui venaient à l'OM avaient participé à des arrangements de match". Sans citer les noms des "dirigeants de l'OM" ou de ses ex-coéquipiers éventuellement impliqués, il continue : "Nous étions tous sollicités à un moment ou à un autre pour passer un coup de fil à un ancien coéquipier ou à un copain pour s''arranger'".
"Tous les joueurs de l'OM savaient, certains ont même participé à des 'arrangements'. En la fermant, j'ai respecté leur carrière. Certains se sont constitués de très, très beaux palmarès. Ces titres, ils les ont mérités sur le terrain, mais en dehors...", poursuit Eydelie qui, aujourd'hui au chômage, regrette ainsi de ne jamais avoir eu de soutien de la part de ses ex-coéquipiers, comme Marcel Desailly ou Didier Deschamps.
Une "confirmation de ce que nous subodorions"
Titulaire lors de la finale de la Ligue des champions 1993 remportée par Marseille contre le Milan AC (1-0), Eydelie dit également à propos de ce match : "Avant la finale de Munich, on nous a demandé de nous aligner à la queue leu leu pour recevoir une piqûre dans le cul (...) Pendant la partie, je me suis senti différent de d'habitude (...). Je ne sais pas ce qui s'est passé au niveau de mon métabolisme, mais ce produit m'a plus gêné, inhibé qu'autre chose".
Jean-Jacques Eydelie, 39 ans, avait rejoint Marseille en 1992 en provenance de Nantes, où il avait débuté. Ecroué dix-sept jours en juin 1993, suspendu de septembre 1993 à janvier 1995 par les instances sportives et condamné à un an de prison avec sursis par la justice en mai 1995, il ne parvint jamais à retrouver le très haut niveau, ballotté de Bastia à Zurich en passant par Sion. Eric de Montgolfier, procureur à Valenciennes lors de l'affaire VA-OM en 1993, estime dans des déclarations au Journal du Dimanche que ces révélations de l'ancien footballeur sont "une confirmation de ce que (nous) subodorions".
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