Congrès de Lyon 29/01/06Plébiscité, décomplexé, libéré. Sa stratégie d'indépendance ayant été approuvée par plus de neuf centristes sur dix, samedi soir, lors du congrès extraordinaire de Lyon, le président de l'UDF François Bayrou a affirmé dimanche que l'UDF était désormais "le parti libre".
"Nous avons fait le choix d'une formation politique qui assume sa liberté pour changer le destin politique de son pays. C'est avec fierté que nous avons pu aborder la nouvelle définition de l'UDF, l'UDF le parti libre", a lancé le président de la formation centriste lors de son discours de clôture.
Pour François Bayrou, il n'est pas question de répondre aux questions sur son appartenance ou non à la majorité UMP dirigée par le Premier ministre, Dominique de Villepin. "La seule majorité qui nous intéresse, c'est la majorité de 2007, c'est la majorité que la France va se donner pour que son destin soit différent", a-t-il dit.
"Parodie de démocratie"
"Ce que nous avons en charge, ce n'est pas le destin de l'UDF, du centre, ce ne sont pas des intérêts de parti, ce dont nous avons la charge, c'est de l'espérance d'un pays qui avait depuis longtemps oublié le sens de ce mot", a poursuivi le président de l'UDF.
"C'est un moment juste parce que tous les épuisements de la France, toutes les usures se lisent à livre ouvert et se fait sentir une urgence, c'est qu'apparaissent des responsables résistants, rebelles, capables de ne céder à aucune pression", a-t-il insisté.
Samedi, il avait prononcé un vibrant plaidoyer pour l'"indépendance" de son parti, qui doit à ses yeux être "libre et fort" face aux "dérives" de l'UMP et du PS. "C'est un moment très émouvant de ma vie", a-t-il ajouté après l'annonce des résultats. "Il y a beaucoup d'années que je rêve de voir l'UDF au centre de la vie politique française, se libérer de toutes les dépendances et s'adresser enfin directement aux Français".
Ce Congrès a officialisé la rupture de l'UDF avec l'UMP et le gouvernement, auquel le leader centriste et ses lieutenants ont refusé de participer. Suspendu en juin des instances exécutives pour être passé outre cette consigne, M. de Robien, défenseur d'une stratégie d'alliance avec l'UMP, avait qualifié ce Congrès de "parodie de démocratie".
(Bayrou, dimanche, à Lyon, lors du discours de clôture)
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