
Le Parti socialiste a fixé dimanche sa feuille de route pour 2006, année préélectorale, en levant l'étendard de la mobilisation contre la droite, en particulier contre le CPE, et en lançant une vaste campagne d'adhésions pour faire face à la "machine de guerre" de l'UMP.
En présence des ténors du parti, le PS a réuni à La Mutualité à Paris quelque 1.200 secrétaires de section. Les intempéries avaient empêché un certain nombre d'entre eux d'y participer. Le premier secrétaire, François Hollande, qui a conclu la journée, a appelé le PS à gagner la bataille de 2007 en se dotant d'un projet, en s'ouvrant aux nouveaux adhérents et en rassemblant la gauche. Il s'est félicité de voir son parti "mobilisé, uni et ouvert".
"La société inégalitaire"
Cette réunion a aussi été l'occasion d'un violent réquisitoire contre la politique du gouvernement Villepin. La logique du gouvernement, a dénoncé Dominique Strauss-Kahn, est "inégalitaire". "La droite n'a qu'un seul ennemi, l'égalité, elle n'a qu'un seul drapeau, la généralisation de la précarité", a dit le candidat à l'investiture du PS.
De son côté, Laurent Fabius a opposé "la société inégalitaire" mise en place par la droite à "une société solidaire" à construire. Actualité oblige, à deux jours de la discussion du projet sur l'égalité des chances à l'Assemblée, le PS a promis d'être "en première ligne" dans le combat contre le contrat première embauche (CPE) au Parlement. Pour couper court aux attaques de la droite sur l'absence d'idées du PS, Laurent Fabius a proposé une alternative au CPE, rebaptisé "contrat précarité exclusion": un "contrat sécurité insertion" qui "garantirait une rémunération" et ouvrirait la voie à un CDI.
Au-delà de la critique, le PS a avancé des pistes de réforme, notamment sur l'éducation. François Hollande a prôné notamment la scolarité obligatoire dès trois ans et l'accompagnement individuel pour les élèves de primaire en difficulté.
"N'ayons pas peur" de recruter par internet
Mais, pour mener à bien la bataille de 2007, les socialistes doivent "s'entendre, se diversifier", avant de penser au candidat à l'Elysée, ont répété leurs ténors. "Lançons le train. S'agissant du pilote, on trouvera ce qu'il faut", a résumé Henri Emmanuelli, chargé des états généraux du projet.
A l'exception de Ségolène Royal, "excusée", tous les prétendants à l'investiture socialiste pour 2007 étaient là. Commenté en coulisses, le sondage IFOP-JDD, confirmant la popularité grandissante de Mme Royal, y compris face à Lionel Jospin, a été éludé par les "éléphants". Jack Lang s'est félicité que, durant cette journée, "les socialistes aient joué collectif".
Le PS, qui, en juin, validera son projet et désignera en novembre son candidat à l'Elysée, a lancé aussi une campagne d'adhésions sur internet pour élargir sa base et diversifier son recrutement, tout en refusant les "démarches commerciales" de l'UMP. Soulignant que le PS était face à "la machine de guerre de l'UMP, riche, puissante, sans scrupule", M. Lang a fixé comme objectif aux quelque 130.000 militants socialistes de recruter chacun un militant au cours des prochains mois. "N'ayons pas peur" de recruter par internet, "les gens ne viennent pas pour nous faire perdre", a lancé avec humour M. Hollande. Seule l'intervention d'un ouvrier du Pas-de-Calais a rompu les discours convenus. S'exprimant en patois et avec émotion, il a tenu à dire la misère sociale de sa région, mal prise en compte, selon lui, par les responsables politiques et mal comprise par les médias.
(François Hollande, dimanche, à Paris, DR)
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